À Montpellier, la campagne est terminée, mais ses conséquences financières commencent à peine. La liste écologiste “Printemps montpelliérain”, portée par Jean-Louis Roumégas, se retrouve aujourd’hui confrontée à une réalité bien connue des élections locales : sans atteindre un certain seuil, aucune compensation n’est prévue.
La liste “Printemps montpelliérain” n’a pas accédé au second tour. Avec 4,72 % des voix, la formation menée par Jean-Louis Roumégas reste sous le seuil des 5 % et se retrouve également exclue du conseil municipal. Un double échec, à la fois politique et institutionnel. Dès le soir du scrutin, les écologistes ont salué « les 4 105 électrices et électeurs » ayant soutenu une « candidature de conviction », défendant notamment « une vision renouvelée du modèle urbain montpelliérain » et l’abandon du projet d’incinérateur CSR.
Les militants ont aussi dénoncé une campagne « largement écrasée par un débat opposant le PS et LFI », reléguant leurs propositions au second plan. Mais au-delà de ce constat politique, une autre réalité s’impose désormais : en restant sous la barre des 5 %, la liste ne peut prétendre à aucun remboursement de ses frais de campagne, ouvrant la voie à un appel aux dons pour combler ce manque.
Sous les 5 %, aucun remboursement des frais de campagne
Ce seuil n’a rien d’anecdotique. Il conditionne directement le remboursement d’une partie des frais engagés pendant la campagne. Selon le ministère de l’Intérieur, « aux candidats qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés […] l’État rembourse les frais d’impression et d’affichage de la propagande électorale ». En dessous, les dépenses restent entièrement à la charge des candidats. Dans une grande ville comme Montpellier, ces coûts peuvent rapidement atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Tracts, affiches, professions de foi : autant de supports indispensables pour exister dans la campagne. Sans remboursement, l’équilibre financier repose alors uniquement sur les candidats et leurs soutiens.
Face à cette situation, Les Écologistes ont lancé un appel aux dons, relayé le 20 mars sur les réseaux sociaux. Le message est direct : « Nous avons mené une campagne municipale de conviction à Montpellier. » Le mouvement rappelle avoir porté un projet structuré autour de l’écologie locale et de la transformation du modèle urbain. Mais le constat reste inchangé : « Nous n’avons pas atteint les 5 %, seuil nécessaire pour le remboursement des frais de campagne. » Dès lors, l’appel est explicite : « Aujourd’hui, nous avons besoin de vous. »
Un financement revendiqué comme indépendant
Au-delà du remboursement, le mouvement inscrit cette demande dans une logique plus large : celle d’un financement politique reposant sur les citoyens. Sur la page dédiée, le ton se veut à la fois lucide et engagé : « Beaucoup d’entre nous vivent aujourd’hui à l’euro près. » Les écologistes insistent également sur leur indépendance : « Nous n’avons pas d’actionnaires, pas de mécènes cachés, pas de grands groupes derrière nous. » Et défendent la portée du geste : « Votre don est un acte politique. Merci de rendre un meilleur futur possible. »
Dans une commune plus petite, cette situation aurait pu être anticipée autrement. Dans les villes de moins de 9 000 habitants, l’absence de remboursement public fait partie des règles du jeu dès le départ, et les candidats organisent leur campagne en conséquence. À Montpellier, en revanche, le dispositif de remboursement existe mais reste conditionné au seuil des 5 %. En restant juste en dessous, la liste écologiste se retrouve dans une zone intermédiaire : soumise à des dépenses importantes, sans pouvoir bénéficier du mécanisme prévu pour les compenser. Un décalage qui éclaire aujourd’hui le recours aux dons.
Dans ce contexte, la campagne écologiste se prolonge désormais sur un autre terrain : celui du financement et de la mobilisation. Entre contraintes budgétaires et volonté de poursuivre leur engagement, Les Écologistes tentent de transformer cet échec électoral en appel au soutien. Une manière de rappeler que, même hors des urnes, le combat politique continue.













