C’est ce qu’on appelle l’effet papillon. La guerre au Moyen-Orient a des conséquences directes sur la vie d’une famille de Beaupuy, près de Toulouse, partie en vacances au Vietnam. Les Scansani-Guiraud se retrouvent coincés à Hanoï, ce mardi 10 mars 2026, trois jours après la date prévue de leur retour en France. Lorsqu’ils ont quitté l’aéroport de Toulouse-Blagnac le samedi 21 février, sur un vol de la compagnie Qatar Airways, Florie, Julien et leurs deux garçons de 9 et 13 ans ne pouvaient pas se douter de ce qui les attendait. « Il était impossible de prévoir la situation actuelle, indique le couple de quadragénaires. Sinon, nous ne serions jamais partis. »
Une escale quasiment impossible à Doha
L’attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, le 28 février, a tout fait basculer. « Au début, nous avons cru que ça se calmerait mais à partir du mercredi (4 mars), nous avons commencé à échanger avec Qatar Airways et avec Booking. »
Comme le vol aller, le trajet retour du samedi 7 mars, finalement annulé, devait faire escale à Doha, au Qatar, énorme « hub » de l’aviation commerciale mondiale, au même titre que Dubaï. Or, les pays du Golfe sont ciblés depuis le début du conflit en cours par des missiles iraniens. Avec comme effet collatéral la réduction drastique du trafic aérien.
Dialogue de sourds
« Cela fait six jours que nous passons plusieurs heures au quotidien pour trouver des solutions avec Qatar Airways et Booking, et nous n’en avons pas », reprennent Florie et Julien. « Le premier jour, la compagnie aérienne proposait deux solutions : soit le remboursement – elle faisait le forcing pour qu’on choisisse cette option — soit un retour sur un autre vol. »
Maintenant, c’est terminé, nous n’avons même plus de numéro de dossier, qui a été clôturé, et la compagnie est injoignable. On les appelle 20 fois par jour, et chaque fois on se fait raccrocher au nez en disant que le numéro est occupé ! Alors que la plateforme Booking renvoie sur Qatar Airways !
Des vols retour aussi rares qu’hors de prix
Quant à l’ambassade de France à Hanoï, « elle ne fera rien car nous ne sommes pas dans un pays en guerre », assure le couple. « Et, pour la même raison, les assurances ne fonctionnent pas. »
À quatre reprises, la famille a cru trouver un vol retour. À chaque fois, l’espoir a été cruellement déçu, la dernière ce lundi après avoir déboursé 8 000 euros pour un trajet Hanoï-Barcelone via Shenzhen sur Air China, prévu mardi soir au départ du Vietnam et finalement annulé. Car le chemin le plus sûr pour revenir en France passe au-dessus de l’océan Pacifique, du continent américain et de l’Atlantique.
Un trajet plus long, et donc plus cher que le vol original avec escale à Doha. « Le dernier vol que nous pensions prendre durait 19 heures, alors que tous les autres que nous avons vus durent entre 30 et 50 heures, pour un coût total de 13 000 euros au minimum », détaillent Florie et Julien. « Initialement, le vol retour devait nous coûter 1 800 euros. »
Télétravail et congé sans solde
En attendant de pouvoir retrouver Beaupuy, la famille séjourne en banlieue de Hanoï dans un appartement hôtel à 55 euros la nuit. Elle y a retrouvé un couple de Toulousains, plus précisément originaire de Tournefeuille, dans la même galère.
C’est dans ce contexte, et avec six heures de décalage horaire par rapport à la France (il est 18 h au Vietnam quand il est midi en France) que Florie, responsable RH dans un cabinet d’experts-comptables, et Julien, responsable d’activité dans le BTP, ont jonglé ce lundi entre télétravail et congé sans solde.
Des enfants « très perturbés »
« Il faut aussi gérer les enfants qui sont très perturbés, car on n’a aucune visibilité sur l’avenir, confient-ils. Le plus jeune a aussi besoin d’un traitement médical. On a dû aller à l’hôpital français de Hanoï pour chercher des médicaments, ce qui nous a coûté 200 euros. »
Les deux garçons, qui auraient dû faire leur rentrée ce lundi respectivement en CM1 et en 5e, ne savent pas encore quand ils retrouveront leurs copains. Leurs vacances au Vietnam resteront inoubliables, mais pour de très mauvaises raisons.
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