Toulouse est constituée de plus de 280 bureaux de vote. Deux tendances apparaissent à la loupe : le LFI François Piquemal, arrivé deuxième, a réussi son coup dans les quartiers prioritaires. Et le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc peut compter sur un électorat très solide un peu partout.
L’élection municipale à Toulouse se jouera à deux. Depuis l’annonce de la fusion des listes de gauche, il y aura le sortant divers droite Jean-Luc Moudenc en lice pour un troisième mandat (37,2% au premier tour) face à François Piquemal, candidat LFI arrivé second (27,5%) devant le socialiste François Briançon (25%) qui lui cède la place. La mairie de Toulouse a rendu publique les résultats bureau de vote par bureau de vote. Il y en a 284. Et leur lecture est édifiante.
Jean-Luc Moudenc s’assure le vote des quartiers qui votent le plus
Le vote Jean-Luc Moudenc apparaît d’abord comme un véritable rouleau-compresseur. Le maire sortant fait des scores fracassants partout où le taux de participation est le plus élevé, avec parfois des scores à plus de 50 ou 60% sur certains bureaux de vote. Sans surprise, il est redoutable en centre-ville et s’empare facilement des quartiers aisés comme la Terrasse, Côte Pavée, le Busca, Pouvourville, ou Saint-Simon.
À Lardenne, quartier cossu de cadres de l’aéronautique notamment où le centre de loisirs du Petit Capitole regroupe plus de 10.000 inscrits, l’ex LR écrase la concurrence, faisant dans ces bureaux stratégiques car très peuplés, des scores deux fois supérieurs à ses adversaires de gauche, parfois jusqu’à 65%. Aux Carmes où réside François Briançon, à l’école Fabre où ce dernier vote, Jean-Luc Moudenc ne lui fait aucun cadeau : il recueille 52% des suffrages contre 22% pour le socialiste.
Le maire divers droite qui a sur sa liste des personnalités de Renaissance, d’Horizons ou encore des Républicains, assure aussi l’essentiel dans les quartiers plus mixtes socialement comme les Sept Deniers ou la Maourine. Il parvient même à tirer son épingle du jeu dans le gymnase Jean Moulin, quartier Jules-Julien près de Rangueil, où les trois candidats de tête se tiennent dans un mouchoir de poche, à quasi-égalité. Et à la fin, c’est M. le maire qui gagne.
François Piquemal récompensé pour sa stratégie à l’égard des quartiers populaires
Le député insoumis de son côté remporte systématiquement les bureaux de vote des quartiers prioritaires, à l’image du Mirail, sa circonscription. Ce sont cependant des endroits où l’abstention est très forte, autour de 65-70% au premier tour. Et plus la participation est faible, plus le plébiscite pour François Piquemal est prononcé. Ainsi à la Reynerie, à l’école Didier Daurat, l’ancien professeur dépasse les 54%, il emporte même 64% des suffrages sur un bureau de vote… où seuls 15% des inscrits ont voté.
Succès aussi à Bellefontaine, les électeurs du centre culturel Alban-Minville lui ont donné presque quatre fois plus de voix qu’à François Briançon. François Piquemal est aussi largement devant à Bagatelle, l’école Guyon lui octroie là encore 45% de ses suffrages. Aux Izards aussi, le candidat LFI l’emporte sans aucun problème et éclipse totalement François Briançon, tandis que Jean-Luc Moudenc parvient tout de même à glaner de précieux votes.
À noter la percée du mélenchoniste dans des quartiers en voie de gentrification, avec une sociologie mixte à la fois très populaire et des urbains aisés : il décroche ainsi Saint-Cyprien (le gymnase Puig) ou encore le quartier Bonnefoy, grâce aussi peut-être aux lourds travaux engagés par la mairie et la Métropole.
François Briançon ne remporte que 3% des bureaux de vote
Piquemal, Moudenc, Briançon, c’est le trio dans l’ordre dans ces quartiers modestes, systématiquement. Signe d’un échec majeur pour le socialiste qui n’est parvenu à convaincre ni les riches, ni les pauvres pour grossir le trait. Le socialiste, allié aux écologistes, parvient à engranger des voix, mais toujours moins que Jean-Luc Moudenc ou François Piquemal. Il est parfois deuxième comme aux Carmes ou à Lardenne, mais jamais premier.
Et surtout, l’ancien adjoint aux sports de Pierre Cohen, ne remporte presque aucun bureau de vote toulousain. Très précisément, François Briançon arrive premier dans seulement neuf des 284 bureaux de vote, avec une petite poche d’électorat entre Saint-Agne, Saouzelong et Rangueil. À chaque fois de peu, et jamais à plus de 35% quand ses deux adversaires du premier tour s’envolent parfois à 60% dans d’autres endroits.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555


















