Ce dimanche 15 mars 2026, les électeurs se sont rendus aux urnes, pour le premier tour des élections municipales, et ces dernières ont parlé. Dans les 37 communes de Toulouse Métropole, la situation est bien disparate. De nombreux maires sortants ont été reconduits, certains plus difficilement que d’autres, de nouveaux ont été élus, un s’est fait éliminer… et seule quatre communes vont connaître un second tour. Voici tout ce qu’il faut retenir au lendemain du premier tour.
Des surprises, des scores attendus, des scrutins disputés ou des enjeux limités… toutes les configurations étaient présentes dans les 37 communes de Toulouse Métropole pour ce premier tour des Municipales 2026. Le Journal Toulousain fait un tour exhaustif de tous les bureaux de vote de l’agglomération pour dresser un état des lieux au sortir de cette première, et pour certains unique, étape de ces élections, riche d’enseignements.
Toulouse, un suspens à son comble
Parmi tous les habitants de Toulouse Métropole qui se sont déplacés pour aller voter ce dimanche 15 mars, seuls les habitants de quatre communes reprendront le même chemin dimanche 22 mars, pour le second tour. La plus importante d’entre elles, tant en termes de population que d’enjeux, est bien sûr Toulouse. Si au soir du premier du premier tour, il était annoncé une triangulaire, avec la qualification du maire sortant Jean-Luc Moudenc (37,23%), de l’Insoumis François Piquemal (27,56%) et du socialiste François Briançon (24,99%), quelques heures plus tard, c’est finalement un duel qui est acté.
En effet, les deux François ont décidé de s’unir pour faire tomber leur adversaire commun, Jean-Luc Moudenc, de son fauteuil. Un calcul à gauche qui pourrait bien avoir raison du potentiel troisième mandat du maire sortant puisque les réserves de voix de ce dernier restent maigres : celles des électeurs du Rassemblement national, qui n’aura pas passé le premier tour (5,38%), de la liste “Nouvel air” (1,69%) et ceux de Reconquête (1,24%). Seule la participation (43,58% d’abstention au premier tour) pourrait inverser un destin, qui semble se dessiner en faveur de la gauche. Celle-ci pourra compter sur les sympathisants de la gauche unie, mais pas tous, et de La France Insoumise, ainsi que sur un report de voix des quatre listes d’extrême gauche qui ont cumulé 1,91% des voix. Cela risque d’être serré !
Serré également, le second tour à Cugnaux
À Cugnaux, le premier tour des Municipales a livré un verdict inattendu ce dimanche 15 mars. Dans une ville où six listes étaient en compétition, le scrutin a rebattu les cartes du paysage politique local. Le grand vainqueur de cette première manche est Aurélien Andreu-Seigné. Le candidat divers centre, nouvelle figure de la droite cugnalaise, s’impose largement avec 42,41% des suffrages. Un résultat qui le place en position très favorable pour le second tour et marque une véritable percée électorale. Car le maire sortant Albert Sanchez, pourtant soutenu par une union de la gauche, se trouve à bonne distance en ne recueillant que 18,72% des voix. Derrière lui, la lutte pour les places qualificatives s’est jouée dans un mouchoir de poche. Frédéric Goudal, ancien adjoint à l’urbanisme, obtient 15,43%, tandis que l’ex-maire Michel Aujoulat, qui avait dirigé la ville entre 1989 et 2001, atteint 12,37%.
Ces quatre candidats franchissent le seuil leur permettant de se maintenir pour le second tour prévu le 22 mars. À ce stade, une quadrangulaire reste donc possible, sauf accord ou fusion de listes dans l’entre-deux-tours. Deux autres prétendants, en revanche, sont éliminés. Fabrice Granville, candidat socialiste, totalise 9,65% des suffrages, tandis que Claude Cauchois, représentant de l’extrême gauche, ne dépasse pas 1,41%. Leurs électeurs pourraient toutefois jouer un rôle clé dans l’issue finale du scrutin, tout comme la participation qui s’élevait au premier tour à environ 55%.
Triangulaire à Launaguet et Tournefeuille
Les deux dernières communes où aura lieu un second tour sont Launaguet et Tournefeuille. Dans la première, le maire socialiste actuel, Michel Rougé, qui a décidé de ne pas se représenter, a soutenu la candidate PS, Marie-Claude Farcy. Mais celle-ci se retrouve en difficulté à l’issue du premier tour. Elle enregistre 35,94%. Devant elle, la tête de liste de droite Georges Deneuville qui cumule 40,04% des voix, et juste derrière l’Ecologiste Patrice Renard, qui affiche 24,02% des suffrages. À ce jour, une triangulaire prend forme, sauf si les deux listes de gauche s’unissent avant ce mardi pour garder la ville.
À Tournefeuille, quatre listes étaient au départ de ce premier tour des Municipales. Seules trois passent au second : le maire sortant socialiste Frédéric Parre qui prend la tête avec 34,52% des voix, Laurent Soulié (Renaissance) arrive deuxième avec 33,39% et Stéphane Perez clos la marche avec 22,79%. La liste citoyenne de Chloé Daigmorte est éliminée (9,31%). Et ici, le candidat-maire de gauche se retrouverait en fâcheuse posture si ses deux adversaires centristes décidaient de conclure un accord, car un report de voix de la liste citoyenne ne suffirait pas…
Réélus au premier tour
Dans la métropole de Toulouse, d’autres maires sortants ont eu beaucoup moins de questions à se poser puisqu’ils ont été élus dès le premier tour. C’est le cas pour 26 d’entre eux. Cependant, ils n’ont pas tous livré la même bataille puisque 10 étaient seuls en lice. En effet, ont été élu avec 100% des voix Gérard André à Aucamville, Robert Médina à Mondouzil, Bruno Espic à Saint-Jean, Romain Vaillant à Villeneuve-Tolosane, Marc Fernandez à Beaupuy, Marion Rivoire à Flourens, Gil Bezerra à Pin-Balma, Thierry Zanatta à Brax, Jean-Pierre Gasc à Quint-Fonsegrives et Didier Castera à Seilh.
D’autres ont dû mener campagne pour convaincre leurs électeurs qui avaient le choix entre deux listes comme à Aigrefeuille où Christian André enregistre 70,57% des voix, à Bruguières où Arnaud Sigu affiche 76,06% des suffrages, à L’Union avec les 57,28% de Marc Péré, à Aussonne où Michel Beuillé fait 56,13%, à Castelginest où Grégoire Carneiro fait 66,89%, ou encore à Fenouillet où Thierry Duhamel est réélu avec 54,82% des Voix. Comme eux, Denise Cortijo s’est imposée à Pibrac en faisant 56,23% alors qu’une deuxième liste était déclarée, tout comme Victor Denouvion à Saint-Jory (77,26%) qui sera le seul à avoir fait face à une liste du Rassemblement national, Patrice Rodrigues à Beauzelle (58,94), Dominique Faure à Saint-Orens-de-Gameville (57,24%), Alain Toppan à Cornebarrieu (54,54%) ou Vincent Terrail-Novès à Balma avec 79,93% des voies, soit le score le plus élevé de la métropole lorsque plusieurs candidats étaient en lice.
Pour trois des maires sortants de l’agglomération toulousaine, élus au premier tour, le scrutin aura été plus bataillé. Karine Traval-Michelet, candidate socialiste à Colomiers a affronté quatre listes, pour finalement s’imposer avec 51,35% des voix. Son homologue à Blagnac, Joseph Carles (Parti Radical de Gauche) en a fait de même en l’emportant face à deux autres listes, sur le score de 55,43%. Quant à Véronique Barraqué-Onno, elle garde son fauteuil à Mondonville de justesse avec 51,09% contre deux autres candidats.
Nouveaux visages
Enfin, dans six villes de la métropole, de nouveaux visages vont faire leur apparition en haut de l’organigramme des conseillers municipaux. Mostafa Lamrhani, Patrick Bergougnoux, Alain Cambou, Nathalie Gargadennec, Bernard Proust et Joël Larroque ont été nouvellement élus respectivement à Fonbeauzard, Gagnac, Gratentour, Lespinasse, Mons et Montrabé. A Drémil-Lafage, Bruno Bonardi s’est même imposé devant la maire sortante Ida Russo avec 53,47% des voix. Tout comme Yoann Cabanne l’a fait à Saint-Alban, en sortant l’édile en titre Alain Susignan, le battant de 415 voix.
Notre tour métropolitain au lendemain du premier tour de cas Municipales 2026 ne serait pas complet sans parler de l’abstention. Dans les 37 communes qui composent la collectivité, elle est en moyenne de 44,30%, et donc supérieure à la moyenne nationale, établie à 42,8%. Mais c’est dans la ville d’Aucamville qu’elle est la plus forte : 62,24%. A l’inverse, seuls 30,23% des inscrits sur les listes électorales de Drémil-Lafage n’ont pas été voter.














