Partie passer quelques jours de vacances à Doha, au Qatar, une famille toulousaine se retrouve coincée depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Avec deux enfants de 10 et 13 ans, elle dénonce un « sentiment d’abandon » et réclame une aide concrète pour rentrer en France. Ils lancent un appel au gouvernement
« Nous avons vu des missiles et des antimissiles. Les fenêtres de l’hôtel tremblaient. C’était surréaliste », raconte cette mère de famille toulousaine coincée à Doha, au Qatar, depuis le début de l’attaque de l’Iran par les États-Unis. La famille y vit dans un hôtel pris en charge par les autorités qataries. « Nous sommes relativement en sécurité, mais il y a entre deux et trois alertes missiles par nuit. Les enfants ont peur, et nous aussi. »
« Nous, les Français, sommes restés là »
La famille a rapidement cherché une solution pour quitter le pays. Une option existe via l’Arabie saoudite : rejoindre la frontière en taxi, puis rallier Riyad, où des vols restent possibles. Mais le trajet est long et risqué, surtout avec des enfants. Le choc est venu en voyant que d’autres ressortissants étrangers étaient aidés par leurs ambassades. « L’Allemagne, le Pakistan, la Belgique ou le Canada ont affrété des bus pour emmener leurs citoyens jusqu’à Riyad. Nous, les Français, sommes restés là. »
« Nous avons l’impression d’être livrés à nous-mêmes »
Malgré son inscription sur la plateforme Fil d’Ariane et ses appels quotidiens au Quai d’Orsay et à l’ambassade de France, la famille n’a obtenu aucune solution concrète. « On nous dit que nous pouvons partir, mais rien n’est organisé. Nous avons l’impression d’être livrés à nous-mêmes. » Face à cette situation, ils ont décidé de tenter leur chance par leurs propres moyens. « Si on reste au Qatar, on sait que la France ne nous aidera pas », déplore-t-elle.
« Nous ne demandons pas de traitement de faveur, juste un moyen sûr de rentrer. Nous sommes des familles avec des enfants, pas des chiffres », insiste la Toulousaine. La famille se prépare désormais à rejoindre la frontière saoudienne pour tenter de prendre un vol vers la France. « Nous partons avec la peur au ventre, mais nous devons agir. Attendre ici, c’est prendre le risque de ne jamais pouvoir partir. »
Ce que dit le Quai d’Orsay
Le ministère des Affaires étrangères rappelle que « toutes les mesures sont prises pour assister les Français à l’étranger ». Il recommande aux citoyens de s’inscrire sur la plateforme Fil d’Ariane et de suivre les consignes de sécurité. Les évacuations organisées restent limitées en raison de la situation sécuritaire et de la fermeture de nombreux espaces aériens.

















