« On ne sait pas à combien d’exemplaires cette sculpture a été tirée mais ce qui est sûr, c’est qu’elle est rare puisque c’est la veuve d’Ernest Meissonier qui les a fait fondre par Pierre Bingen, qui a notamment travaillé avec Auguste Rodin », souligne Guillaume Cortes, commissaire-priseur d’une vente exceptionnelle ce jeudi 26 mars*.
La maison de ventes Fournié et Cortes, installée à Toulouse (Haute-Garonne), met aux enchères à partir de 14 heures une sculpture baptisée « Cheval blessé », thématique extraite du tableau « Le Siège de Paris », du peintre à succès du XIXe siècle Ernest Meissonier (1815-1891). Représentant un cheval en train de mourir lors du siège de Paris, ce bronze est vendu entre 4 000 et 6 000 euros.
Découvert lors d’un inventaire dans une demeure toulousaine
Il a été découvert par hasard par l’associé de Me Cortes lors d’un inventaire dans une demeure toulousaine. « Il faisait une expertise chez eux quand il a vu ce bronze qu’il a tout de suite qualifié de joli, notamment par sa belle patine, donc nous avons fait des recherches pour qu’il soit expertisé, raconte Guillaume Cortes. La famille a indiqué que c’était à leur grand-père mais il ne connaissait pas sa valeur et son histoire si particulière ».
Célèbre avant tout pour ses tableaux historiques militaires, conservés en majorité au musée d’Orsay, Ernest Meissonier avait pour habitude de modeler des maquettes en cire avant de peindre. Soucieux du détail et de l’anatomie animale, il avait dans la cour de son hôtel particulier à Paris un cheval comme modèle.
À la mort de l’artiste, l’un des rares peintres français à connaître le succès de son vivant, sa dernière épouse a hérité de six maquettes en cire de ce « Cheval blessé » qu’elle a demandé à Pierre Bingen de fondre en bronze. L’un d’eux est aujourd’hui conservé au musée d’Orsay. « Cette pièce peut intéresser un collectionneur de beaux bronzes, un musée ou un amateur d’œuvres sur le cheval ou le militaire, indique Guillaume Cortes. Plusieurs connaisseurs sont venus le voir à l’étude et ont flashé dessus, signe de sa qualité ». La sculpture, datant de 1893, porte un cachet en cuivre incrusté sur la terrasse, représentant le profil de Meissonier réalisé par Chaplain.
*À partir de 14 heures à la salle des ventes Vitry, 4, rue Urbain-Vitry à Toulouse.

















