Cette histoire en lien avec un trafic de stupéfiants est digne d’une série télé. Une personne séquestrée qui est libérée après avoir alerté les forces de l’ordre à l’aide du téléphone d’un des ravisseurs… endormi ! Tout commence le jeudi 5 mars, en fin d’après-midi, à Toulouse (Haute-Garonne), lorsqu’un individu est enlevé et séquestré dans un appartement de la Ville rose, où il est « violenté par plusieurs protagonistes majeurs et mineurs », selon les mots du procureur de la République de Toulouse et du commandant de la section de recherches de la gendarmerie nationale de Toulouse dans un communiqué commun.
« Une arme à feu de type AK-47 »
Par la suite, l’homme est logoté et transféré vers un second logement dans la commune de Caussade (Tarn-et-Garonne). C’est là que, dans la nuit, à 4h45 du matin exactement, il parvient à contacter la gendarmerie grâce au téléphone d’un des ravisseurs qui s’était assoupi. Il décrit, lors de l’échange avec les forces de l’ordre, le véhicule dans lequel il a été transporté et précise que l’individu qui le garde possède « une arme à feu de type AK-47 », un fusil d’assaut.
Après vérification par la brigade de Caussade de la présence du véhicule décrit par la victime, « un dispositif de bouclage était immédiatement mis en place qui, à 6h30, permettait aux militaires du PSIG de Montauban d’interpeller le ravisseur qui sortait du logement, dissimulant un AK-47 sous son manteau, tandis que la victime le suivait, menottée », indique le communiqué.
La suite de l’intervention a été menée par la section de recherches de Toulouse qui, saisie, a identifié le premier lieu de séquestration à Toulouse. « Un dispositif d’observation et d’intervention a été engagé́ avec l’appui de l’Antenne GIGN et du Groupe d’Observation et de Surveillance de Toulouse », ce qui conduit à l’interpellation de quatre autres individus, « dont un mineur de 17 ans, porteur d’un revolver approvisionné », précisent les autorités. Un sixième individu âgé de 16 ans, qui a participé à la séquestration et auteur de violences, a également été interpellé le vendredi soir et placé en garde à vue.
« Plusieurs vidéos des violences exercées sur la victime étaient retrouvées sur les téléphones portables saisis et sur des échanges de messageries cryptées. Les faits étaient reconnus par les différents protagonistes et correspondent à un projet de séquestration dirigé par un majeur et un mineur de 17 ans, destiné à permettre la reprise d’un trafic de stupéfiant auquel participait antérieurement la victime », ajoute le communiqué.
Des mineurs impliqués
Cinq des six personnes interpellés ont été présentées à un juge d’instruction ce lundi 9 mars dans le cadre d’une ouverture d’information judiciaire pour participation en bande organisée à une association de malfaiteurs « en vue de la préparation d’un crime, détention de stupéfiants, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire en bande organisée, diffusion de l’enregistrement d’images relatives à des violences, violences aggravées par trois circonstances suivies d’ITT n’excédant pas 8 jours, détention et transport d’arme et munition de guerre (catégorie A) et de catégorie B et C ».
Deux des trois personnes majeures, mises en examen, ont été placées en détention provisoire. Le mineur de 17 ans, soupçonné d’être le co-initiateur du projet, a, lui, été incarcéré dans l’attente d’un débat sur sa détention provisoire requise par le parquet. Un mineur, dont le rôle serait moindre, a été placé sous contrôle judiciaire. Un sixième individu a été libéré car mis hors de cause à ce stade.
Le procureur de la République et le commandant de la section de recherches de la gendarmerie nationale de Toulouse dans un communiqué commun se félicitent que « la réactivité des unités de gendarmerie aussi bien dans les interpellations que dans les investigations a très certainement permis de mettre un terme à une activité criminelle soutenue de certains des protagonistes sur l’ensemble de la région Midi-Pyrénées ».




















