Les semaines qui précèdent les finales sont souvent l’occasion de louanges des staffs envers leurs adversaires. Une manière comme une autre de se débarrasser du costume de favori. Joan Caudullo, le manager de Montpellier, a dégainé le premier samedi soir, en conférence de presse, à l’issue de la victoire de ses hommes face au Stade Français. Il a, en effet, qualifié l’équipe du Stade Toulousain « d’une des meilleures équipes du monde ».
Le staff toulousain pourra lui répliquer que l’équipe héraultaise ne doit pas être loin de ce niveau puisqu’elle a administré au champion en titre la plus large défaite de la saison. Nous étions le samedi 20 septembre, dans le cadre de la troisième journée du championnat. Ce jour-là, le Stade avait « ramassé » (44-14), comme on dit dans le milieu. Et Ugo Mola n’avait pas mâché ses mots à la fin du match : « La bonne nouvelle de la soirée, ce n’est pas que le Stade Toulousain était mauvais, c’est que les vertus de ce sport ne se réinventent pas. Et quand tu ne les respectes pas, tu as beau être le Stade Toulousain, tu pars à la mer. »
Il faut dire que ce jour-là, les joueurs d’Ugo Mola avaient paru curieusement absents, encaissant 34 points en première période et multipliant les boulettes : Thomas Ramos contré sur le premier essai héraultais, passe de Jack Willis dans la tête d’Alexandre Roumat pour le troisième, plongeon de gardien de but raté de Matthis Lebel sur le quatrième…
Pourtant, cette équipe toulousaine avait plutôt fière allure, comprenant treize joueurs présents sur la feuille de match de la demi-finale face au Racing vendredi soir. Pour le match retour à Ernest-Wallon, le 28 mars, Montpellier avait choisi de venir avec une équipe remaniée et s’en était pas trop mal sortie avec une défaite (45-29), privant Toulouse du bonus offensif. Et le staff n’était pas encore satisfait, à l’image de Jean Bouilhou : « C’est tout juste passable. Il y a pas mal de frustration au vu du contenu du match. On a manqué de précision, de maîtrise. On a manqué un peu d’énergie. On va remettre les points sur les i cette semaine concernant la défense et la conquête. »
Au final, s’il avait fallu départager les deux équipes sur l’ensemble des deux matchs, c’est Montpellier qui l’emporte avec un succès 5 points terrain à zéro (44-14) et une défaite 4 points terrain à zéro (45-29) au retour. Du grain à moudre pour le staff du Stade Toulousain. À noter également que, depuis cette défaite à Ernest-Wallon, Montpellier n’a plus perdu un match et reste sur onze victoires consécutives. Une performance digne des meilleures équipes du monde…













