En Haute-Garonne notamment, 165 classes sont menacées de fermeture. Dans les autres départements de la région Occitanie aussi, la nouvelle carte scolaire prévoit de nombreuses fermetures de classes. Parents et enseignants se mobilisent cette semaine.
Des classes sont menacées de fermetures dans de nombreuses écoles de la région Occitanie, à Toulouse, à Castres, Villemur-sur-Tarn ou encore Albi. Avec la nouvelle carte scolaire qui a été dévoilée fin mars, en Haute-Garonne par exemple, 165 classes sont en sursis pour la rentrée de septembre 2026. Un nombre calculé en fonction de la capacité d’accueil de chaque école.
Il existe différents seuils, selon les âges. En petite et moyenne section, chaque classe ne doit pas dépasser 28 élèves. Même chose pour les CE2, CM1 et CM2. Pour la grande section, le CP et CE1, c’est 24 élèves maximum par classe. Pour chaque école, la direction des services départementaux de l’Éducation nationale compte le nombre d’élèves prévus pour la rentrée prochaine, en fonction du nombre de classes actuellement ouvertes. Si ce total est trop loin des 24 ou 28 élèves par classe, des fermetures sont prévues. Mais en Haute-Garonne notamment, il y a de moins en moins d’enfants, donc des classes qui ferment chaque année, quitte à remplir un peu plus celles qui restent.
Des écoles bloquées
165 classes menacées en 2026, c’est un petit peu moins que l’an dernier. Elles étaient 170 en sursis à la même période et finalement, 150 avaient dû fermer. Parmi les classes concernées par une potentielle fermeture, il y en a une à l’école maternelle Daniel Faucher, dans le quartier du Mirail à Toulouse. Les parents d’élèves se sont donc organisés sur des groupes WhatsApp et vont bloquer les écoles du quartier ce lundi 30 mars dans la matinée, en rentrant dans les salles de cours.
« La particularité des quartiers populaires, c’est qu’on accueille les enfants à partir de deux ans et demi, ceux qui sont nés en début d’année. Et ça, ils veulent le fermer, déplore Anissa Benyoub, parent délégué dans l’école Daniel Faucher, maman d’une petite fille chez les tout petits. C’est une double injustice, avec la fermeture de classe et la fermeture de l’accueil des tout petits qui nous touchent particulièrement, Ma fille en a profité et j’ai vu son évolution. J’ai vu à quel point ça lui a fait du bien au niveau autonomie, au niveau langage. Je sais qu’elle en a profité. Et je viens d’avoir un petit garçon qui est né en janvier donc c’est potentiellement un enfant qui aurait pu en profiter mais ce ne sera pas le cas. On a l’impression d’être abandonnés, on a l’impression de ne pas avoir notre poids dans les décisions et c’est frustrant. »
« Il n’y a aucune logique »
Benjamin Lelong, lui, est père de deux élèves à Villemur-sur-Tarn, l’un en CM2 à l’école Michelet et l’autre en CE1 à l’école Anatole France. L’école Jules Michelet est menacée de deux fermetures de classes, une en primaire et l’autre en maternelle. Une situation critique alors que certains élèves ont besoin d’un accompagnement spécifique : « on a réussi à donc ramener un maximum de monde devant l’école pour créer une manifestation et ensuite on a fait tourner une pétition. L’avantage qu’on a par rapport aux autres, c’est que nous, on est menacés régulièrement de fermetures de classes. Donc on a réussi à presque élaborer tout un processus. Le seul problème, c’est que là, en fait, il n’y a aucune logique. On n’est pas du tout en-dessous des seuils par rapport au prévisionnel de l’année prochaine. On est encore bien au-dessus des seuils et on va défendre les particularités socio-économique de la de la ville de Villemur-sur-Tarn, mais il y a aussi des dispositifs supplémentaires au niveau des écoles. Il y a des classes Ulis, avec des enfants qui s’ajoutent aux effectifs classiques qu’il y a dans l’école et qui nécessitent un encadrement particulier, parce que forcément, c’est une prise en charge qui est un petit peu plus lourde et qui demande aux professeurs beaucoup d’adaptation. »
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