François Piquemal va-t-il de nouveau affronter Jean-Luc Moudenc dans les prochains mois ? L’Insoumis, à la tête d’une liste d’union de la gauche, a perdu face au maire sortant DVD de Toulouse (Haute-Garonne) lors du second tour des élections municipales du dimanche 22 mars. Au lendemain de l’installation du Conseil municipal, il annonce ce samedi 28 mars que ses avocats ont déposé un recours devant le tribunal administratif pour faire annuler le scrutin.
Car le candidat Insoumis a été la cible, pendant la campagne électorale, d’une ingérence numérique venant de l’étranger, révélait Le Monde six jours avant le premier tour du scrutin.
« Un ensemble de sites et de faux comptes sur les réseaux sociaux attaquent des candidats insoumis aux municipales. Une opération complexe et bien financée dont les commanditaires ne sont pas encore identifiés », résumait le quotidien. En plus de François Piquemal à Toulouse, Sébastien Delogu à Marseille et David Guiraud à Roubaix ont également été visés.
« Nous déposons un recours pour faire la lumière sur la manière dont celles-ci ont altéré le scrutin », explique le député de Haute-Garonne sur X ce samedi.
Ingérences étrangères pour nuire à notre campagne à Toulouse:
Nous déposons un recours pour faire la lumière sur la manière dont celles ci ont altéré le scrutin.
Le communiqué de nos avocats⤵️ pic.twitter.com/ObnBTviTcb
— François Piquemal (@FraPiquemal) March 28, 2026
« Si ces ingérences ont été pointées par les autorités et relayées par la presse, leur impact réel n’est à ce jour pas précisément connu, l’enquête se poursuivant. Surtout, la dénonciation de ce phénomène n’a pas connu la couverture médiatique à la hauteur de l’enjeu : celui de la protection de notre système démocratique », écrivent dans un communiqué relayé par le parlementaire ses avocats Marion Ogier, Clara Gandin, Lionel Crusoé et Xavier Sauvignet.
« Faire toute la lumière sur ce sujet d’intérêt général »
« C’est la raison pour laquelle Monsieur Piquemal (…) nous a mandatés porter un recours devant le tribunal administratif contre les élections qui se sont déroulées à Toulouse, dans la perspective non seulement d’en demander l’annulation à ce titre mais aussi de faire toute la lumière sur ce sujet d’intérêt général », poursuivent-ils.
Car l’ingérence numérique venant de l’étranger est l’une des principales menaces identifiées par les autorités à un an de l’élection présidentielle de 2027.
Emmanuel Macron avait ainsi assuré lors de ses vœux aux Français pour 2026 qu’il ferait tout pour que la course à l’Élysée se déroule « à l’abri de toute ingérence étrangère ». Début février, le président de la République annonçait également un renforcement de Viginum, le service chargé de la lutte contre les déstabilisations en ligne.
Les ingérences numériques étrangères, les tentatives de manipulation de l’opinion sur les réseaux sociaux et les actions de piratage se sont multipliées ces dernières années dans la plupart des campagnes électorales en France.
À Toulouse, Jean-Luc Moudenc a été élu face à François Piquemal avec 13 227 voix d’avance dimanche 22 mars, le maire sortant recueillant 53,87 % des suffrages. L’Insoumis menait alors une liste d’union de la gauche, après s’être allié au lendemain du premier tour avec le socialiste François Briançon.

















