Un jeune homme de 24 ans comparaissait ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour apologie de crime contre l’humanité. En novembre 2025, il avait été repéré dans une salle de sport avec l’inscription « Einsatzgruppen » sur son maillot, en référence aux escadrons de la mort nazis.
Salle d’audience comble, ce mercredi après-midi au palais de justice de Toulouse. Un jeune homme de 24 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel pour apologie de crime contre l’humanité, après avoir été repéré le 26 novembre 2025 dans une salle de sport de la rue Bayard avec un maillot floqué « Einsatzgruppen », en référence aux unités mobiles d’extermination du IIIe Reich allemand.
Habillé en costume de ville, tatouage sur le visage, ce co-gérant d’une pizzeria essaie de convaincre le tribunal. Il répond calmement aux questions, et reconnaît les faits.
Il décrit une « blague entre amis par rapport à ses origines allemandes » et assure qu’il n’y a « aucun lien avec ses convictions« .
Il affirme avoir connu les Einsatzgruppen en cours d’histoire et en s’intéressant au parcours de sa famille. Mais il jure n’avoir pas eu conscience de la gravité de l’action de ces groupes : « Je regrette énormément ce que j’ai fait. » Il raconte qu’il a fait floquer ce maillot pour un match entre amis mais qu’il l’a très peu remis depuis. Le 26 novembre 2025, il dit qu’il ne « s’est pas rendu compte qu’il le portait et s’en être aperçu seulement en rentrant de la salle de sport. »
« Votre défense est pourrie ! »
Les juges et le procureur ne sont pas convaincus par sa défense. « Votre défense est pourrie ! » lance le procureur visiblement énervé. « Ça me fait penser à un sketch de Coluche qui dit « je ne suis pas raciste, mon chien est noir ». Là vous nous dites « je ne suis pas antisémite, ma grand-mère est polonaise ». Un peu plus tôt, le prévenu avait évoqué les origines polonaises de sa grand-mère.
Un avocat représente le Consistoire juif de Toulouse et l’organisation juive européenne : « On ne peut pas croire à de la maladresse (…). C’est se moquer du tribunal, on est dans un dossier de banalisation de l’antisémitisme. » Toujours du côté des parties civiles, une autre avocate d’un témoin de confession juive raconte que son client a vu l’inscription pendant sa séance de sport : « Il n’en croyait pas ses yeux.«
Vu que le casier judiciaire du jeune homme est vierge, le procureur a requis six mois de prison avec sursis et un stage de citoyenneté.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555
















