Le Dal 31 a rencontré la préfecture pour discuter de l’hébergement d’urgence. Les associations déplorent un manque d’avancées malgré un budget en hausse.
L’association Droit au logement (Dal) 31 et plusieurs organisations de la “Campagne réquisition 31” ont rencontré les services de l’État ce mardi 24 mars. Cette réunion avec la Direction départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DDETS) visait à discuter de l’hébergement d’urgence et de la réquisition de bâtiments vides en Haute-Garonne.
Les associations alertent sur le nombre de personnes sans solution. Elles évoquent 7 000 personnes à la rue dans l’agglomération de Toulouse, selon l’Insee. Parmi elles, environ 400 enfants scolarisés seraient concernés, d’après Alain Chartier, du collectif d’écoles.
Mais selon les militants, aucun engagement concret n’a été obtenu. « Nous avons bien compris que le levier des réquisitions ne sera pas activé. C’est refusé », indique Laurence Broom, militante au Dal 31.
Un budget en hausse, mais une utilisation contestée
La préfecture a présenté les moyens engagés. En Haute-Garonne, le budget de l’hébergement d’urgence atteint 74 millions d’euros par an. Ce chiffre a bondi de 124% entre 2018 et 2025. À titre de comparaison, le département de la Gironde dispose d’environ 40 millions d’euros.
Cependant, le collectif juge cet argent mal utilisé. Sur cette enveloppe, 22 millions d’euros sont consacrés aux nuitées d’hôtel. Le département compte 5 563 places d’hébergement d’urgence, dont 2 100 dans ces structures. Si le nombre total de places a progressé de 16,31% depuis 2017, celles en hôtel ont augmenté de 365%.
Cette solution, censée être temporaire, est prolongée durant des mois pour les personnes qui s’y trouvent. « L’urgence devient un quotidien. C’est un problème », pointe Nicolas Mousset, membre de la FSU.
Le débat sur l’inconditionnalité du droit au logement
Le principal point de discorde concerne l’accès aux places disponibles d’hébergement. Le Dal 31 regrette que la préfecture conditionne l’aide à « une démarche d’intégration ». Il s’agit de la possession d’un titre de séjour, ou du dépôt d’un dossier pour en obtenir.
Cette exigence est vivement contestée. « L’inconditionnalité de l’hébergement, c’est la loi. Ce n’est pas une question d’avis », rappelle Gaëlle Galle, travailleur social. Pour les militants, le droit au logement ne doit pas s’arrêter aux frontières administratives.
« Nous continuerons à déposer des dossiers de demande d’hébergement sur le principe de l’inconditionnalité, puisque de toute façon, c’est la loi », insiste Laurence Broom.
Vers une réduction des nuitées d’hôtel
La préfecture a exprimé son souhait de réduire le recours aux hôtels, sans toutefois prendre d’engagements fermes. Mais les militants craignent que cette baisse, sans solutions alternatives pérennes, ne renvoie davantage de personnes à la rue.
« Il faut développer d’autres débouchés pour compenser la réduction des places en hôtel. Nous serons vigilants », prévient Nicolas Mousset. Un nouveau rendez-vous entre les organisations et les services de l’État est envisagé pour le début de l’été.














