À Toulouse, la gauche rêve de ravir la ville au maire sortant Jean-Luc Moudenc, soutenu par la droite et qui fait figure de favori. La bascule ne pourra se faire que si l’opposition arrive à s’unir. Réponse les 15 et 22 mars prochains.
Toulouse, la ville de gauche, a toujours eu (ou presque) un maire de droite. C’est le paradoxe de la ville rose avec ses 512.000 habitants et sa croissance folle (6.000 habitants en plus chaque année) et qui est en passe de devenir la troisième ville de France. Une ville, où l’élection semblait jouée, mais où la campagne s’avère plus serrée et passionnante que prévu.
Jean-Luc Moudenc, le maire sortant, brigue un quatrième mandat avec le statut de favori. Il a dirigé la ville entre 2004 et 2008 à la suite de Philippe Douste-Blazy puis à partir de 2014. Un maire sortant sans étiquette, mais fermement ancré à droite, même s’il a quitté les Républicains dès 2022. Sa campagne 2026 aussi est bien ancrée à droite avec en mot d’ordre : la sécurité.
« La sécurité est la première des priorités depuis 2014 et elle le restera après 2026« , martèle le maire sortant. Il propose donc « une caméra » par rue, le renforcement de la police municipale dont les effectifs ont déjà plus que doublé (165 agents en 2014 contre 390 en 2026).
La peur du RN au second tour
Si beaucoup pensent que la ville de Toulouse se gagne au centre, le coup de barre à droite de Jean-Luc Moudenc s’explique facilement. La montée du RN inquiète le sortant. Si Julien Leornardelli (candidat Rassemblement national et patron du parti en Haute-Garonne) arrive à franchir la barre des 10% au premier tour et se qualifie pour le second, la victoire du maire sortant semble vraiment compromise. Alors Jean-Luc Moudenc parle donc plus à sa droite. Quitte à se couper du centre, ce que déplore une partie de son équipe et de ses soutiens historiques.
François Briançon, le candidat PS de la gauche unie, fait, lui aussi, la même analyse que Jean-Luc Moudenc. La ville de Toulouse se gagne au centre. Il capitalise sur son union de la gauche, se satisfait du ralliement des écologistes à qui il a promis la métropole. Mais pas plus. Pas question d’aller sur les plates-bandes de LFI. La Nupes est bien loin. Il évite le plus possible de parler de François Piquemal, le candidat de la France insoumise, dont il salue toutefois (et depuis longtemps) le travail autour du mal-logement.
L’union de la gauche ou pas : la clé du second tour
Pas question de dire s’il fera l’union avec sa liste. Et pourtant, le RN et Jean-Luc Moudenc mettent la pression sur le candidat PS, le sommant de dire s’il fusionnera ou pas. Mais le candidat PS dit ne pas ressentir cette pression. François Briançon refuse toujours de donner sa position, et assure que son objectif est d’arriver au Capitole avec l’ensemble de ses colistiers.
« Moi, on ne me parle pas de ce sujet. Sur le marché de Bellefontaine par exemple, personne ne m’a parlé du second tour. La préoccupation des gens, c’est le pouvoir d’achat, c’est l’insécurité, c’est les transports, c’est la difficulté de se loger, c’est comment on va se soigner. C’est ça les questions importantes. Ce n’est pas savoir ce que je vais faire au second tour. »
François Piquemal, le candidat insoumis, n’a lui, jamais caché son souhait d’une alliance. Même si poussé par son parti, il n’a jamais voulu négocier la tête de liste pour une alliance au premier tour en arguant des 37 % de Jean-Luc Mélenchon dans la ville rose lors de la présidentielle de 2027.
« On a demandé l’union de la gauche dès le premier tour. Le Parti socialiste l’a refusée. C’est pourtant le seul chemin pour battre la droite de Jean-Luc Moudenc. Bien sûr, il y a des garanties programmatiques, il y a une répartition proportionnelle qui se fera. C’est somme toute assez classique. Mais nous, on l’a dit, quel que soit le score des uns et des autres, il faut faire l’union. »
En attendant les discussions de second tour, qui s’annoncent donc savoureuses, les candidats examinent les sondages qui donnent tous le même trio dans l’ordre au premier tour : Moudenc, Briançon et Piquemal.
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