Ils ont connu sept présidents de la République et l’arrivée de l’euro. Élus dans les années 70, ces cinq maires d’Occitanie n’ont jamais quitté leur écharpe. Portrait de ces « records » de longévité qui briguent, pour certains, un nouveau mandat aux élections municipales ce dimanche 15 mars.
À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, certains maires d’Occitanie affichent une longévité rare. Il y en a qui cumulent plus d’un demi-siècle à la tête de leur commune.
Ces élus ont traversé des bouleversements majeurs. De l’arrivée de l’informatique en mairie à la fin du Minitel, ils ont dû s’adapter sans cesse. Ils ont vécu les lois de décentralisation, la création des intercommunalités, ou encore l’arrivée de l’euro. Voici les cinq maires d’Occitanie au pouvoir depuis plus de cinquante ans.
Serge Bacave : l’irréductible de Saint-Benoît
🏅 Serge Bacave, maire de Saint-Benoît depuis 53 ans, a consacré neuf mandats à servir l’intérêt général et son village. Je lui ai remis la médaille de l’Assemblée nationale.
Comme au premier jour, il a à cœur de défendre, promouvoir et améliorer sa collectivité.
Toutes mes… pic.twitter.com/psa0ualbxr
— Julien Rancoule (@J_Rancoule) April 17, 2024
Serge Bacave gère les affaires de Saint-Benoît, dans l’Aude, depuis 1971. Élu à seulement 23 ans, il porte l’écharpe depuis 55 ans. Faute de successeur, cet agriculteur de 77 ans se représente pour un dixième mandat ce dimanche dans ce village d’une centaine d’habitants.
« La politique, j’ai fait comme Obélix, je suis tombé dedans », confiait-il à L’Indépendant. Problème, il n’avait pas encore l’âge requis pour être maire lorsqu’il a été élu. Le jeune homme a dû attendre ses 23 ans et trois mois pour être officiellement investi. Sa première secrétaire de mairie n’était autre que son ancienne institutrice.
L’élu regrette une époque où la gestion était plus simple. « On avait des ingénieurs qui nous épaulaient pour les dossiers. Maintenant, les gens ne répondent même plus au téléphone », explique-t-il. Son prochain mandat sera son dernier.
Jacques Gravegeal : une vie au service de sa Campagne
Dans l’Hérault, Jacques Gravegeal détient un record similaire. Maire de Campagne depuis 1971, il a également été élu à l’âge de 23 ans. Issu d’une famille de vignerons, il est à l’origine du label “IGP Pays d’Oc”.
Son entrée en politique a été marquée par un drame personnel. Quelques mois après son élection, il perd son père dans un accident. Jeune aîné de famille, il doit alors assumer de front ses responsabilités familiales et sa fonction de maire.
« Je gère la mairie comme une entreprise : quand on engage l’argent public, on n’a pas le droit à l’erreur », affirmait-il au Midi Libre. Motivé par l’envie d’être utile, il sollicite un dixième mandat auprès de ses 300 administrés.
Jean-Marie Aris : la fin d’une dynastie séculaire
Présente ce matin à Sainte-Léocadie pour inaugurer la salle des fêtes ✨️Un bel équipement pour la vie associative et festive du village 🏡Merci à Jean-Marie Aris pour ses 53 ans de mandat et Anne-Marie Marange, Secrétaire de Mairie pendant 40 ans à ses côtés👏#Cerdagne pic.twitter.com/8CR8VJVZHG— Lauriane JOSENDE (@LaurianeJosende) September 5, 2025
À Sainte-Léocadie, dans les Pyrénées-Orientales, l’élection de dimanche marquera un tournant historique. Jean-Marie Aris, maire depuis 1973, ne sera pas candidat. Ce sera la fin d’une lignée familiale qui occupait la mairie presque sans interruption depuis 1894.
Élu à 27 ans après le décès de son père, Jean-Marie Aris a cumulé sa fonction avec son métier de commerçant jusqu’aux années 2000. Il se consacre à plein temps à ce village perché à 1 300 mètres d’altitude depuis qu’il est à la retraite.
Le poids de l’administration a pesé dans sa décision de passer la main. « Aujourd’hui, pour être maire, il faut être à la retraite ou être très libre », confiait-il à France 3. Son fils ne prendra pas le relais, mettant un point final à plus de 130 ans de présence familiale à la mairie.
Chantal Rivière : la pionnière de Proupiary
Chantal Rivière est maire de Proupiary, en Haute-Garonne, depuis 1974. À 77 ans, elle dirige cette commune d’une soixantaine d’habitants depuis plus d’un demi-siècle. Toujours passionnée, elle a décidé de se représenter une nouvelle fois pour les élections municipales de mars 2026.
Pourtant, rien ne la prédestinait à un tel parcours. « Je travaillais à la rénovation de ma maison et le maire est venu me chercher pour intégrer le conseil municipal. J’ai dit oui, puis j’ai été élue maire », raconte-t-elle à nos confrères de France 3.
En 1975, elle célébrait son premier mariage sous les caméras de la télévision régionale. À l’époque, voir une femme jeune et mère de famille à la tête d’un village rural était un véritable phénomène. Malgré les doutes de certains au début, elle a su conserver la confiance de ses administrés durant neuf mandats.
Aymeri de Montesquiou : une fin de mandat assombrie par les tribunaux
À Marsan, dans le Gers, Aymeri de Montesquiou quitte son fauteuil après 50 ans de règne. Élu en 1976 à la mort de son père, ce descendant revendiqué de d’Artagnan a décidé de céder sa place. Il figure symboliquement en dernière position sur la liste menée par Pierre Eroldi.
L’élu de 83 ans quitte la scène locale alors qu’il affronte des turbulences judiciaires. Un procès pour fraude fiscale aggravée et blanchiment s’est tenu en février dernier. Une peine d’inéligibilité a été requise à son encontre, et le jugement définitif est attendu pour le mois de mai.
Aymeri de Montesquiou laisse derrière lui une carrière politique nationale dense, ayant été député, sénateur et député européen. Sa famille dirigeait le village de Marsan depuis 1953. Il estime aujourd’hui que son retrait est une décision de « bon sens » pour l’avenir de son fief gascon.
D’autres maires aux mandats très longs en Occitanie
Plusieurs autres élus de la région affichent également une longévité exceptionnelle. Parmi eux :
- Christian Delrieu, maire de Bétaille (Lot) depuis 1977 ;
- Max Brail, maire de Lastours (Aude) depuis 1977
- Gilles Dumas, maire de Fourques (Gard) depuis 1977 ;
- Pierrette Ménal, maire de Roques (Gers) depuis 1977.
Ils approchent eux aussi un demi-siècle à la tête de leur commune. Mais les trois derniers ne sont pas candidats pour un mandat de plus.

















