Le tribunal correctionnel de Toulouse a condamné, le 1er février dernier, deux frères à 12 mois de prison ferme pour des violences commises sur une femme enceinte de huit mois. Malgré les versions contradictoires de la victime, la justice a privilégié les premières constatations médicales et le témoignage initial, ordonnant le maintien en détention des deux prévenus.
Que s’est-il produit entre Abdelkader, Abdelhamid et Souhila le 1er février dernier route de Bayonne à Toulouse ?
Après avoir appelé la police, la jeune femme a été découverte : « Le corps plein de traces et le cou griffé », décrit la procureure. Souhila relate avoir été frappée par son compagnon, Abdelhamid, ainsi que par le frère de ce dernier, Abdelkader. Comble de l’horreur, Souhila est, alors, enceinte de huit mois. Elle accouchera quelques jours après.
Néanmoins, « l’accouchement prématuré n’est pas lié aux violences », indique la présidente du tribunal correctionnel en s’appuyant sur le rapport du médecin légiste. Le rapport médical fait état de trois jours d’ITT.
Il explique que la victime a été violente…
En dépit de l’extrême gravité des faits qui leur sont reprochés, les deux prévenus demeurent mutiques à la barre. Abdelkader évoque seulement une « dispute ». La présidente s’engouffre dans la brèche : « Comment éclate la dispute », interroge-t-elle. « C’est elle qui s’est énervée et nous a insultés ; elle était hystérique, c’est d’ailleurs moi qui ai fini par appeler le Samu », rétorque le prévenu avec un aplomb que la magistrate va faire disparaître : « Pourquoi appeler le SAMU si tout va bien », s’étonne-t-elle. Silence dans le box…
Seulement Souhila ne s’en est pas tenue à ses déclarations originelles, elle a, par la suite, recontacté la police et totalement mis hors de cause son compagnon, Abdelhamid. Ces rétractations n’ébranlent pas la conviction de la procureure. La magistrate met ces revirements sur le compte de « l’état de particulière vulnérabilité de la victime. » Pour elle, « il y a bien eu des violences, peu importe leur nature ». Ainsi, elle requiert 10 mois de prison ferme avec maintien en détention pour Abdelhamid et 12 mois de prison ferme avec maintien en détention pour son frère.
En défense, Me Cédrik Bréan, avocat d’Abdelkader, pointe « les cinq versions de la victime » et indique qu’elles affaiblissent la véracité de son propos. Dans son sillage, Me Clément Rouger, avocat d’Abdelhamid, informe le tribunal qu’après avoir appelé les médecins son client « s’est présenté à l’hôpital à la naissance de son fils », avant de conclure : « Quel était son intérêt s’il l’avait frappée ? ».
Le tribunal ne répondra pas à la question de Me Rouger puisque les deux frères sont condamnés et écopent de 12 mois de prison ferme chacun avec maintien en détention.




















