S’il n’est pas originaire de la Ville rose, il se considère aujourd’hui Toulousain. « Je dis chocolatine, c’est quand même un signe », se marre-t-il. Une viennoiserie dont il a d’ailleurs commencé un petit tour d’horizon. « C’est un produit iconique, avec un rapport à l’enfance, au goûter. Mais ce n’est pas si simple d’en trouver des bonnes », assure Le Mangeur Masqué, caché derrière son numéro de téléphone, masqué lui aussi.
Avec plus de 39 000 personnes qui le suivent sur Instagram, il est devenu une référence pour les gastronomes qui recherchent des bonnes adresses à Toulouse (Haute-Garonne). Il collabore avec plusieurs médias locaux, dont le magazine Boudu ou le site Actu Toulouse, et rémunéré pour ses critiques. Une visibilité supplémentaire et un moyen, pour celui qui refuse les invitations et paye ses repas de sa poche, de financer cette activité. « Avec eux, je bénéficie d’une liberté totale dans mes choix et mes avis », se réjouit-il.
Une honnêteté qui est la marque de fabrique du Mangeur Masqué depuis ses débuts, lui qui a été déçu par des adresses pourtant bien notées. « J’aime bien aller au restaurant et il y en a beaucoup à Toulouse. Mais on entendait toujours parler des mêmes et j’ai découvert que certaines personnes étaient invitées ou payées pour en dire du bien. Face à cette pub déguisée, que je trouvais limite malhonnête, je me suis dit que j’allais écrire ce que je pense vraiment, en apportant de la nuance. »
Pas question de « défoncer » une adresse
Après avoir commencé un peu sur Twitter, il bascule sur Instagram en 2020, de façon très simple, sans enjeu ni ambition, davantage poussé par sa gourmandise, sa curiosité et l’intérêt qu’il porte au travail du cuisinier. Et cela va de la street food au gastro et du boui-boui au bistrot.
Mais depuis quatre ans environ, son compte s’est davantage professionnalisé même si l’esprit reste le même. « Personne ne me connaît et je ne connais personne dans la restauration, ce qui me permet d’être totalement indépendant. Je suis un client comme les autres. »
Un anonymat favorisé par la pratique de plus en plus répandu des photos de plats pour les réseaux sociaux. Mais pas question pour lui de défoncer une adresse. « Quand c’est bien, je le dis. Quand je n’ai pas aimé, je le dis aussi, mais c’est toujours argumenté, comme ma critique du « meilleur cassoulet du monde » du Bibent. Parfois, aussi, ce n’est pas à mon goût, mais je peux reconnaître qu’il y a une vision, que le plat est travaillé… »
Un guide et la sortie d’un produit qui se mange
C’est en se baladant à Toulouse, où l’on observe un certain dynamisme dans la restauration, que Le Mangeur Masqué choisit les adresses qu’il va tester et « démasquer », comme il dit. « Je regarde aussi beaucoup ce qui se passe sur les réseaux sociaux et, maintenant, il y a une communauté qui m’informe et me parle de nouveaux spots dans leur quartier », détaille cet épicurien.
Une connaissance de la Ville rose qui a poussé le journal « Le Monde » à faire appel à lui pour guider leur journaliste sur les traces des nouvelles têtes de la gastronomie toulousaine. « J’ai, en quelque sorte, servi de fourchette pilote. Je suis très fier de participer au fait qu’on parle de Toulouse autrement, que l’on sorte des clichés et des noms déjà connus, que l’on mette en lumière des approches nouvelles », confie Le Mangeur Masqué, qui ne manque pas de projets.
En effet, s’il conserve des activités en indépendant, il envisage de consacrer de plus en plus de temps à son rôle de Mangeur Masqué. « J’aimerais organiser une deuxième édition du Film Food Festival aux Halles de la Cartoucherie et, pour 2026, il y aura peut-être un guide et la sortie d’un produit qui se mange. » Des projets qui prennent du temps quand on tient à conserver son anonymat. « Je tiens à cette indépendance, pour ne pas tomber dans le copinage. Ce qui est important, c’est ce dont je parle et comment j’en parle, pas ma personne. » On n’en saura donc pas plus sur lui, si ce n’est qu’en quelques années, il a « pris du poids », comme ses avis.

















