L’enquête pénale sur le groupe immobilier toulousain s’intensifie. Soupçonné d’un détournement de gage lié à une dette de 2,5 millions d’euros, le promoteur a dû s’expliquer devant la police judiciaire. En parallèle, son placement en redressement judiciaire va être rejugé à Bordeaux.
Nouvel épisode dans la saga du promoteur toulousain Thierry Oldak dont le groupe immobilier (GTO) a été placé en redressement judiciaire en juillet 2023 par le tribunal de commerce de Toulouse. Après les procédures devant les tribunaux commerciaux et civils, c’est désormais un volet pénal qui s’ouvre. Selon nos informations, en avril dernier, l’entrepreneur toulousain a été auditionné par les enquêteurs de la brigade financière de la police judiciaire de Toulouse.
Une dette de 2,5 M€ au cœur de l’enquête
Cet interrogatoire fait suite à une plainte déposée par des créanciers obligataires qui avaient prêté 2,5 M€ à une des sociétés du groupe Thierry Oldak. En échange de ce prêt, les prêteurs avaient pris des garanties en cas d’impayé en faisant nantir par acte sous seing privé les parts de la SARL Le Tescou, société de Thierry Oldak qui exploitait la brasserie Le Bibent.
Le nantissement est une garantie qui agit comme un gage : il rend incessibles les parts tant que la dette n’a pas été intégralement remboursée. Les parts du Tescou étaient alors détenues pour partie en direct par le promoteur toulousain et, d’autre part, par sa principale société GTO. Or, Thierry Oldak a vendu les parts qu’il détenait à titre personnel à sa propre société GTO. « Il s’est vendu les parts à lui-même au prix qu’il a lui-même fixé », résume un proche du dossier.
Selon nos informations, les sommes en jeu dépassent le million d’euros. Or, cette transaction était interdite par le contrat de nantissement mais, comme seul Thierry Oldak était à la manœuvre, la cession de titres n’a pas été rendue publique aux tiers. C’est donc notamment pour ce détournement de gage que les créanciers obligataires ont déposé plainte, ainsi que pour faux et usage de faux et pour escroquerie. Ces soupçons sont actuellement examinés par la police judiciaire de Toulouse.
Le dépôt de bilan va être rejugé à Bordeaux
« Il ne s’agit que d’une audition libre provoquée par une ancienne plainte des créanciers obligataires qui font valoir une créance civile (NDLR : celle de 2,5 M€) que mon client Thierry Oldak estime d’ailleurs avoir déjà payée puisqu’ils ont récupéré le Bibent », défend Me Simon Cohen, l’avocat de Thierry Oldak. Les policiers, eux, poursuivent actuellement leurs investigations.
Quant aux créanciers obligataires, ils ont préféré faire regrouper les différentes actions contre Thierry Oldak auprès des tribunaux parisiens, loin du tumulte judiciaire toulousain. Par ailleurs, la Cour de cassation, par un arrêt du 4 mars dernier, a cassé le jugement d’ouverture du redressement judiciaire de GTO que contestait Thierry Oldak. Les magistrats ont jugé que la créance de 2,5 M€ des prêteurs obligataires qui a provoqué la mise en faillite judiciaire n’aurait pas dû être examinée car elle était contestée à ce moment-là par Thierry Oldak devant les tribunaux. Dans le jargon judiciaire, cette créance n’était pas « admissible » car en cours de contestation. La cour d’appel de Bordeaux va donc devoir réexaminer le dossier dans les prochaines semaines.















