Jugé devant le tribunal correctionnel de Toulouse, un homme de 38 ans a reconnu avoir violemment giflé un fidèle de 70 ans à la sortie de la mosquée de Cugnaux, le 10 mars au soir. Il a été condamné à six mois de prison avec maintien en détention.
Karim arrive dans la salle d’audience la tête basse. Lorsque le président du tribunal correctionnel de Toulouse, Didier Suc, lui demande d’épeler son identité, l’homme sort de sa prostration. L’assistance découvre alors un visage tuméfié, dont la partie gauche est bleuie par les ecchymoses. Il n’y a pourtant pas de doute : l’homme de 38 ans est bien le prévenu.
D’ailleurs, il reconnaît les faits. Le 10 mars dans la soirée, alors que Mohamed, un homme de 70 ans, sortait de la mosquée de Cugnaux, Karim s’est approché de lui et lui a asséné une violente gifle. Le président Suc indique cependant que le prévenu a tenu « des propos incohérents » pour expliquer son geste.
À l’audience, Karim persiste : « Il y avait un groupe de gens qui inventent des fausses rumeurs sur moi. Le jeune m’a provoqué et il m’a insulté, donc je me suis approché et j’ai donné cette gifle. Je n’aurais pas dû, je le sais. Mais regardez, je ne suis pas le seul à avoir frappé », assure l’homme en montrant son visage. « Mais ce vieux monsieur, lui, ne vous connaissait pas », rétorque le président Suc.
Dans son sillage, l’avocate de Mohamed, Me Céline Lavau, regrette que le prévenu s’en soit pris à son client, un homme « chétif et sans défense » qui, depuis les faits, a développé un « syndrome anxieux ».
« Il n’a pas su se contenir… »
La procureure, quant à elle, juge ces faits « inquiétants ». La magistrate rappelle que Karim était en état d’ébriété au moment des faits et qu’il est déjà connu de la justice, aussi bien pour des violences que pour son état psychiatrique. Elle requiert, malgré une altération du discernement, neuf mois de prison avec maintien en détention ainsi qu’une interdiction de paraître à Cugnaux.
En défense, Me Joseph Bagnafouna décrit « une personne particulière mais pas dangereuse ». L’avocat explique que Karim n’avait pas encore pris son traitement au mois de mars et qu’ayant fait l’objet d’insultes, « il n’a pas su se contenir ». Il invite ainsi le tribunal à la modération et surtout à ne pas écarter Karim de sa famille, qui vit à Cugnaux.
Après en avoir délibéré, le tribunal fait partiellement droit à cette demande : Karim est condamné à six mois de prison avec maintien en détention, mais ne fait pas l’objet d’une interdiction de paraître à Cugnaux. Le tribunal retient par ailleurs une altération du discernement au moment des faits.

















