Les kilomètres parcourus en voiture dans l’agglomération de Toulouse stagnent malgré une hausse de la population. Un phénomène qui accompagne la modernisation du parc automobile et une baisse de la pollution.
À Toulouse, la population progresse année après année, mais les trajets en voiture n’augmentent quasiment pas. Entre 2018 et 2023, le nombre d’habitants a augmenté d’environ 7%, alors que les kilomètres parcourus n’ont progressé que de 1%.
Ce décalage marque un changement dans les mobilités. Il suggère un recours plus fréquent à d’autres modes de déplacement, comme les transports en commun ou le vélo, et témoigne du développement du télétravail.
Une voiture moins polluante qu’avant
Dans le même temps, le parc automobile s’est fortement renouvelé, selon un bilan publié par Atmo Occitanie. Les véhicules les plus polluants en circulation reculent nettement. Leur part passe de 40% à 19% en cinq ans.
À l’inverse, les modèles récents gagnent encore du terrain. « Les véhicules Crit’Air vert, 1 et 2 représentent 81% du parc roulant en 2023 (contre 60% en 2018) », indique le rapport.
Le diesel recule de 13 points, même s’il reste majoritaire. Il représente 62% des véhicules en circulation. Les motorisations hybrides progressent rapidement, avec une part multipliée par sept, passant de 1% à 7%. Les véhicules électriques restent encore minoritaires, avec 3% du parc en 2023.
L’entrée en vigueur de la ZFE, qui interdit la circulation des véhicules les plus polluants dans son périmètre, a sans doute encouragé ces changements. À Toulouse, elle est en place depuis 2021.
Des effets visibles sur la qualité de l’air
Ce renouvellement des véhicules a un impact direct sur certains polluants. Les émissions d’oxydes d’azote (NOx) par exemple ont diminué de 30,6%, soit plus de 1 200 tonnes par an.
Les particules reculent aussi : « Les émissions de particules diminuent, avec une baisse de 12,9% pour les PM10 et de 20,9% pour les particules fines PM2,5 », précise l’étude.
Mais selon Dominique Tilak, directrice d’Atmo Occitanie, cette amélioration ne repose pas uniquement sur la ZFE. « La baisse de ces concentrations est liée à un ensemble de dispositifs qui ont été mis en place, et pas uniquement à la modernisation du parc », tempère-t-elle.
Pollution à Toulouse : des progrès à relativiser
Malgré l’évolution du parc automobile, certains indicateurs restent stables. C’est le cas des gaz à effet de serre, qui dépendent surtout des distances parcourues.
Autre point : la majorité des particules issues du trafic ne vient plus des moteurs. Environ 85% des PM10 liées à la circulation routière proviennent désormais de l’usure des pneus, des freins et de la chaussée.
Mais cette donnée concerne uniquement le trafic routier. À l’échelle globale, les particules proviennent surtout d’autres sources.
Un enjeu qui dépasse la voiture
Le renouvellement des véhicules améliore la qualité de l’air, mais ne suffit pas à lui seul. « Si on regarde l’ensemble des émissions, la majorité des sources de particules provient principalement des dispositifs de chauffage », rappelle Dominique Tilak.
Pour le trafic routier, les principaux enjeux restent les oxydes d’azote et les gaz à effet de serre. Les véhicules thermiques en sont les principaux émetteurs.













