L’alliance LFI-PS, battue dimanche soir à Toulouse, n’a pas réussi à faire basculer la ville à gauche face à Jean-Luc Moudenc au second tour des municipales. Le socialiste François Briançon revient sur cette défaite et promet d’être vigilant face à la future politique du maire divers droite.
Jean-Luc Moudenc reste maire de Toulouse. L’Alliance LFI-PS n’a pas réussi à faire chavirer la ville à gauche. Le maire sortant a été réélu avec 53,87% des voix, devant l’alliance LFI-PS qui récolte 46,13% des suffrage. Le socialiste François Briançon était l’invité d’ici Occitanie au lendemain de la défaite.
ICI Occitanie : Quel est votre sentiment ce matin ? C’est un réveil un sentiment de gueule de bois ?
François Briançon : Non, on a l’envie de repartir au combat. C’est une déception, la gauche n’a pas gagné les élections municipales à Toulouse, mais maintenant nous sommes dans l’opposition. Nous avons un rôle à tenir : protéger les Toulousains de cette droite municipale qui a fait une campagne franchement très agressive. Notre rôle sera de nous opposer à ce qui va être, je crois, une politique compliquée pour Toulouse et les années à venir.
On s’attendait à une victoire plus serrée. Finalement, c’est 54% contre 46%. Ça veut dire que les électeurs n’ont pas souhaité l’union de la gauche ?
Ça veut dire surtout qu’il y a eu une mobilisation beaucoup plus importante des abstentionnistes que ce qui avait été prévu. Les résultats sont tombés il y a quelques heures, il faut maintenant qu’on les analyse avec beaucoup de prudence.
Votre liste d’alliance perd tout de même 3.500 voix par rapport à vos deux listes au premier tour. Vous n’êtes pas arrivés à rassurer les électeurs de centre-gauche ?
Oui, ça fait moins de 5% des voix, donc finalement ce n’est pas si important que ça. C’est ce qui était annoncé dans un certain nombre d’études. Je pensais même que la perte aurait pu être plus importante. Mais il faut regarder les résultats avec l’abstention pour avoir une vision globale, parce qu’il y a une hausse de l’abstention. Donc où se situe la perte à gauche, où se situe la montée à droite, tout ça il faut le regarder dans le détail.
Est-ce que vous avez des regrets ?
Aucun. Moi je crois que quand on est de gauche, on rassemble la gauche. C’est ce que nous avons fait. C’est la tradition, c’est mon ADN politique. Donc je n’ai aucun regret sur la manière dont cela s’est déroulé.
Est-ce qu’on ne se dit pas qu’on aurait peut-être dû faire cette union dès le premier tour ?
Non, pas du tout, puisqu’il y a des gauches de traditions différentes à Toulouse. Il y a toujours eu une gauche un peu plus radicale et une gauche sociale-démocrate, écologiste. Donc que ces deux gauches partent séparément au premier tour, c’est une logique politique qu’on a rencontrée à chaque élection, à Toulouse comme ailleurs.
Et si c’était à refaire, vous referiez exactement pareil ?
Oui, effectivement. Mon ADN c’est le rassemblement, et donc je referai le rassemblement. Moi, ce que je regrette dans cette élection, c’est la manière dont Jean-Luc Moudenc la raconte. On a l’impression qu’il est le candidat du rassemblement alors qu’il n’a été qu’un candidat de la division, avec une campagne très agressive, des clins d’œil appuyés à l’extrême droite et le soutien officiel de Jordan Bardella et d’Eric Zemmour. La campagne a été très agressive, violente. Et les menaces de mort qu’on a reçues, François Piquemal et moi, font que tout ça ne peut pas être oublié ni banalisé. Et puis je suis inquiet quand j’entends Jean-Luc Moudenc dire, ce matin sur votre antenne, que les jeunes n’ont pas compris les enjeux de cette élection. Nous avons une ville qui est clivée, une ville qui n’est pas rassemblée. Je suis déçu pour la jeunesse et pour les quartiers populaires. Donc notre rôle va être de veiller à ce qu’il n’y ait pas une pression supplémentaire sur les plus faibles à Toulouse par la droite toulousaine.
Est-ce que vous en voulez à ceux qui ne se sont pas rattachés à cette union comme Carole Delga, la présidente de la Région.
Je pense qu’ils ont fait une erreur politique grave. Quand on est de gauche, on rassemble la gauche. Il faut envoyer des signaux politiques clairs. Ces signaux n’ont pas été au rendez-vous, et c’est de leur responsabilité. Je pense que c’est en divisant la gauche qu’on crée les conditions de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Les résultats de la gauche en Occitanie, à l’exception de Nîmes et de la victoire de notre ami Mickaël Delafosse à Montpellier, ne sont pas bons. Il faut affirmer plus clairement notre appartenance au camp de la gauche, rassembler la gauche et arrêter avec les procès inutiles. Moi, j’ai toujours dit que j’avais un problème avec la façon dont Jean-Luc Mélenchon faisait de la politique : son agressivité, ses anathèmes douteux sur un certain nombre de sujets comme l’antisémitisme. Mais je pense que faire un parallèle avec l’ensemble des électeurs insoumis, l’ensemble des militants insoumis, comme cela a été fait avec François Piquemal, est une grave erreur. Si on veut faire bouger les lignes, il faut aussi dialoguer et comprendre.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555















