À Montauban (Tarn-et-Garonne), les élections municipales des 15 et 22 mars désigneront le successeur de Marie-Claude Berly, maire de la cité d’Ingres depuis août 2024 et le départ de Brigitte Barèges, déclarée depuis inéligible, à l’Assemblée nationale. Voici les têtes de liste déposées.
À Montauban, préfecture du Tarn-et-Garonne de 63.000 habitants, à droite depuis 2001 et l’élection de Brigitte Barèges devenue depuis un personnage politique de premier plan, l’élection municipale de mars 2026 s’annonce passionnante avec un certain nombre d’inconnues pour une ville dirigée de plus en plus à la droite de la droite. En jeu, l’héritage de la Barègie, la guerre des droites et la place de la gauche qui jadis dirigeait la ville. Voici, par ordre alphabétique, les sept candidats déclarés.
Richard Blanco (LO)
Le parti anti-capitaliste Lutte Ouvrière souhaite engager un candidat en la personne de Richard Blanco, 54 ans, employé du ministère du Travail. Richard Blanco est un habitué des scrutins tarn-et-garonnais depuis près de quinze ans. Récemment il a été candidat à la législative partielle dans la première circonscription du Tarn-et-Garonne en octobre 2025 (1,5% des voix), aux législatives 2024 (1,9% des voix) et 2022 (1% des voix). Le nom de cette liste extrême gauche : « Lutte Ouvrière-le camp des travailleurs ».
Samir Chikhi (LFI-Génération.s-PCF)
À la gauche de la gauche, Samir Chikhi, 52 ans, représente une liste assez diverse, menée par la France Insoumise (LFI) mais aussi le Parti Communiste (PCF), le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), et Génération.s. Consultant à son compte dans l’ingénierie de formation, cet ancien du Parti Socialiste a rejoint Génération.s aux côtés de Benoit Hamon. Devenu tête de liste sans l’avoir vraiment cherché, Samir Chikhi regrette ouvertement de ne pas avoir pu faire une alliance avec le PS qui a refusé alors que LFI était prêt à céder la tête de liste. Il souhaite développer notamment les transports gratuits et refaire la cuisine centrale de Montauban. Le nom de cette liste extrême gauche : « Montauban de gauche, écologiste et citoyenne. »
Thierry Deville (LR)
Thierry Deville, 62 ans, est avocat de métier. Ancien bras droit et premier adjoint de Brigitte Barèges, il a dirigé l’agglomération du Grand Montauban pendant 10 mois en 2021. La rupture est consommée depuis l’année dernière avec l’ancienne maire car Thierry Deville, encarté Les Républicains (LR) après avoir été PRG dans le passé, n’a pas goûté ses accointances avec l’UDR d’Eric Ciotti et le Rassemblement National qui ne présente pas de candidat à Montauban.
À l’inverse, le camp Barèges ne lui pardonne pas ce qu’il considère comme une traitrise. Parmi les priorités de Thierry Deville qui fait équipe avec un autre ancien élu du Grand Montauban et de la ville, Bernard Pécou, la sécurité avec de nouveaux moyens pour la police municipale et la vidéosurveillance, et une nouvelle voie de contournement autour de la future LGV et la future gare de Bressols. Il propose de créer un Conservatoire et une Halle gourmande sur l’esplanade des Fontaines. Le nom de cette liste LR : « Prêts pour demain. »
Arnaud Hilion (PS-EELV)
L’autre liste de gauche est celle du Parti socialiste menée par le maître de conférences en mathématiques Arnaud Hilion, 49 ans, professeur à l’université de Toulouse (ex Paul-Sabatier). Arnaud Hilion est l’un des principaux opposants à la majorité sortante au conseil municipal et au conseil communautaire, il a perdu au second tour en 2020 face à Brigitte Barèges avec 45,5% des suffrages.
Ce natif de Moissac assume avoir refusé l’alliance avec la France Insoumise, il a en revanche l’appui de la plupart des écologistes. Il compose un ticket avec Cathie Bourdoncle, élue socialiste du conseil départemental. Sa liste, qui fait campagne directement dans les quartiers, promeut le développement du réseau de transports en commun de l’agglo, l’adaptation au changement climatique avec un plan de rénovation des écoles, le renforcement de l’attractivité de la ville et de l’enseignement supérieur. Le nom de cette liste catégorisée socialiste par la préfecture : « Vivre Montauban. »
Jean-Philippe Labarre (SE)
C’est l’ovni de cette campagne, officiellement sans étiquette, « hors des partis et des extrêmes ». À la tête de la liste Nouveau Montauban, le Dr Jean-Philippe Labarre, 66 ans, cardiologue à la clinique du Pont de Chaume, est selon ses adversaires, le « candidat du PRG », le parti radical de gauche de Jean-Michel Baylet, l’autre figure politique incontournable du Tarn-et-Garonne avec son ennemie jurée Brigitte Barèges, patron de la Dépêche du Midi et encore très influent au Département. Stéphane Gonzalez, le patron du PRG82, figure sur sa liste et s’occupe des relations presse mais assure que le « PRG ne soutient aucun candidat« . Des citoyens et d’autres personnalités du centre-droit comme des cadres du Modem 82 et de Renaissance 82 sont sur cette liste. Le nom de cette liste catégorisée Divers gauche : « Nouveau Montauban. »
Didier Lallemand (UDR-RN)
Inconnu des Montalbanais mais pas des agents de la collectivité, Didier Lallemand, 69 ans, UDR est le candidat désigné par Brigitte Barèges, l’ex-maire de la ville, toujours extrêmement influente. Dans une autre vie cadre chez Orange, il a été son directeur général des services pendant 17 ans, et cet ancien membre de l’UMP est depuis quelques années à la retraite. « Mon parti, Montauban » regroupe des colistiers venues du RN, de l’UDR, des Républicains (LR) ou encore de Reconquête.
Mais il assure qu’aucun logo partisan ne figurera sur son affiche, pas plus que la photo hautement symbolique de l’ancienne maire, toujours très populaire à Montauban. Son programme se résume en 3P dit-il : la protection avec la sécurité « mais pas que« , les « projets » comme le futur hôpital de Montauban et la future gare LGV, et la proximité, « le lien avec les Montalbanais, leur faciliter la vie ». Le nom de la liste catégorisée « Union des extrêmes droites » : « Mon parti, Montauban. »
Jean-Lou Lévi (SE)
L’autre ovni de centre-droit cette campagne montalbanaise, l’avocat Jean-Lou Lévi est le frère du sénateur du Tarn-et-Garonne Pierre-Antoine Lévi et le président de l’Union des démocrates et indépendants de Jean-Louis Borloo, l’UDI 82. Il revendique, comme Jean-Philippe Labarre, une liste « sans étiquette aux diverses sensibilités hors extrêmes » comme le relais départemental de Nouvelle Energie, le mouvement du maire LR de Cannes, David Lisnard. Les priorités de Montauban Autrement sont les transports mais aussi la création d’un grand campus d’enseignement supérieur. Le nom de la liste catégorisée comme « Divers » : « Montauban autrement. »
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