Le Parti socialiste et LFI ont déjà annoncé des alliances au second tour des municipales dans certaines villes où ils sont distancés, comme à Toulouse et Besançon.
Des frères ennemis… mais pas partout. Des candidats LFI et du Parti socialiste ont déjà annoncé des rapprochements pour le second tour des municipales 2026, dimanche 22 mars. Si le patron du PS a répété exclure « tout accord national » entre les deux partis, Pierre Jouvet n’a pas rejeté des rapprochements dans certaines villes — comme il y en avait déjà pour le premier tour. « Il n’est pas question de laisser des villes à la droite ou à l’extrême droite, parce qu’il n’y aurait pas de discussion locale », a-t-il argué sur TF1 ce lundi.
Les deux anciens alliés ont vu leur relation s’étioler davantage après que la campagne électorale a été touchée de plein fouet par le meurtre du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon le 13 février.
Allié du PS, Raphaël Glucksmann a prévenu qu’aucun candidat de son parti Place publique ne figurera aux côtés d’Insoumis sur des listes de gauche au second tour.
Toulouse
Les candidats LFI et PS-Ecologistes aux municipales de Toulouse (Haute-Garonne) ont annoncé ce lundi matin une « liste commune » en vue du second tour afin de détrôner le maire sortant DVD Jean-Luc Moudenc, arrivé en tête dimanche soir.
Lors d’une conférence de presse en présence de membres des deux listes, le député LFI François Piquemal, arrivé en deuxième position avec 27,5 % des suffrages, a fait part d’une « liste commune en capacité d’ouvrir une nouvelle ère à Toulouse », ainsi qu’un « accord de gouvernance » selon lequel il serait lui-même candidat à la mairie tandis que le candidat PS-Ecologistes François Briançon, arrivé en 3e position (25 %), serait à la métropole toulousaine.
Besançon
Soutenue par le PS et le PCF, la maire sortante écologiste de Besançon (Doubs), Anne Vignot, est largement distancée par le candidat LR Ludovic Fagaut à l’issue du premier tour. Elle indique ce lundi s’allier à LFI pour « battre la droite ».
Anne Vignot a obtenu 33,37 % des voix, derrière Ludovic Fagaut (40,13 %), soutenu par le MoDem, de Laurent Croizier. Elle rallie donc pour le second tour avec la candidate LFI Séverine Véziès qui a obtenu 10,90 % des suffrages.
« Les listes Besançon, vivante, juste et humaine et Faire mieux pour Besançon ont décidé de s’unir pour le second tour afin de battre la droite LR et macroniste de Messieurs Fagaut et Croizier. »
Les candidats du Rassemblement national (RN), Jacques Ricciardetti (8 %), et d’Horizon-Renaissance, Éric Delabrousse (5,67 %), ne sont pas qualifiés pour le deuxième tour, mais leurs listes sont en mesure de fusionner avec celles ayant passé la barre des 10 %.
Avignon
Le Parti socialiste et LFI ont annoncé à la mi-journée la fusion de leurs listes à Avignon. Le PS (19,89 %) et les Insoumis (19,03 %) sont en mauvaise position, respectivement en 3e et 4e positions derrière la liste divers droite (27,04 %) arrivée en tête et secondée par la liste RN (25,52 %).
Des « discussions » à Lille et Nantes
Selon nos informations, un accord est sur le point d’être conclu à Lille, entre LFI et les Écologistes. Arnaud Deslandes (Union de la gauche) est arrivé en tête avec 26,26 % des voix, devant Lahouaria Addouche (LFI) et Stéphane Baly (Écologistes). « On travaille à trouver un accord respectueux du résultat des urnes », a déclaré à l’AFP l’équipe de M. Baly. « Il faut laisser du temps à la discussion », a-t-elle ajouté, tout en tablant sur un accord d’ici « ce soir » pour permettre de préparer le second tour.
Des discussions entre Johanna Rolland, maire PS sortante, et les Insoumis sont aussi engagées à Nantes, a affirmé lundi matin la tête de liste LFI, William Aucant, dans une lettre ouverte publiée sur X.
Face au risque de voir le candidat de droite s’imposer dans le bastion socialiste nantais, « la responsabilité historique des forces de gauche, et uniquement de gauche, est de construire un front antifasciste clair », écrit le candidat.
À la tête d’une liste d’union de la gauche, hors LFI, Johanna Rolland a récolté dimanche soir 35,24 % des voix, talonnée par Foulques Chombart de Lauwe, candidat Les Républicains (33,77 %), meneur d’une alliance entre LR, le camp présidentiel, le MoDem et Horizons. La liste LFI s’est qualifiée au second tour en emportant 11,20 % des suffrages.
Dans sa lettre ouverte, William Aucant conditionne un rapprochement avec Johanna Rolland au refus de celle-ci de « tout accord » avec la liste divers centre de Mounir Belhamiti, ex-député Renaissance opposé à l’alliance avec Foulques Chombart de Lauwe et qui a depuis quitté le parti. Il a récolté dimanche 8,12 % des voix.
À Lyon également, la candidate mélenchoniste espère une fusion avec la liste de l’écologiste sortant Grégory Doucet pour contrer l’ancien patron de l’OL, Jean-Michel Aulas.
À Marseille et Paris, c’est non
À Marseille (Bouches-du-Rhône) en revanche, la configuration sera différente. Pierre Jouvet a demandé « solennellement » ce lundi à l’Insoumis Sébastien Delogu (4e du scrutin) comme à la LR Martine Vassal (3e) « de se retirer » dans la ville des Bouches-du-Rhône.
Le candidat de la gauche Benoît Payan, au coude-à-coude avec Franck Allisio (RN), a affirmé dimanche qu’il n’était « pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit ». Une position jugée « irresponsable » par Sébastien Delogu, lui aussi qualifié, qui plaide pour un « front antifasciste ».
Même ambiance à Paris. Emmanuel Grégoire, net vainqueur du premier tour (37,98), refuse de s’unir à l’Insoumise Sophia Chikirou (11,72 %). Faute de fusion, la députée LFI se maintiendra, a-t-elle assuré.
Les décisions de Benoît Payan et d’Emmanuel Grégoire, « je les trouve risquées parce que si tout le monde va au bout de ce qu’il dit (…) et que ça ne marche pas, à la fin, ça a un coût pour les habitants de ces villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écologistes », a regretté Marine Tondelier ce lundi sur franceinfo.
La cheffe des écologistes a cependant déploré que les deux candidats LFI Sophia Chikirou et Sébastien Delogu aient rendu les choses difficiles en faisant pendant la campagne des candidats socialistes soutenus par les écologistes « leur principal ennemi ».


















