Diviser pour mieux régner. À Toulouse, le maire sortant Jean-Luc Moudenc est visé par une polémique d’ampleur dans la dernière ligne droite de sa campagne, alors qu’il tente de briguer un troisième mandat consécutif au Capitole. Selon des révélations de Médiacités le jeudi 5 mars, le candidat divers droite aurait échangé avec un ancien acteur de la droite toulousaine afin d’aider le candidat Reconquête ! Arthur Cottrel à faire valider sa candidature. Une manière de mettre des bâtons dans les roues de la tête de liste du Rassemblement national (RN) Julien Leonardelli en divisant les voix à l’extrême droite.
Le média d’investigation locale dévoile plusieurs SMS compromettants envoyés par Jean-Luc Moudenc à l’ex-politique anonyme le 19 janvier dernier. « Il faut aider cet Arthur à boucler sa liste », exhorte le maire. Tout en poursuivant : « Il faut lui trouver des colistiers anonymes ». Interrogé par Médiacités, l’interlocuteur confirme l’échange et pointe une « magouille politique ».
Retournement de veste
Dans un premier temps, Jean-Luc Moudenc a nié en bloc les accusations à son encontre lors d’un débat d’avant premier tour organisé par La Dépêche du Midi le 6 mars.
Par la suite, son porte-parole et colistier Pierre Esplugas-Labatut est revenu sur ses propos auprès de France 3 Occitanie, reconnaissant l’envoi de messages mais pas la volonté d’aider le candidat Reconquête !. « J’admets l’existence d’un SMS adressé par Jean-Luc Moudenc à une personne aigrie anciennement impliquée dans la vie locale », glisse-t-il. Avant d’ajouter : « Bien sûr que nous sommes en faveur du principe de l’éparpillement des voies à droite, mais cela ne veut pas pour autant dire que nous avons aidé M. Cottrel à constituer sa liste ». Il fustige également l’interlocuteur de Jean-Luc Moudenc, à l’origine du scandale, expliquant qu’il s’agit d’une personne proche du Rassemblement national (RN), qui « s’ennuie » et cherche à « exister ».
Les adversaires de Jean-Luc Moudenc n’ont pas manqué de dénoncer ses agissements. Le candidat de La Gauche Uni, François Briançon déplore une « stratégie assumée de rapprochement avec l’extrême droite », reprochant au maire d’être « plus intéressé par le pouvoir que par Toulouse ». De son côté, la tête de liste de La France Insoumise, François Piquemal évoque un « passe-plat de l’extrême droite et de ses idées », tandis que Luc Ripoll, figure du Parti communiste Français, signale une « magouille politicienne » et réclame des explications rapides, voire une démission si la tentative d’arrangement est avérée.


















