Entre bascule historique, scrutins très serrés et configurations locales contrastées, le second tour des municipales en Lot-et-Garonne a confirmé la diversité des équilibres politiques à l’échelle du département.
À l’issue du premier tour, organisé le 15 mars, la situation électorale était déjà largement stabilisée dans le département. Sur les 319 communes du Lot-et-Garonne, 302 avaient désigné leur équipe municipale dès ce premier scrutin, soit en l’absence de concurrence, soit à la faveur de majorités nettes.
Mais dans les 17 communes encore en jeu, rien n’était tranché à l’issue du premier tour. Dans plusieurs villes, les écarts étaient très serrés et plusieurs listes pouvaient se maintenir, ouvrant la voie à des duels ou des triangulaires incertaines. Entre les deux tours, certaines listes se sont retirées, d’autres ont choisi de se maintenir malgré une position défavorable. Ces décisions ont directement modifié les rapports de force, rendant l’issue du scrutin particulièrement ouverte jusqu’au dernier moment.
Agen bascule à gauche, une rupture après 18 ans
C’est le principal enseignement de ce second tour. À Agen, selon les chiffres communiqués par la préfecture du Lot-et-Garonne, Laurent Bruneau, candidat de l’union de la gauche, arrive en tête avec 39,05 % des suffrages. Il devance le maire sortant Jean Dionis du Séjour (34,33 %) et le candidat du Rassemblement national Sébastien Delbosq (26,62 %). La ville bascule ainsi après dix-huit années de mandat centriste. « Je ressens de la fierté mais également de la joie, la victoire de la gauche à Agen c’est historique », a déclaré Laurent Bruneau à l’issue du scrutin. Jean Dionis du Séjour a, de son côté, annoncé son retrait de la vie politique locale.
Des situations contrastées dans les autres grandes communes
Dans les autres principales villes concernées, les résultats traduisent des dynamiques différentes.
- À Marmande, le maire socialiste sortant Joël Hocquelet est reconduit avec 44,13 % des voix, dans une triangulaire.
- À Villeneuve-sur-Lot, Guillaume Lepers est réélu plus nettement, avec 50,56 % des suffrages.
Ces deux résultats illustrent une forme de continuité locale, à rebours de la bascule observée à Agen.
Entre désistements et recompositions, des équilibres redéfinis
Dans plusieurs communes, l’entre-deux-tours a joué un rôle déterminant.
- À Pujols, le retrait d’une liste a transformé la configuration initiale en duel, permettant au maire sortant Yvon Ventadoux de se maintenir.
- Au Passage-d’Agen, Gilles Frémy s’impose face au maire sortant Francis Garcia.
- À Boé, Jean-Michel Lafuente l’emporte nettement après un désistement.
- À Tonneins, Denis Bertolaso est élu dans un contexte initialement très ouvert.
- À Monclar-d’Agenais, Francis Cagnati accède à la mairie.
Des résultats parfois extrêmement serrés
Dans plusieurs communes, l’issue du scrutin s’est jouée à quelques dizaines — voire quelques unités — de voix.
- À Aiguillon, moins de 40 voix séparent les deux principaux candidats. À l’issue du scrutin du second tour, c’est le maire sortant Christian Girardi qui a été réélu.
- À Pompiey, le maire sortant est réélu avec seulement 7 voix d’écart, après une égalité parfaite au premier tour. Le maire sortant Jean-Pierre Suarez conserve son siège, mais son adversaire Christophe De Cugnac conteste le scrutin.
- À Miramont-de-Guyenne, une centaine de voix suffit à départager les candidats. C’est la liste menée par Jean-François Boulay qui l’emporte avec 757 voix contre 659 pour Jean Noël Vacqué.
- À Savignac-sur-Leyze, les électeurs ont également dû trancher après un premier tour marqué par une égalité stricte. Résultat : Jean-Marc Lucas l’emporte de trois voix au second tour
Le rôle déterminant des triangulaires
Plusieurs communes ont confirmé le poids des configurations à trois listes.
- À Casseneuil, Youssef Cherchari remporte la triangulaire.
- À Sainte-Livrade-sur-Lot, André Forget s’impose avec 49 % des suffrages.
- À Calonges, Patrick Yaouanc confirme son avance du premier tour.
- À Castillonnès, cest la liste “Ensemble pour demain”, emmenée par Laurence Rouchaud, qui l’emporte.
- À Laroque-Timbaut, victoire confirmée pour Michel Couturier avec 46,21 % des voix.
Au terme de ce second tour, le paysage politique du Lot-et-Garonne apparaît fragmenté. La bascule d’Agen constitue le fait le plus marquant. Mais dans les 16 autres communes concernées, les résultats traduisent avant tout des logiques locales : maintien d’équipes sortantes, alternances ponctuelles, et scrutins très disputés.














