L’association Miam’Up, basée à Toulouse, récupère les repas préparés mais finalement non consommés dans des restaurants collectifs pour les redistribuer à des associations d’aide alimentaire. Depuis sa création, elle affirme avoir sauvé plus de 43 tonnes de nourriture.
À la fin du service, certains repas préparés dans les cantines ne seront finalement pas consommés. Plutôt que de les jeter, l’association Miam’Up propose aux restaurants collectifs de les déclarer sur sa plateforme numérique. Des associations et des foyers peuvent ensuite les commander et les recevoir quelques heures plus tard.
Le système est aujourd’hui en place dans une soixantaine de restaurants, en Haute-Garonne, dans l’Hérault et le Rhône. Il s’agit de cantines scolaires, de restaurants d’entreprise, de traiteurs ou encore de structures médico-sociales. À l’autre bout de la chaîne, une vingtaine de structures associatives bénéficient des livraisons, parmi lesquelles les Restos du Cœur, la Croix-Rouge, le Secours Populaire et des foyers d’accueil.
Quelques heures entre la cantine et l’assiette
Le fonctionnement repose sur un principe simple : faire correspondre rapidement ce qui reste dans les cuisines avec les besoins des associations. Chaque jour, les équipes de restauration identifient les excédents à la fin du service, généralement entre 13h30 et 14 heures. Elles renseignent ensuite les informations nécessaires sur la plateforme : date de fabrication, date limite de consommation (DLC), allergènes… Les associations passent commande selon leurs besoins.
Miam’Up vient ensuite récupérer les repas et organise les livraisons. « Nos collectes ont lieu entre 13h30 et 18h en flux tendu : nous ne stockons rien dans nos locaux », précise Margaux Zekri, fondatrice de l’association.
Cette organisation permet notamment de récupérer même des repas dont la date limite de consommation est le jour même. Ils sont alors souvent consommés le soir, notamment dans les foyers d’accueil. Lorsque la DLC est plus éloignée, les associations peuvent conserver les repas au frais et les distribuer le lendemain ou le surlendemain.
Une organisation pensée pour éviter un autre gaspillage
La sécurité sanitaire occupe une place importante dans l’organisation. Pour les produits frais, les températures sont relevées lors de la collecte afin de contrôler le respect de la chaîne du froid. « Il y a une chaîne de responsabilités : lorsque nous récupérons les plats chez le restaurateur, nous devenons responsables du transport ; une fois livrés, la responsabilité bascule sur l’association qui accepte le don », détaille Margaux Zekri.
Selon la fondatrice, la totalité des dons déclarés sur la plateforme est aujourd’hui commandée par les associations. Miam’Up affirme également avoir réussi à tout collecter et tout livrer, sans gaspillage lors de la redistribution. Entre la première collecte de l’association, à la rentrée 2024, et la fin de 2025, 43 tonnes de nourriture ont ainsi été sauvées. En moyenne, l’association collecte actuellement entre 50 et 100 kilogrammes d’aliments par jour.
Miam’Up, une idée née de l’aide alimentaire
Pour Margaux Zekri, le projet est d’abord né d’une réflexion sur la solidarité alimentaire. Après un apprentissage de deux ans chez Suez Environnement, où elle découvre le monde des déchets et de leur traitement, Margaux Zekri s’oriente vers l’économie sociale et solidaire. Dans une association, elle a participé à la création d’une cantine solidaire utilisant des invendus.
Elle devient ensuite bénévole aux Restos du Cœur. Et c’est lors d’une distribution de paniers solidaires qu’un déclic intervient. Elle se demande comment compléter l’aide alimentaire avec des repas de meilleure qualité et plus diversifiés. La restauration collective devient ensuite le moyen d’y parvenir.
« Au départ, l’objectif était vraiment la solidarité alimentaire : réfléchir à la façon de rendre l’alimentation plus digne et donner accès à des repas plus sains aux personnes qui en ont besoin », raconte-t-elle. La lutte contre le gaspillage alimentaire est une conséquence bienvenue.
Avant de démarcher les collectivités et les associations, Margaux Zekri travaille avec deux développeurs informatiques pour concevoir une plateforme adaptée aux contraintes du secteur. Elle mène des enquêtes auprès des futurs partenaires et étudie les règles applicables aux dons alimentaires.
De nouvelles implantations à venir
La première collecte reste un souvenir particulier. Elle avait été organisée dans des écoles de Portet, avec la mairie de Portet, pour approvisionner l’épicerie solidaire du Secours Populaire à Portet-sur-Garonne. Margaux Zekri était seule dans sa petite Citroën C-Zero pour réaliser quatre collectes prévues.
« J’ai pris énormément de retard parce que, à chaque collecte, je passais du temps à discuter avec les cantinières pour comprendre leurs contraintes », se souvient-elle. Les bénévoles du Secours Populaire attendaient et avaient fini par lui lancer : « Il va falloir s’activer un peu ! »
Aujourd’hui, l’association a changé d’échelle. Miam’Up compte huit salariés permanents et cherche à reproduire son modèle dans dix métropoles d’ici 2029. Des implantations sont notamment prévues en région parisienne, puis à Marseille, Strasbourg, Lille et Rennes.
Mais chaque nouvelle antenne nécessite de recruter, de trouver des locaux et de financer le démarrage. Le modèle repose sur une activité en partie payante pour les restaurateurs, des subventions publiques et des financements privés. Les associations bénéficiaires, elles, accèdent gratuitement aux repas redistribués.
















