Plus de dix-neuf mois après la disparition en mer de Medhi Narjissi, jeune joueur de 17 ans, lors d’un stage en Afrique du Sud, la Fédération française de rugby (FFR) est convoquée par la justice. Cette audition, prévue le 24 avril 2026 au tribunal d’Agen, marque une nouvelle étape dans l’enquête ouverte pour homicide involontaire.
Si le championnat de France de rugby à XV, le Top 14, occupe habituellement le devant de la scène sportive nationale, l’actualité de l’ovalie est aujourd’hui marquée par un drame. Le jeune rugbyman Medhi Narjissi, licencié au Stade Toulousain, avait disparu le 7 août 2024 lors d’un stage de l’équipe de France des moins de 18 ans en Afrique du Sud. Il avait été emporté par les flots au cours d’une séance de récupération organisée sur une plage réputée dangereuse, près du cap de Bonne-Espérance. Son corps n’a jamais été retrouvé. L’enquête, initialement ouverte pour disparition inquiétante en septembre 2024, a depuis été requalifiée en homicide involontaire.
Une étape judiciaire attendue
Selon les informations révélées le 20 mars 2026 par l’AFP et relayées par L’Équipe, la Fédération française de rugby devra s’expliquer devant le juge d’instruction chargé du dossier. Son président, Florian Grill, a choisi de se rendre personnellement à cette convocation. « Nous avions toujours dit que nous étions à la disposition de la justice », a-t-il indiqué dans des propos relayé par le média, soulignant sa volonté d’apporter « au plus haut niveau la contribution de la Fédération à l’enquête ».
Cette audition pourrait déboucher sur une mise en examen de la Fédération, en tant que personne morale, ou sur un statut de témoin assisté. Du côté de la défense, Me Mathias Chichportich, avocat de la FFR, évoque « la suite logique de l’enquête judiciaire », assurant qu’« il n’y a pas d’inquiétude », mais « simplement ce devoir à honorer ». Le juge tranchera après examen des éléments présentés lors de l’audition.
Des responsabilités déjà engagées
Dans ce dossier, plusieurs responsabilités ont déjà été mises en cause. Comme l’indique le site sportif, deux membres de l’encadrement ont été mis en examen pour homicide involontaire. Le préparateur physique Robin Ladauge a été révoqué de la fonction publique en août 2025, tandis que l’ancien manager de l’équipe de France U18, Stéphane Cambos, a été suspendu pour deux ans, dont un ferme.
Une enquête administrative menée par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) a notamment pointé une « préparation défaillante du séjour » et des « missions insuffisamment formalisées » au sein de l’encadrement. La Fédération française de rugby reconnaît ces dysfonctionnements, tout en les rattachant à la gouvernance précédente, et distingue ces éléments des responsabilités individuelles liées au drame.
Une famille toujours en attente
Pour la famille de Medhi Narjissi, cette convocation constitue une étape importante. « Cette convocation est une évolution favorable de la procédure que nous attendions », a déclaré à Sud Ouest Me Édouard Martial, avocat des proches, précisant que la famille reste « dans l’attente des éléments » qui seront apportés lors de cette audition.
Près de deux ans après les faits, les proches continuent d’attendre des réponses. Sur les réseaux sociaux, certaines prises de parole dénoncent un manque de reconnaissance et évoquent une « attente interminable » face à l’absence de conclusions judiciaires définitives.
La convocation du 24 avril 2026 apparaît désormais comme un moment clé de la procédure. Elle pourrait permettre de faire émerger de nouveaux éléments dans ce dossier sensible, où se mêlent responsabilités institutionnelles et individuelles. Reste désormais à savoir si cette audition marquera un tournant dans l’enquête et permettra d’apporter les réponses attendues par la famille de Medhi Narjissi.














