Après un premier tour marqué par un record de 13 listes, Montpellier se dirige vers une triangulaire sans fusion entre Michaël Delafosse, Nathalie Oziol et Mohed Altrad. Un second tour où les reports de voix seront déterminants.
Rarement Montpellier aura connu un tel morcellement politique. Avec 13 listes en compétition, le premier tour des municipales 2026 a profondément fragmenté l’électorat. Une configuration qui a mécaniquement dispersé les voix et rendu la qualification plus difficile pour une majorité de candidats. Malgré cette dispersion, seuls trois d’entre eux ont franchi le seuil nécessaire pour se maintenir au second tour. Dans ce contexte, Michaël Delafosse (PS) est arrivé en tête avec 33,41 % des voix. Il devance Nathalie Oziol (La France insoumise), qui a obtenu 15,36 %, et Mohed Altrad (divers centre), troisième avec 11,31 %. Une avance nette pour le maire sortant, sans pour autant garantir l’issue du scrutin.
Aucune fusion : des choix politiques assumés
Entre les deux tours, aucune alliance n’a été conclue. Un fait notable dans une grande ville, où les accords sont habituellement décisifs. Mohed Altrad a rapidement clarifié sa position en redéposant sa liste “Montpellier Notre Fierté” sans modification. Dans une publication diffusée sur Facebook le 17 mars, son équipe revendique un « choix clair et cohérent pour un grand rassemblement », affirmant rester « fidèle à [sa] ligne, à [son] projet et aux engagements pris dès le premier jour ».
La liste insiste également sur le refus de toute négociation de dernière minute : « Pas d’accords de dernière minute. Juste de la constance et du respect des électeurs. » Dans le même message, la stratégie est assumée : « Pour une véritable alternative à Montpellier, rassemblons-nous autour de Mohed Altrad. Montpellier mérite un cap clair et un projet sincère. Avec votre mobilisation, nous pouvons gagner. »
Trois lignes politiques qui s’affrontent
Mohed Altrad s’inscrit dans une logique tournée vers la redistribution des voix. Dans une autre publication diffusée sur Facebook le 17 mars, il affirme : « Avec la mobilisation de tous les Montpelliérains déçus par la mairie actuelle, la victoire est possible. Nous disposons d’un report de voix qui va faire basculer l’élection. » Une ligne centrée sur la capacité à rassembler un électorat dispersé au premier tour.
Face à lui, Nathalie Oziol assume également une ligne sans compromis. Dans une publication Facebook le 17 mars, la candidate de la liste appelle à « faire le choix d’une écologie populaire à Montpellier, une écologie qui protège sans punir, qui transforme sans exclure », avant d’ajouter : « Le 22 mars, faisons le choix d’une vraie gauche de rupture. »
De son côté, Michaël Delafosse mise sur la continuité. Arrivé en tête, le maire sortant a lui aussi reconduit sa liste à l’identique. Dans une publication partagée sur ses réseaux sociaux, il rappelle sa vision de la fonction : « Être maire, ce n’est pas un métier, c’est une fonction », ajoutant devoir aux Montpelliérains « loyauté et honnêteté ».
Des reports de voix sans consigne
L’un des grands enjeux de ce second tour réside dans les reports de voix. Plusieurs candidats éliminés ont réalisé des scores significatifs, notamment Rémi Gaillard, Philippe Saurel ou encore Isabelle Perrein. Mais aucun n’a donné de consigne claire. Certains ont même revendiqué une position assumée de neutralité. Dans une publication diffusée sur Facebook, l’ancien maire Philippe Saurel résume cette ligne : « Une seule consigne, pas de consigne », refusant d’orienter les électeurs pour le second tour.
Même prudence du côté de Rémi Gaillard. Interrogé au soir du premier tour, le candidat, dont la liste se revendique « sans étiquette », écarte toute logique d’alliance et assume une position indépendante : « On est vraiment contre les étiquettes politiques », a-t-il déclaré. Enfin, Isabelle Perrein adopte une position proche. Dans un communiqué de presse, elle affirme qu’elle ne donnera « aucune consigne de vote », estimant qu’« il doit y avoir une morale en politique », et dit faire « confiance au bon sens » de ses électeurs pour décider. Trois prises de position qui traduisent un même refus de s’aligner, laissant les électeurs libres de leur choix dans un scrutin sans dynamique d’alliance.
Une triangulaire pour des municipales ouvertes jusqu’au bout
Trois listes seront donc présentes dimanche :
Sans alliance et avec des électeurs sans consigne, le scrutin s’annonce particulièrement incertain. Si Michaël Delafosse part en tête, la fragmentation du premier tour et les réserves de voix pourraient rebattre les cartes.













