Les travaux d’assainissement du Faubourg Bonnefoy bouleversent la vie du quartier. Commerçants en colère, livraisons compliquées et communication jugée défaillante : la mairie promet des ajustements, mais la tension reste palpable.
Des travaux de réhabilitation du collecteur principal d’eaux usées sont en cours dans le quartier du Faubourg Bonnefoy depuis le 20 avril 2026, pour une durée de douze semaines. Ce chantier impacte lourdement les rues Périole, Arago, Pujos ainsi que l’artère principale du Faubourg Bonnefoy.
Pour certains commerçants, c’est la goutte qui fait déborder le vase. « Nous sommes en colère parce qu’on sort à peine d’une période de deux ans de chantier pour le métro, durant laquelle le faubourg était bloqué. On venait juste de retrouver un peu de souffle depuis trois mois, et là, on nous recolle des travaux juste devant nos portes. On pensait avoir enfin sorti la tête de l’eau et on nous la replonge », regrette Yannick Briane, le gérant du Poinçonneur. Dans son café-restaurant situé au 19 bis de la rue du Faubourg Bonnefoy, il constate déjà une baisse de fréquentation le midi. Mais ce qu’il déplore par-dessus tout, c’est le déficit de communication : « On a vu débarquer les ouvriers un lundi matin, sans savoir ce qui se passait. »

« D’habitude, ils nous préviennent »
À l’Espace Optique Bonnefoy, l’opticienne Aurélie Cuvier confirme ce manque d’information. « D’habitude, ils nous préviennent via un prospectus dans la boîte aux lettres. Cette fois, rien. De plus, j’ai l’impression qu’ils utilisent l’aire de livraison derrière le trottoir comme zone de stockage. N’auraient-ils pas pu s’installer avenue de Lyon, là où il n’y a plus de commerces ? », s’interroge-t-elle. Cette situation complique les livraisons, obligeant les transporteurs à se garer loin malgré des charges lourdes. Le magasin, qui devait fêter ses vingt ans en mai, a d’ailleurs décidé de repousser les festivités.
Pour Nicolas Jean-Pierre, qui a ouvert le restaurant Mère Grand au 23 rue du Faubourg Bonnefoy en juin 2025, cette emprise au sol devant son établissement agit comme un repoussoir. « Avec les beaux jours, les clients qui cherchent une terrasse agréable ne viendront pas s’installer entre les barrières de chantier, les canalisations entreposées et les nuisances sonores, c’est repoussoir. » Heureusement, il peut compter sur ses habitués, comme Claude, 82 ans, qui a fait du lieu sa cantine : « C’est mon quatre-étoiles », confie-t-il avec affection.
« Deux poids, deux mesures »
Aujourd’hui, Nicolas Jean-Pierre attend un signal fort des autorités : « On aimerait que le nouveau maire montre qu’il comprend notre situation. Il pourrait nous permettre d’installer des terrasses éphémères durant la belle saison pour redynamiser le quartier. Quand je vois que les terrasses du Capitole ont pu gagner trois rangs, j’ai le sentiment qu’il y a deux poids, deux mesures. » Yannick Briane abonde dans son sens : « Entre Mère Jean, Le Poinçonneur et Minifundi, la vie du quartier bat son plein ici. Cela fait cinq ans que nous luttons pour obtenir un espace de terrasse digne de ce nom. Jusqu’à présent, c’était lettre morte avec l’ancienne maire de quartier. J’espère que la nouvelle municipalité sera davantage à l’écoute », ajoute-t-il.
« Les tuyaux doivent être stockés près du chantier »
Joint par mail, le nouveau maire de quartier, Anthony Lautrec, assure que l’ensemble des riverains et commerçants a été averti. Selon l’élu, ces courriers ont été distribués dans les boîtes aux lettres les 16 et 17 avril dans les rues Périole, Arago, Faubourg Bonnefoy, Pujos et Armagnac. Cette distribution aurait toutefois pris du retard en raison des restrictions de communication imposées par la période de réserve électorale. Concernant les tuyaux entreposés sur les zones de livraison, « s’agissant de tuyaux volumineux, ils doivent être stockés à proximité du chantier », justifie Anthony Lautrec. « Les rues adjacentes ne sont pas assez larges pour les recevoir. Seul le faubourg le permet. » L’édile précise que la mairie mobilise ses médiateurs pour trouver des adaptations. Enfin, concernant la demande de terrasses éphémères, il répond que les restaurateurs peuvent déposer une demande qui « sera étudiée par les services de la collectivité au même titre que les autres ».














