Réélu officiellement maire de Toulouse par le conseil municipal ce vendredi 27 mars, Jean-Luc Moudenc entame un nouveau mandat dans un climat déjà tendu. Les premiers échanges entre élus donnent le ton des années à venir…
C’est officiel. Après voir été plébiscité par les électeurs au second tour des Municipales (53,87%), Jean-Luc Moudenc vient d’être réélu maire de Toulouse ce vendredi 27 mars par les 69 membres du conseil municipal, dont 53 de la majorité et 16 de l’opposition. Sans surprise, il a obtenu 53 voix favorables et 16 nulles. Son écharpe retrouvée, il a eu une pensée « pour ceux qui étaient là il y a peu de temps encore, c’est-à-dire les élus sortants qui ne sont pas réélus ». « Je veux leur adresser un message de reconnaissance, en particulier, à ceux qui ont travaillé pendant six ans, douze ans, voire plus, et qui ont bénéficié de ma confiance à travers les délégations que je leur avais données », déclare Jean-Luc Moudenc qui n’oublie pas « les élus d’opposition municipale qui ne sont plus là ». « Ils ont fait leur travail d’opposition, parfois dans des expressions qui ont pu nous heurter ou nous surprendre. Mais aujourd’hui, je ne veux considérer que le fond. Il n’y a pas de démocratie sans opposition. Il n’y a pas de démocratie sans débat. Et, comme nous sommes à Toulouse, où même les mémés aiment la castagne, il faut accepter, même si cela peut déranger, que le débat soit vif », affirme-t-il.
Le maire de Toulouse a également pris le temps d’assurer aux Toulousains « qu’à partir de ce jour », son équipe et lui sont à « leur service ». « Nous nous mettons sans tarder au travail pour améliorer leur quotidien et pour préparer la ville de demain », souligne l’élu qui en a profité pour remercier « les 92 152 citoyens qui lui ont fait confiance ». « Je leur exprime une très sincère et très chaleureuse gratitude », confie-t-il. Jean-Luc Moudenc, qui a fait état d’une « participation record », s’est également adressé « aux 78 925 Toulousains qui ont choisi la liste adverse ». « Nous serons à leur service pareillement. Et je n’oublie pas tous les autres dont on parle peu, ceux qui n’ont pas voté au second tour ou ceux qui sont allés voter en mettant un bulletin blanc ou nul. L’équipe municipale et moi-même, nous travaillerons pour et avec toutes les Toulousaines et tous les Toulousains sans les distinguer, sans les catégoriser, sans les étiqueter et sans distinction aucune », garantit l’édile qui se réjouit d’avoir une « arme considérable » entre les mains ; « la confiance ». « Ce qui va nous permettre de dérouler notre projet, basé sur l’ordre et dont la finalité est le progrès, au cours des années à venir », rappelle l’élu.
Moudenc n’a « pas encore quitté le registre » de l’élection
Il se tient, par ailleurs, prêt à « combattre au cours des sept ans à venir et sans désemparer le mélenchonisme et ceux qui se sont soumis aux insoumis », faisant ici référence à l’alliance entre la liste de François Briançon et celle de François Piquemal qui a dénoncé « des mots violents à l’égard des socialistes ». De son côté, François Briançon regrette que le maire n’ait « pas encore quitté le registre » de l’élection qui « a montré un niveau de violence, de caricatures, de manipulations et de fausses informations sans précédent ». Pour François Piquemal, « si la victoire est de Monsieur Moudenc est nette, elle est en réalité plus fragile qu’elle n’en a l’air ». « Pour une raison simple, qui ne résistera pas à l’épreuve du temps ; elle n’a pas été bâtie sur un programme clair, ni chiffré d’ailleurs, mais sur la peur, les fake news, et un nouveau seuil de violence politique de la part de certains », considère le député LFI avant d’évoquer les propos violents tenus lors de la commémoration du 19 mars à Toulouse. Sacha Briand, élu de la majorité, de lui rétorquer : « Quand on appartient à un mouvement politique qui a, depuis des années, eu le discours qu’il a eu sur ces événements, et que l’on va à une commémoration au moment d’élection, on ne peut pas s’étonner de ce qu’il se passe ».
Les élections désormais passées, le député LFI réclame de « la sincérité » de la part du maire, concernant notamment ses promesses de mettre une caméra dans chaque rue ou d’agrandir le Stadium. Il lui demande également de considérer certaines de leurs propositions comme la gratuité des transports pour les moins de 26 ans ou l’encadrement des loyers. Ce qui « sidère » Jean-Luc Moudenc. « Autrement dit, vous me demandez de passer outre la volonté des Toulousains, de piétiner les 92 000 citoyens toulousains qui ont choisi autre chose ? », s’interroge le maire. Sacha Briand ajoute : « Vox Populi, vox Dei, c’est notre projet qui a retenu l’assentiment des électeurs. C’est donc notre projet que nous mettrons en œuvre ». Pour autant, l’édile tient à insister sur le fait qu’il « respecte tous les Toulousains » : « Et s’ils ont des angoisses, des inquiétudes, des idées ou encore des critiques à notre égard, nous ne les rejetterons pas, nous ne les balaierons pas d’un revers de main, nous les considérerons ».
Une opposition qui se divise déjà en deux groupes ?
« La priorité de notre opposition sera d’être force de propositions pour améliorer le quotidien des Toulousaines et des Toulousains, leur pouvoir d’achat, pour lutter contre l’austérité », informe-t-il. François Briançon d’ajouter « que les élus de la gauche unie seront une opposition exigeante, utile et pleinement engagée qui ne s’opposera pas par principe et qui ne laissera rien passer lorsqu’il s’agira de défendre l’intérêt des Toulousains ». « A chaque fois que des décisions iront dans le bon sens, nous saurons les soutenir. Mais à chaque fois que les choix fragiliseront encore davantage le quotidien des Toulousains, nous serons là, fermes et déterminés. Au sein de l’opposition, notre responsabilité est claire, être la voix de celles et ceux qui attendent des réponses concrètes, immédiates et justes », appuie-t-il.
Face aux interventions de François Piquemal et de François Briançon, Sacha Briand « constate que deux expressions existent déjà au sein de l’opposition municipale ». « Deux groupes se constituent. Une division que nous pressentions », rapporte l’élu de la majorité pour qui « l’union aura duré cinq jours ». Et, alors que François Briançon déclare avoir « agi sans renier ses convictions », Sacha Briand juge qu’il a « menti sur celles-ci ». « Si l’union était le résultat de vos convictions, alors comment expliquer que pendant des semaines, vous avez exprimé clairement votre volonté d’avoir la capacité à rassembler largement, et que, quelques jours seulement avant le premier tour, indiqué, qu’à l’issue du second tour, celui arrivé en troisième position devait se retirer ? », questionne-t-il. Jean-Luc Moudenc de conclure : « Le Parti socialiste et les Verts, à Toulouse et ailleurs, avaient le choix entre la défaite dans l’honneur et le déshonneur. Vous avez fait votre choix. Vous avez choisi le déshonneur et vous avez eu la défaite. Tout cela est logique et mérité ».















