La carte des résultats du premier tour révèle une géographie électorale très marquée à Toulouse. Si Jean-Luc Moudenc arrive en tête dans la grande majorité des bureaux de vote, plusieurs secteurs du centre et des quartiers populaires placent François Piquemal en tête. Le PS, lui, apparaît nettement plus discret sur la carte.
Un océan bleu, traversé de quelques îlots rouges : la carte du premier tour des municipales à Toulouse met en lumière une domination territoriale nette de Jean-Luc Moudenc, face à des bastions bien identifiés de la gauche insoumise.
*Note : cliquez sur la flèche en haut à gauche de la carte pour afficher les résultats du premier tour de 2020 et comparer avec ceux de 2026.
Sur le document transmis par la mairie, la grande majorité du territoire communal apparaît en bleu. Le maire sortant arrive en tête dans la plupart des bureaux de vote de la ville. Une géographie déjà observée lors du premier tour de 2020, où Jean-Luc Moudenc dominait lui aussi la majorité des secteurs toulousains.
L’hypercentre et les quartiers populaires pour Piquemal
À l’inverse, les zones rouges, où François Piquemal arrive en tête, apparaissent plus concentrées. Elles se situent notamment dans l’hypercentre toulousain : autour du Capitole, de Saint-Cyprien, d’Arnaud-Bernard, de Saint-Aubin ou encore des Carmes. Ces quartiers accueillent une population plus jeune, souvent étudiante ou composée de jeunes actifs, et votent traditionnellement davantage pour la gauche dans les grandes villes, comme déjà lors du premier tour de 2020.
La liste portée par le député insoumis réalise également ses meilleurs scores dans plusieurs quartiers populaires du sud et du sud-ouest de Toulouse, comme le Mirail, Bellefontaine, la Reynerie, Bagatelle ou Empalot. Des secteurs où l’abstention est traditionnellement élevée, historiquement ancrés à gauche, où l’alliance écologiste Archipel citoyen était déjà arrivée en tête au premier tour en 2020. Dans ces quartiers, la gauche apparaît souvent majoritaire une fois ses différentes listes additionnées.
Avantage à Moudenc dans les quartiers résidentiels
À l’opposé, les quartiers résidentiels de la périphérie offrent un avantage net au maire sortant. À l’est, dans les secteurs de la Côte Pavée, de Guilheméry ou de Bonhoure, à l’ouest autour de Lardenne et de Saint-Martin-du-Touch, mais aussi au sud du côté de Rangueil, Pouvourville et Pech-David, ou encore au nord vers les Minimes et Borderouge, Jean-Luc Moudenc arrive généralement en tête. Ces quartiers, souvent plus pavillonnaires et familiaux, comptent une population plus âgée et davantage propriétaire, un profil électoral généralement favorable au centre-droit.
Un PS peu visible sur la carte
La carte met également en évidence la position plus fragile du Parti socialiste dans cette élection. Les zones roses, où François Briançon arrive en tête, sont peu nombreuses et dispersées. Même dans certains quartiers traditionnellement favorables à la gauche, la liste socialiste est parfois devancée par celle de François Piquemal.
Au final, la géographie électorale toulousaine reprend un schéma assez classique dans les grandes métropoles, déjà visible en 2020 : un centre-ville et des quartiers populaires plutôt favorables à la gauche, face à des périphéries résidentielles davantage acquises à la droite municipale.
Moudenc en tête, mais des réserves de voix limitées
Avec 58 462 voix, soit 37,23 % des suffrages exprimés, Jean-Luc Moudenc arrive nettement en tête du premier tour à Toulouse. Mais la lecture des résultats en voix nuance cette domination territoriale visible sur la carte. À elles seules, les deux principales listes de gauche totalisent déjà plus de 82 000 suffrages : 43 274 voix (27,56 %) pour François Piquemal et 39 245 voix (24,99 %) pour François Briançon.
Les réserves de voix du maire sortant apparaissent relativement limitées. Les listes situées à sa droite, notamment celles du RN et de Reconquête, représentent un peu plus de 10 000 voix supplémentaires. En 2020, l’écart entre Jean-Luc Moudenc et la gauche au premier tour n’était que d’environ 6 400 voix. Dans un second tour potentiellement serré, ces rapports de force laissent entrevoir une équation plus délicate pour le maire sortant.














