Adjahmed Bensaha était présent au moment de l’incendie qui s’est déclaré le 12 mai dans une station-service TotalEnergies de Purpan, à Toulouse. Ce chauffeur de VTC raconte les minutes de panique vécues alors que sa voiture électrique était en charge. Choqué psychologiquement et toujours marqué par le sinistre, il affirme aujourd’hui, lui aussi, qu’il « repasserait à l’essence » s’il en avait les moyens, comme le conducteur de la voiture qui a pris feu.
Le souvenir est encore très présent dans son esprit. Le 12 mai dernier, alors qu’un incendie s’est déclaré dans une station-service TotalEnergies située à côté de Purpan à Toulouse, Adjahmed Bensaha se trouvait à seulement quelques mètres des flammes. Cet homme était alors installé dans sa Renault Zoé noire, branchée à une borne de recharge électrique.
« J’ai entendu plusieurs petits bruits d’explosion. » Intrigué, il est sorti de son véhicule pour comprendre ce qu’il se passait. En se retournant, il a aperçu un départ de feu. En quelques secondes, les flammes ont gagné en intensité.
« J’ai eu peur pour ma vie »
Face à la scène, il a paniqué. « Quand j’ai vu le feu prendre de l’ampleur et entendu les explosions, j’ai compris qu’il fallait partir immédiatement. » Dans la précipitation, il a abandonné sa voiture toujours branchée à la borne et s’est éloigné en courant pour se mettre à l’abri. Lors de sa fuite, il s’est blessé au dos.
Très vite, une épaisse fumée noire a envahi la station. Asthmatique sévère et diabétique, le Toulousain affirme avoir immédiatement ressenti les effets du stress et de l’exposition à la fumée. « Sur le moment, j’avais vraiment peur pour ma vie », souffle-t-il. Malgré la panique, il a commencé à filmer la scène presque instinctivement, sans réellement réaliser ce qu’il venait de vivre.
Pendant de longues minutes, il a observé les flammes ravager une partie de la station-service. Le van Volkswagen touché par l’incendie a été entièrement détruit. Les secours sont intervenus pour maîtriser le sinistre, tandis que plusieurs clients et automobilistes restaient à distance.
« Je me suis mis à pleurer devant mes enfants »
Mais une fois le calme revenu, le choc est retombé brutalement. Quelques heures après les faits, en retrouvant ses enfants, Adjahmed a craqué. « Je me suis mis à pleurer devant eux. » Dans les jours qui ont suivi, les difficultés respiratoires ont persisté. Un médecin lui a prescrit un arrêt de travail ainsi qu’un traitement médical pour soulager ses douleurs et ses problèmes respiratoires.
Depuis cet incendie, ses habitudes ont changé. Il explique ne plus réussir à rester dans son véhicule lorsqu’il recharge sa voiture électrique. « Dès que je vais à une borne, je repense à ce qu’il s’est passé », confie-t-il. Des cauchemars liés à l’incendie continuent également de le réveiller la nuit.
Cet événement a aussi eu des conséquences sur son activité professionnelle. Chauffeur VTC, il dit avoir été contraint de reprendre rapidement le travail malgré le traumatisme pour continuer à faire vivre sa famille.
Aujourd’hui, Adjahmed Bensaha souhaite surtout que les conséquences physiques et psychologiques de cet incendie soient reconnues. « Si je pouvais, je reviendrais à une voiture à essence », admet-il. Mais pour ce père de famille, changer de véhicule reste aujourd’hui financièrement impossible.


















