Tout en maîtrise, le dauphin de la saison régulière a fait respecter la hiérarchie face au Stade Français, s’offrant le droit de défier le triple champion de France, samedi prochain, au Stade de France.
Logique respectée et finale rêvée pour l’Occitanie ! 24 heures après le Stade Toulousain, Montpellier, la seule autre équipe que les « rouge et noir » à avoir inscrit son nom sur le Brennus (2022), va donc tenter de réaliser le petit doublé après avoir déjà remporté la Challenge Cup le mois dernier. Le bras de fer annoncé a bien eu lieu. Et contrairement à ce qu’on aurait pu penser, il n’a pas été aussi fermé qu’attendu. Il y a bien sûr eu beaucoup frontal sur la ligne d’avantage et énormément de duels aériens. Mais on a aussi vu peu de mêlées durant les 40 premières minutes (la première à la 32e) et surtout un Stade Français, le peu de fois où il a eu le ballon, plus entreprenant que Montpellier, qui avait déjà tapé cinq fois au pied lors des cinq premières minutes.
Le Stade Français réaliste mais indiscipliné
Les rares velléités offensives des Soldats roses, couplées à un réalisme impressionnant, leur ont ainsi permis de compenser leur indiscipline et leurs nombreuses maladresses en touche, avec une incapacité chronique à lancer proprement le jeu. Ils sont donc restés dans le coup et au contact d’Héraultais qui avaient mieux attaqué la partie. Miotti convertissait en effet une pénalité après un ballon récupéré à la retombée d’une lutte dans les airs (2) et mettait ensuite Banks dans l’intervalle après avoir attaqué la ligne et passé les bras pour le premier essai du match (10-3, 10).
Pas de quoi plonger dans le doute les joueurs de la capitale, ceux-ci répondant immédiatement en déchirant à leur tour un peu trop facilement le rideau défensif adverse au milieu du terrain. Une fois la brèche trouvée par Tanga après un lancement en touche, Kerr-Barlow, au soutien, n’avait plus qu’à filer tranquillement dans l’en-but (10-10, 13). Dakuwaqa en faisait de même dans la foulée après un lancer perdu par Uelese, prenant de vitesse sur l’aile opposée Ngandebe, déposé par la fusée parisienne pour récupérer le rasant envoyé dans son dos par Ward (10-15, 15).
La mêlée renverse tout
Maîtres de la possession mais pas assez cliniques dans la zone de marque (pénaltouche perdue, 36 ; en-avant dans les 22 parisiens, 38), les Montpelliérains parvenaient toutefois à se payer, grâce à la botte de leur ouvreur (22, 27). Car à force de subir, les coéquipiers de Gabrillagues ont accumulé les fautes, se retrouvant menés au repos (15-16) et en infériorité après le carton jaune de Paul Alo-Emile pour un déblayage dangereux sur Vunipola (33).
Conservant la mainmise sur la partie au retour des vestiaires, grâce à une mêlée surpuissante récompensée de cinq pénalités (43, 59, 63, 72, 77), ils n’ont pas desserré leur étreinte, scorant deux nouvelles fois (45, 53) grâce à l’indiscipline adverse (22-15). Resté à portée de fusil en raison de leur manque de précision dans la zone de marque (51, 61), le MHR a tremblé sur un contre, ne devant son salut qu’à l’arbitrage-vidéo, M. Cayre refusant à Marchant l’essai qui aurait pu ramener les siens à hauteur (68).
La chance du Stade Français venait de passer, la mêlée héraultaise, se chargeant d’offrir à Coly la pénalité décisive (25-15, 72).Désormais, face à l’immense défi qui s’annonce, le principal défi de Montpellier sera simple : récupérer.













