Aujourd’hui, et depuis des siècles, plusieurs femmes de renom ont profondément marqué l’Histoire de l’Occitanie. Pour la Journée internationale des droits de la femme, ce dimanche 8 mars, le Journal Toulousain présente huit artistes, religieuses ou figures populaires qui font la fierté de la région.
Bernadette Soubirous
Depuis le milieu du XIXe siècle, Bernadette Soubirous est indissociable de l’un des sites les plus visités d’Occitanie. Née à Lourdes, en 1844, elle aurait été témoin de 18 apparitions mariales, à l’hiver de ses 14 ans, dans la grotte de Massabielle. Après avoir observé ces phénomènes qu’elle peinait à décrire, la jeune fille a décidé de creuser le sol et une source a été découverte. C’est de cette dernière qu’a jailli l’eau miraculeuse du sanctuaire, qui accueille plus de six millions de touristes et fidèles par an. Devenue religieuse, une pneumonie l’a emportée à l’âge de 35 ans. Près d’un demi-siècle après son décès, elle a été canonisée au Vatican par le pape Pie XI.
Madeleine Brès
Fille de charron, Madeleine Brès est native du Gard, de Bouillargues plus précisément, et a grandement influé sur l’Histoire de la puériculture. En 1875, elle démontre que le lait maternel ne possède pas la même composition, selon la période qui sépare la mère de la date d’accouchement, et voit ses qualités nutritives se transformer en réponse aux besoins de l’enfant. Cette thèse lui permet de devenir la première femme médecin de France. Avant cela, elle était déjà la première étudiante en médecine de l’Histoire de l’Hexagone. Récompensée de plusieurs médailles de la faculté de Paris, elle a dédié une majorité de sa carrière à l’étude des crèches et des nourrissons.
Olympe de Gouges
Figure majeure de la Révolution française, Olympe de Gouges, de son vrai nom Marie Gouze, est née le 7 mai 1748 à Montauban. Militante antiraciste, anticolonialiste, anti-esclavagiste et féministe reconnue à son époque, sa mémoire et son œuvre ont été une source d’inspiration considérable au fil des siècles suivants. Son impact dans l’Histoire de France est particulièrement notable, puisqu’elle est la rédactrice de la “Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne”. Il s’agit du premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes. Opposée aux méthodes de Robespierre, elle a été guillotinée sur l’actuelle place de la Concorde en 1793, à 45 ans, durant la Terreur.
Élisa Lemonnier
Née en 1805, Élisa Lemonnier est considérée comme une pionnière de l’éducation féminine, en France. Originaire du Tarn, elle grandit avec la soif d’apprendre et une formidable curiosité. À l’âge de 51 ans, elle décide de créer la Société de protection maternelle, qui devient celle de l’enseignement professionnel des femmes en 1862. Cette structure cherche à instruire le plus de jeunes filles possible, en ciblant tout particulièrement celles issues de milieux modestes et ne bénéficiant pas d’accès à l’éducation. Après plusieurs années de lutte, la Sorèzoise obtient un soutien politique et financier important de la part de plusieurs entreprises et personnalités de l’époque et finit par créer plusieurs écoles.
Madame Sorgue
Elle s’est battue pour ses droits et ceux de toutes les femmes. À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, Antoinette Durand s’est fait appeler Madame Sorgue, sûrement en rapport avec la rivière éponyme de l’Aveyron. Lors de sa jeunesse, elle participe à la création de nombreux groupes politiques locaux. En 1905, au Congrès du Globe, elle participe à l’assemblée parisienne qui donne naissance au SFIO, l’ancêtre de l’actuel Parti Socialiste. Syndicaliste infatigable, elle se rend aux quatre coins de l’Europe pour défendre les droits des travailleurs et travailleuses. Surnommée « la femme la plus dangereuse d’Europe » durant un temps, elle était une pionnière du combat pour le droit de vote des femmes.
Marie-Rose Gineste
Femme de foi, Marie-Rose Gineste est une figure de la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette Tarn-et-Garonnaise, issue d’un milieu paysan, a été l’une des principales figures de la lutte contre l’occupant nazi et les rafles de Juifs, au début des années 1940. Elle distribue des journaux résistants dans la région de Montauban et fait la liaison entre divers groupes de la Résistance. Avec l’aide de l’évêque Pierre-Marie Théas, elle incite la population à ne pas dénoncer les populations discriminées et participe à la création de faux papiers pour aider ces derniers. Sur sa bicyclette, elle passait à quelques mètres du siège de la Gestapo locale, mettant sa vie en péril chaque jour.
Élisabeth Eidenbenz
Au siècle dernier, le travail d’Élisabeth Eidenbenz a permis de sauver la vie d’environ 600 enfants. Cette infirmière helvète s’est installée dans les Pyrénées-Orientales en 1939 pour créer une maternité destinée à aider les femmes espagnoles qui fuyaient le régime dictatorial de Franco. Lors de l’Occupation, elle va aussi aider des mères de la communauté juive et tzigane à accoucher dans les meilleures conditions possibles. Pour tromper la Gestapo, elle décide de falsifier les papiers de ses patientes, de peur qu’elles ne se fassent déporter. Héroïne de l’ombre pendant de nombreuses décennies, elle a acquis sa notoriété au début du XXIe siècle et le château d’en Bardou, qui accueillait sa maternité, a été transformé en un musée en son honneur.
Maria et Rosy Carita
Originaires de Toulouse, les sœurs Maria et Rosy Carita ont été des entrepreneuses précurseurs pour l’industrie de la beauté et de la mode. Parties d’Occitanie pour la capitale dans les années 1940, elles ouvrent le premier salon de coiffure entièrement féminin à Paris. Dès 1946, les deux Toulousaines acquièrent rapidement une belle notoriété. Elles deviennent les coiffeuses des stars de l’époque, comme Joséphine Baker, Jean Seberg ou Mireille Matthieu. Véritables pionnières dans le monde de la mode capillaire, des soins et des cosmétiques, les femmes d’affaires venues de Haute-Garonne vont faire de leur nom une référence. Aujourd’hui, la marque “Carita” est la propriété de la société L’Oréal, depuis 2014.





















