Le Zénith de Toulouse reçoit samedi soir Theodora, quadruple lauréate des Victoires de la Musique, pour un concert complet depuis cinq mois. Mais alors que ses titres « Fashion designa » et « Melodrama » tournent en boucle, la « Boss Lady » a décidé de briser le silence politique. Entre son refus d’être récupérée par Jordan Bardella et son appel à voter pour « la vraie gauche » aux municipales, l’artiste prouve qu’elle est bien plus qu’une machine à tubes.
Theodora sera sur la scène du Zénith de Toulouse samedi soir, devant un public de chanceux. Le concert affiche complet depuis cinq mois : les billets, mis en vente le 9 octobre, s’étaient tous vendus dans la journée. La preuve supplémentaire de l’engouement fulgurant qui entoure actuellement la chanteuse.
Lors de la 41e édition des Victoires de la musique, organisée le 13 février, la « Boss lady » a littéralement raflé la mise en décrochant quatre trophées : révélation de l’année, révélation scène, album de l’année pour « Méga BBL » et clip de l’année pour « Fashion designa ». Une consécration qui confirme son statut de figure incontournable de la scène actuelle.

Mais au-delà du phénomène musical, Theodora s’invite aussi sur un autre terrain : celui du débat politique. À l’approche des municipales, la chanteuse a surpris une partie de sa communauté en prenant clairement position. Dans une story Instagram, postée le 14 mars, elle a appelé ses abonnés à voter pour « la vraie gauche », citant explicitement Lutte Ouvrière, le Nouveau Parti Anticapitaliste et La France Insoumise : »Je suis très malade et il n’y a qu’une seule chose qui pourrait me sauver avant la tournée… C’est que vous votiez la VRAIE gauche (LO, NPA, LFI). Don’t be dumb ! Faites le bon choix. »
Un « melodrama » avec Bardella
Une prise de parole directe, loin des positions feutrées parfois adoptées par les artistes grand public. Ce n’est pas la première fois que Theodora sort du strict cadre musical. Elle s’est notamment insurgée contre la récupération politique de sa musique par Jordan Bardella, après l’utilisation sur TikTok de « Melodrama », son duo avec Disiz. Un morceau devenu viral, cumulant des millions d’écoutes, que le président du Rassemblement national avait intégré à une vidéo promotionnelle.
L’artiste avait alors dénoncé une utilisation sans son accord et, plus largement, l’appropriation de son travail par des personnalités d’extrême droite, affirmant qu’elle ne « partagera jamais » leurs idées ni leurs valeurs. La chanteuse assume une parole frontale, au risque de cliver. Et incarne une nouvelle génération d’artistes pour qui prises de position et succès populaire ne sont pas en opposition.















