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EXCLUSIF. Le tribunal correctionnel de Toulouse examine ce mardi une affaire bouleversante de violences conjugales à La Salvetat-Saint-Gilles, en Haute-Garonne. Un homme de 66 ans y répond d’agressions sexuelles sur son épouse lourdement handicapée, alors qu’elle était sous l’effet de sédatifs.
C’est une affaire qui soulève une nouvelle fois la question cruciale du consentement au sein du couple. Quelque mois après le médiatique procès de l’affaire Gisèle Pélicot, une habitante de La Salvetat-Saint-Gilles, à l’ouest de Toulouse, a déposé plainte contre son époux pour des viols et agressions sexuelles commis durant son sommeil. L’homme, âgé de 66 ans, va comparaître mardi 6 janvier devant le tribunal correctionnel de Toulouse.
Le destin de ce couple, jusqu’ici sans histoire apparente, bascule le 28 octobre 2021. Ce soir-là, la plaignante — une femme de 65 ans lourdement handicapée et souffrant de troubles bipolaires — lance un signalement depuis son ordinateur. Sur une plateforme dédiée aux violences sexuelles et sexistes, elle se confie sans filtre : depuis des années, elle soupçonne son partenaire d’abuser d’elle pendant qu’elle dort. Si elle l’a parfois surpris dans des positions suspectes au réveil, elle ne garde aucun souvenir précis des faits, la faute à un lourd traitement médical destiné à favoriser son repos nocturne.
« Le devoir conjugal «
L’alerte, transmise à la gendarmerie, a déclenché une longue enquête au cours de laquelle la sexagénaire a maintenu ses accusations. Selon ses déclarations, son conjoint, épousé en 1982, aurait abusé d’elle deux à trois fois par semaine. Placé en garde à vue, ce jeune retraité a adopté une attitude désarmante. Assisté par Me Brice Zanin, le prévenu reconnaît ses actes mais les banalise. Il se retranche derrière un prétendu « devoir conjugal », il affirme avoir ignoré la gravité de ses actes au motif que son épouse « ne s’opposait pas physiquement » durant son sommeil. L’expertise psychologique a d’ailleurs mis en exergue des « conduites machistes » et une tendance à considérer sa femme comme un « objet de propriété ».
Initialement ouverts pour viol par conjoint — un crime relevant des assises —, les faits ont été requalifiés en agressions sexuelles. Cette « correctionnalisation » permet d’accélérer le jugement devant le tribunal correctionnel.
Dans l’attente de son procès ce mardi 6 janvier, le prévenu demeure sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction stricte de contacter son épouse jusqu’au verdict.