Dans le Conflent, le prix de l’eau potable atteint 2,74 euros le mètre cube, au-dessus de la moyenne des autres territoires des Pyrénées-Orientales. Un rapport de la Chambre régionale des comptes pointe aussi les pertes du réseau, son vieillissement et plusieurs alertes concernant la qualité de l’eau.
Dans le Conflent, l’eau potable coûte plus cher que la moyenne des Pyrénées-Orientales. En 2025, le mètre cube atteignait 2,74 euros, soit 42 centimes de plus que le niveau départemental. Ce tarif intervient alors que le réseau du SIVU (Syndicat à vocation unique) du Conflent, organisme qui assure l’exercice des compétences eau potable et assainissement collectif sur l’ensemble du territoire, reste marqué par d’importantes pertes et que plusieurs secteurs ont connu des problèmes de qualité de l’eau. La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a examiné la gestion du syndicat depuis 2019 et celle de son délégataire jusqu’en 2025, après s’être intéressée en juillet dernier au réseau de la communauté de communes des Aspres.
Le SIVU dessert 19 communes, mais avec deux modes de gestion : huit sont exploitées en régie et onze par délégation de service public. Cette organisation entraîne notamment des différences de tarifs entre les habitants de 8% en moyenne. « En 2026, la facture type basée sur une consommation de 120 m3 était ainsi de 569 € (4,74 €/m3) pour l’usager de la régie et de 614 € (5,11 €/m3) pour celui de la DSP », précise le rapport de la Chambre. Ce dernier relève que, pour l’heure, aucune trajectoire de convergence n’a été définie.
Un réseau qui perd encore beaucoup d’eau
L’état des canalisations constitue l’un des principaux enjeux. En 2024, le rendement du réseau s’établissait à 62%. Près de quatre litres sur dix étaient donc perdus avant d’arriver aux usagers, contre un rendement moyen national de 82,4%. La Chambre constate ainsi que « le rendement du réseau ancien et vétuste est faible ».
Le rattrapage nécessiterait plusieurs millions d’euros. Selon le rythme choisi, le renouvellement des canalisations représenterait entre 500 000 euros et 1,4 million d’euros par an. Les conduites âgées de plus de 40 ans constituant à elles-seules un besoin estimé à 36 millions d’euros, dont 18,5 millions pour celles âgées de 66 ans et plus.
Le SIVU a déjà investi dans la modernisation de ses équipements, notamment avec la nouvelle usine d’En Gorner. La Chambre estime toutefois qu’il dispose de marges pour accélérer les travaux, grâce notamment à ses réserves et au recours à l’emprunt.
Des alertes sur la qualité de l’eau dans le Conflent
Le réseau n’est pas le seul point de vigilance. Entre 2019 et 2025, les analyses de l’Agence régionale de santé ont relevé 59 dépassements des limites de qualité. Turbidité, Escherichia coli, entérocoques et sous-produits de désinfection figurent parmi les anomalies recensées dans l’eau potable. Le secteur d’En Gorner, qui alimente environ 9 000 personnes, a notamment été concerné. La nouvelle installation de traitement mise en service en 2024 a permis de corriger les dépassements liés à la turbidité. Des épisodes avaient toutefois nécessité des distributions d’eau en bouteille à Ria, Prades, Marquixanes et dans un hameau de Valmanya. D’autres alertes ont été plus longues. En 2025, un dépassement concernant les chlorates a ainsi duré 200 jours dans le secteur de la Castellane et de l’hôtel Thermal de Molitg-les-Bains, sans distribution d’eau embouteillée.
Enfin, le SIVU doit compléter son diagnostic sur certaines anciennes canalisations en PVC, notamment à Campôme. La Chambre demande également une actualisation du suivi sanitaire du réseau, alors que le syndicat devra se conformer à de nouvelles obligations à partir de 2027. Recommandation qui sera suivie des faits comme le précise Aude Vives, présidente du SIVU du Conflent : « [Nous sommes] dans l’attente d’un devis d’un prestataire pour actualiser et compléter le PGSSE (Plan de Gestion de la Sécurité Sanitaire des Eaux) existant de manière à répondre aux dispositions du Code de la Santé Publique. »
















