Dans sa boutique d’informatique du quartier de la Cartoucherie, à Toulouse, Matthieu Prieur jongle entre ordinateurs à réparer, cartons recyclés et idées pleines la tête. À 39 ans, ce Toulousain à l’accent chantant vient de décrocher une médaille de bronze au prestigieux concours Lépine 2026, à Paris, grâce à une invention aussi simple qu’astucieuse : un kit capable de faire disparaître les trous dans les murs… sans laisser de traces. Et de récupérer à coup sûr votre caution en quittant une location.
Le camion est à peine redescendu de Paris que, déjà, les cartons s’empilent dans le local de sa société de réparation informatique, avenue de Grande-Bretagne à Toulouse.
Matthieu Prieur parle vite, avec cette voix chaleureuse et ce léger accent. « Je voulais participer au Concours Lépine parce que c’était un rêve de gosse », sourit-il, encore fatigué par les onze jours passés à la Foire de Paris.
À l’écouter raconter son invention, le débit s’accélère. On sent l’entrepreneur, mais surtout le passionné de bricolage et d’idées improbables. « Pour moi, le Concours Lépine, c’est là qu’ont été inventés les trucs géniaux : les patins à roulettes, le lave-vaisselle, le presse-purée… »
« On met de l’enduit classique, on appuie avec le tampon, et ça recrée l’effet de la gouttelette »
Son invention porte un nom volontairement direct : « Rebouche Trous ». Le principe est simple. Un kit complet permet de réparer les trous, impacts ou fissures dans les murs, notamment ceux des appartements en location. Mais la vraie nouveauté réside ailleurs : dans la capacité à recréer la texture du mur.
« Dans la région, on a énormément de murs en gouttelette. Quand on rebouche un trou, même en étant bon plâtrier, on voit toujours la réparation », explique-t-il dans un sourire.
Dans les boîtes colorées, vendues 19,90 €, tout est prévu : enduit, peinture, spatule, éponge de finition et tampon texturé
Son idée : un tampon reproduisant exactement le relief du mur. « On met de l’enduit classique, on appuie avec le tampon, et ça recrée l’effet de la gouttelette. »
Dans les boîtes colorées, vendues 19,90 €, tout est prévu : enduit, peinture, spatule, éponge de finition et tampon texturé. « Ça permet de faire entre vingt et trente réparations. Et surtout, on évite les recettes de grand-mère : le dentifrice dans le trou, le chewing-gum, le papier mâché… On a tout vu. »
Le concept paraît évident aujourd’hui. Pourtant, il lui aura fallu plus de dix ans pour le mettre au point.
« La production est artisanale, totalement. Je fais tout dans mon garage ou dans mon bureau »
Le plus étonnant reste peut-être la fabrication. Car derrière la médaille du Concours Lépine, il n’y a pas encore d’usine ni de chaîne automatisée. « La production est artisanale, totalement. Je fais tout dans mon garage ou dans mon bureau », raconte Matthieu.
Les tubes d’enduit et de peinture sont remplis à la main. Les cartons de calage proviennent… des emballages reçus dans sa boutique informatique. « Je voulais produire le plus possible en Occitanie. J’ai trouvé un imprimeur à moins de quinze kilomètres de chez moi pour fabriquer les boîtes. »
Même le rembourrage intérieur est recyclé maison. « Je me suis fait fabriquer un emporte-pièce comme pour les gâteaux. Je récupère les cartons des livraisons informatiques et je fais mon propre calage avec. »
« J’ai vendu quasiment 200 kits sur place »
Au salon parisien, le succès a dépassé ses attentes. « J’ai vendu quasiment 200 kits sur place », glisse-t-il, encore surpris. Son site internet, finalisé quelques jours avant le départ pour Paris, a commencé à enregistrer ses premières commandes.
Derrière le chef d’entreprise se cache aussi un père de famille. « J’ai deux enfants, dix ans et sept ans. Un garçon et une fille, le choix du roi », sourit-il.
« Mon métier, c’est de gérer des entreprises. Mais ce projet-là, ça faisait plus de dix ans qu’il me suivait. »
Et malgré la médaille, il garde les pieds sur terre. « Moi, je gère des boîtes. Mon métier, c’est de gérer des entreprises. Mais ce projet-là, ça faisait plus de dix ans qu’il me suivait. »
À bientôt quarante ans – « dans sept jours, mais je préfère dire trente-neuf, ça me fait moins mal au dos » – le Toulousain savoure surtout le fait d’avoir mené son idée jusqu’au bout.
Lorsqu’il parle de la suite, sa voix redevient plus posée. « Aujourd’hui, le produit est prêt, le projet est réel. » Puis le sourire revient aussitôt. « Et ce n’est que le début. »
Dans l’émission Sept à Huit ce dimanche à 18h10
Matthieu Prieur et son invention, le Rebouche Trous, seront au centre d’un des reportages de l’émission Sept à Huit, présentée par Harry Roselmack, ce dimanche 17 mai à 18h10 sur TF1. Les équipes de la chaîne ont jeté leur dévolu sur Matthieu, parmi des centaines d’inventeurs présents à la Foire de Paris, entre le 30 avril et le 11 mai. Une histoire humaine et technique qui devrait passionner les téléspectateurs.















