Et si les robots humanoïdes permettaient de réindustrialiser la France ? C’est l’objectif du PEPR robotique présenté cette année au laboratoire LAAS du CNRS à Toulouse en présence de représentants d’Airbus et de Renault.
Et si les robots humanoïdes permettaient de réindustrialiser la France ? C’est l’objectif du PEPR robotique (programme et équipement prioritaire de recherche) présenté en février 2026 au LAAS (Laboratoire de recherche spécialisé dans l’analyse et l’architecture des systèmes) du CNRS à Toulouse en présence de représentants d’Airbus et de Renault.
Pendant les 6 années et demi à venir, jusqu’en 2030, 62 équipes de chercheurs répartis sur la France entière vont travailler à rendre des robots humanoïdes de plus en plus efficaces. Pour le moment, ces robots impressionnent, mais ne savent pas vraiment se déplacer comme les industriels le souhaiteraient.
H1 sait marcher, reculer, tourner, mais il a encore de gros progrès à faire
1 mètre 80, 47 kilos, 130.000 €. Le robot humanoïde dernier cri présenté par les chercheurs du LAAS-CNRS à Toulouse impressionne. Il a la forme du corps humain, son nom : H1. Mais pour le moment, dans une usine, il ne serait d’aucun secours, explique Nicolas Mansard, directeur de recherche au CNRS : « Ce sont des robots qui pour l’instant sont des prototypes. Celui-ci, il n’a pas encore de mains encore.«
Ce n’est pas H1 qui aidera à construire un avion ou une voiture : « On travaille à lui mettre des mains. On en a acheté. »
H1 réagit quand on le pousse, il sait marcher, reculer, tourner, mais il a encore de gros progrès à faire souligne le scientifique : « Un des gros enjeux pour le mettre dans un environnement où il serait utile, c’est de garantir qu’il ne va pas tomber, que quand il tombe, il ne va pas blesser quelqu’un et qu’une fois qu’il est tombé, il sera capable de se relever sans être cassé. Pour l’instant, c’est encore un enjeu que personne ne sait résoudre. »
Le LAAS-CNRS, laboratoire du campus de Rangueil situé juste à côté de l’ENAC (Ecole Nationale de l’Aviation Civile), abrite 700 à 800 chercheurs. C’est l’un des plus gros labos CNRS français et en son sein, c’est l’équipe de Philippe Soueres qui travaille sur les robots humanoïdes : « Nous notre métier, c’est de faire de la recherche fondamentale. »
Est-ce que demain il y aura des robots humanoïdes à chaque coin de rue? Le chercheur tempère ces images de science-fiction : « On ne vise pas du tout de développer des robots humanoïdes pour les répandre dans la société civile, chez toutes les personnes, comme on entend beaucoup de personnes le vanter dans la presse. Ce n’est pas du tout quelque chose que l’on cherche à faire ni que l’on souhaite faire.«
Airbus rêvent de robots humanoïdes « qui fonctionnent et qui fonctionnent bien »
Les chercheurs ambitionnent des robots humanoïdes plus performants et plus autonomes. Les industriels, eux, aimeraient des robots humanoïdes : « Qui fonctionnent et qui fonctionnent bien » résume Sébastien Boria, ingénieur et conseiller du département digital chez Airbus. « Typiquement, ce qu’on attend de ces robots » explique Sébastien Boria « c’est littéralement qu’on ait une capacité à les faire fonctionner correctement, qu’on puisse passer de la charge avec de la charge de production. »
L’avionneur aurait grand besoin de robots pour effectuer des tâches très gourmandes en main d’œuvre, tels ces milliers de trous à faire quand on fabrique un avion, explique l’ingénieur : « On a énormément de trous à faire sur nos aéronefs. Pouvoir faire un petit trou au milieu de milliers de trous sur un panneau, faire un cône de fraisurage et insérer une fixation dans chacun de ces trous, sinon ça ferait un gruyère, et l’avion ne volerait pas, typiquement, ça réclame beaucoup de main d’œuvre à l’heure actuelle, donc pouvoir passer une partie de cette charge avec des robots, on le fait déjà avec des grosses machines, il faudrait arriver à compacter tout ça et à le faire avec des robots qui sont de forme humanoïde ou proche du volume et de la masse d’un humain. »
Le rêve de l’avionneur serait de gagner trois ans sur son plan de charge : « On essaie, on essaie. L’idée est d’arriver à raccourcir les temps de production pour pouvoir livrer plus vite » insiste le conseiller du département digital chez Airbus. Et passer de 10 à 7 ans.
Opérations chirurgicales, maintenance d’éoliennes en mer et exploration planétaire
Pour l’heure, le directeur de recherches au LAAS-CNRS Philippe Soueres espère que le robot sur lequel son équipe travaille en ce moment saura faire la même chose qu’aujourd’hui (avancer, reculer, tourner) mais en mieux, et un jour peut-être : « Je pense qu’on sera capable de faire des opérations chirurgicales avec beaucoup plus de précision. Je pense qu’on sera capables de faire intervenir ces machines sur des sites sinistrés, faire de l’exploration planétaire, faire du sauvetage, aller faire de la maintenance d’éoliennes en mer. Il y a toute une grande gamme de domaines dans lesquels ces machines peuvent nous aider sans qu’on ait à viser la nécessité d’avoir ces machines dans notre maison au quotidien. »
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555
















