Le premier tour des élections municipales à Toulouse a livré son verdict dans la nuit de dimanche à lundi. Le maire sortant Jean-Luc Moudenc arrive en tête avec 37,23 % des suffrages, mais il devra passer par un second tour. Derrière lui, la gauche apparaît divisée : François Piquemal (La France insoumise) obtient 27,56 % des voix et devance le socialiste François Briançon, crédité de 24,99 %.
Ce premier tour des élections municipales s’est tenu dimanche 15 mars à Toulouse, où près de 515 000 habitants étaient appelés aux urnes pour désigner leur future équipe municipale. Dix listes étaient en lice dans la Ville rose. Le scrutin s’inscrivait dans un contexte politique particulièrement observé, après douze années de mandat du maire sortant Jean-Luc Moudenc.
Jean-Luc Moudenc en tête, mais sans victoire assurée
Avec plus de 58 000 voix, Jean-Luc Moudenc réalise un score solide pour un maire sortant. L’avance est nette, mais insuffisante pour s’imposer dès le premier tour. La tête de liste a réagi avec prudence à l’annonce des résultats, saluant le soutien des électeurs tout en appelant à la mobilisation pour la suite du scrutin.
« C’est une première étape. Merci aux Toulousains. Le second tour s’annonce serré, je les invite à se mobiliser au-delà des sensibilités politiques », a-t-il déclaré, indiquant vouloir travailler « au rassemblement le plus large possible » en vue du second tour.
Jean-Luc Moudenc dirige Toulouse depuis 2014. Il avait déjà occupé le fauteuil de maire entre 2004 et 2008, avant de revenir aux affaires dix ans plus tard. Réélu en 2020 malgré un contexte marqué par la crise sanitaire et une abstention record, il tente aujourd’hui d’obtenir un nouveau mandat.
François Piquemal prend l’avantage à gauche
La principale surprise du scrutin vient du classement des candidats de gauche. François Piquemal, candidat de La France insoumise, arrive deuxième et devient le principal adversaire du maire sortant pour le second tour. Avec plus de 43 000 voix, il distance le socialiste François Briançon.
Devant ses soutiens, François Piquemal a estimé que ces résultats ouvraient la voie à un possible rapprochement entre les différentes forces de gauche. Le candidat insoumis a plaidé pour un rassemblement afin de tenter de battre le maire sortant. « Le seul chemin pour battre M. Moudenc, c’est l’union de la gauche », a-t-il déclaré, appelant à ouvrir rapidement des discussions avec la liste conduite par François Briançon.
Il s’est également félicité des scores réalisés par les listes de gauche dans plusieurs quartiers populaires de la ville. « Les deux listes de gauche seront au-delà de 20 % », a-t-il affirmé, estimant que ces résultats pourraient favoriser une dynamique de rassemblement face au maire sortant.
François Briançon prêt à discuter pour le second tour des municipales
Troisième à l’issue du premier tour, François Briançon a pris acte du résultat et a rappelé que l’objectif restait de battre la droite municipale lors du second tour. « Aujourd’hui, l’objectif reste de battre la droite à Toulouse et nous allons travailler toute la nuit pour en créer les conditions », a-t-il affirmé.
Le candidat socialiste a indiqué que le conseil politique de sa liste devait se réunir dans la soirée afin d’évoquer les suites de la campagne. Des échanges avec la liste menée par François Piquemal pourraient intervenir rapidement afin d’examiner la possibilité d’une stratégie commune pour le second tour.
Le RN éliminé dès le premier tour
Autre enseignement du scrutin : le Rassemblement national reste loin derrière à Toulouse. Son candidat Julien Leonardelli recueille 5,38 % des suffrages, très loin du seuil des 10 % nécessaire pour accéder au second tour.
Plusieurs autres listes complètent le classement mais restent largement distancées :
- Lambert Meilhac (divers centre) : 1,69 %
- Arthur Cottrel (Reconquête) : 1,24 %
- Vanessa Pedinotti (divers gauche) : 1,03 %
- Malena Adrada (Lutte ouvrière) : 0,42 %
- Guillaume Scali (NPA) : 0,28 %
- Julian Menendez (extrême gauche) : 0,18 %
Selon les règles du scrutin municipal, toutes les listes ayant obtenu plus de 10 % des suffrages peuvent se maintenir au second tour, sauf en cas de désistement ou de fusion entre les listes. La participation s’établit à 56,42 %, ce qui correspond à une abstention estimée à 42,6 %. Les résultats définitifs ont été publiés dans la nuit du lundi 16 mars vers 1 heure du matin par le ministère de l’Intérieur, confirmant les tendances observées tout au long de la soirée électorale.
La question centrale des prochains jours sera la capacité de la gauche à se rassembler. Si François Piquemal et François Briançon parviennent à bâtir une liste commune, l’écart avec Jean-Luc Moudenc pourrait se réduire fortement. Le maire sortant conserve une avance importante, mais la configuration du second tour pourrait modifier l’équilibre du scrutin. Les discussions entre les différentes forces politiques devraient donc s’intensifier dans les prochains jours avant le vote décisif.
















