À quelques jours du premier tour des élections municipales, une polémique agite la campagne à Toulouse. Des révélations publiées par Médiacités le 9 mars évoquent des échanges de SMS attribués au maire sortant Jean-Luc Moudenc au sujet de la constitution de la liste menée à Toulouse par Arthur Cottrel, candidat du parti Reconquête.
À Toulouse, la campagne municipale s’annonce particulièrement serrée. Jean-Luc Moudenc affronte notamment François Briançon, soutenu par plusieurs formations de gauche. Un sondage Cluster17 réalisé du 4 au 6 mars place l’édile toulousain en tête des intentions de vote : il est crédité de 33 %, contre 30 % pour son principal adversaire. Dans ce contexte de compétition très ouverte à quelques jours du scrutin, une autre polémique s’est invitée dans le débat local : elle porte sur des SMS attribués au maire sortant évoquant la constitution de la liste Reconquête menée à Toulouse par Arthur Cottrel.
Des SMS évoqués dans une enquête de Médiacités
Dans un article publié le 9 mars, Médiacités évoque des échanges de SMS attribués au maire sortant. Selon ce média, ces messages concerneraient la constitution de la liste menée par Arthur Cottrel, candidat du parti Reconquête à Toulouse. À Toulouse, une liste municipale doit comporter 69 colistiers pour pouvoir être enregistrée officiellement. Dans les extraits cités par Médiacités, Jean-Luc Moudenc aurait notamment écrit : « Il faut aider cet Arthur à boucler sa liste », avant d’évoquer la possibilité de « trouver des colistiers anonymes ». Toujours selon le site d’investigation, ces échanges pourraient avoir pour effet indirect de multiplier les candidatures à l’extrême droite et d’en disperser l’électorat.
Comme le rappelle Médiacités, Jean-Luc Moudenc a rejeté ces accusations. Interpellé sur ce point lors d’un débat organisé par La Dépêche du Midi et Sud Radio le 6 mars, le maire sortant avait répondu à la question de savoir s’il avait contribué à la constitution de cette liste : « Bien évidemment pas », contestant ainsi l’interprétation faite de ces échanges.
Son porte-parole reconnaît l’existence de SMS
Dans un article publié le 10 mars, France 3 Régions a interrogé Pierre Esplugas-Labatut, porte-parole de campagne et colistier de Jean-Luc Moudenc. Celui-ci reconnaît l’existence d’échanges de messages tout en contestant leur portée politique. « J’admets l’existence d’un SMS adressé par Jean-Luc Moudenc à une personne aigrie anciennement impliquée dans la vie locale », explique-t-il.
Mais selon lui, ces messages ne constituent pas la preuve d’une aide concrète. « Cela ne prouve en aucun moment que cela a été fait, que Jean-Luc Moudenc ait aidé Arthur Cottrel à constituer cette liste », affirme encore Pierre Esplugas-Labatut. Le porte-parole évoque également la question de la dispersion des voix à droite, souvent analysée dans les stratégies électorales. « Objectivement, l’éparpillement des voix à droite, tout analyste politique de bas étage peut dire la même chose, c’est une évidence : bien sûr que nous sommes en faveur du principe de l’éparpillement des voix à droite, mais cela ne veut pas pour autant dire que nous avons aidé M. Cottrel à constituer sa liste, je le redis », conclut-il.
La gauche dénonce « une ligne rouge »
Ces révélations ont rapidement suscité des réactions dans le camp opposé. Dans un communiqué diffusé le 9 mars, la liste La Gauche Unie pour Toulouse, conduite par François Briançon, évoque des faits « d’une gravité exceptionnelle » si les informations publiées par Médiacités étaient confirmées. Le communiqué estime notamment que ces éléments pourraient traduire « une stratégie assumée de rapprochement avec l’extrême droite et de création de passerelles électorales ».
François Briançon affirme : « Aider l’extrême droite à se structurer, préparer des passerelles électorales et jouer avec les haines : c’est franchir une ligne rouge. Toulouse mérite mieux que des combines. » Le candidat demande au maire sortant de clarifier sa position : « Nous demandons à Jean-Luc Moudenc de s’expliquer : a-t-il aidé l’extrême droite de Zemmour à faire une liste ? »
À Toulouse, la campagne municipale entre désormais dans sa phase décisive. Entre sondages serrés, débats publics et polémiques médiatiques, les derniers jours avant le premier tour s’annoncent particulièrement animés. Reste à savoir si cette polémique aura un impact sur la dynamique électorale.




















