Jeudi, le vol Paris-Orly-Tarbes est resté cloué au sol. Alors que d’autres avions décollaient sous l’orage, cent cinquante voyageurs se sont retrouvés soudain abandonnés sur des lits de camp, sans solution. Que s’est-il vraiment passé ? Entre succession d’annonces, absence de prise en charge immédiate et retour organisé par leurs propres moyens, des voyageurs dénoncent une mauvaise gestion de la compagnie aérienne. Nathalie nous raconte sa galère.
La tuile pour une Toulousaine cliente de la compagnie Volotea. Après une formation professionnelle dans la capitale, jeudi 18 juin, Nathalie* devait, comme 150 autres passagers, au départ de l’aéroport Paris-Orly à 20 h 40, se rendre dans le Sud-Ouest à l’aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées. Le vol de la compagnie Volotea 2183 ne décollera finalement pas, avec, comme explications, de mauvaises conditions météorologiques.
Selon son témoignage, après un contrôle à 20 h, elle obtient une première annonce de retard d’une heure sur son vol. À 21 h 30, on leur annonce un nouveau décalage : « c’est embarquement à 22 h 40, décollage à 23 h 30. » Enfin, nouvelle annonce aux alentours de 22 h 30 : « On nous dit que, finalement, l’avion est annulé, que la compagnie essaie de trouver des hôtels pour nous reloger et, bien entendu, une solution de rapatriement pour le lendemain. »
Une heure plus tard, revirement de situation pour les passagers : « on reçoit un mail nous indiquant qu’il faut finalement se débrouiller seuls, qu’il n’y a plus de places dans les hôtels sur Paris », rapportent Nathalie et sa collègue ayant aussi vécu la situation. Elles précisent néanmoins qu’il y a eu une proposition de logement pour 20 personnes au Bourget, laissant le reste des passagers sans solution immédiate.
L’aéroport a pris le relais
À partir de ce moment-là, la gestion de la situation est alors reprise sur place par le personnel aéroportuaire : « On nous a installés sur des lits de camp à 1 h 15, et réveil à 5 h parce qu’il faut libérer la salle à 5 h 30, et ensuite, tout le groupe s’est débrouillé par ses propres moyens », peste Nathalie. Aucune prise en charge du repas ou du petit-déjeuner n’aurait non plus été assurée. Elle évoque également l’absence de vol de réacheminement mis en place le lendemain : « c’est quand même lamentable de laisser tout ce monde se démerder par ses propres moyens. »Contacté, l’aéroport Paris-Orly assure que les compagnies aériennes restent responsables de l’hébergement des passagers en cas d’annulation. Toutefois, en cas de manque de capacité d’accueil, l’aéroport confirme qu’il intervient en appui : « si la compagnie nous sollicite, on peut leur prêter des lits de camp et, si possible, distribuer des bouteilles d’eau. » Cette aide vise à accompagner au mieux les passagers « dans une situation qui est indépendante de notre volonté et de celle de la compagnie. »
Des explications contestées sur la météo
Volotea a avancé aux passagers, pour justifier l’annulation, un trafic aérien perturbé par la météo, notre témoin en doute : « Nous, on n’y croit pas aux intempéries, on a des collègues qui ont pris l’avion avec une autre compagnie et qui sont bien arrivés à Toulouse. » L’aéroport de Paris-Orly confirme que l’annulation du vol serait liée à un fort épisode orageux, ne pouvant pas expliquer pourquoi d’autres vols ont pu décoller, car ce sont des détails techniques : « Il vaut mieux préserver dans tous les cas la sécurité des passagers que faire partie d’un vol dans des conditions d’orage intense comme cet épisode », termine notre interlocutrice de l’aéroport.
Nathalie confie que, comme solution, la compagnie a proposé un remboursement intégral du billet ou bien de réserver un train de nuit au départ le lendemain à 22 h en direction de Tarbes, arrivée prévue à 9 h 30 : « ils proposaient la solution du train, et sur le remboursement, c’était à concurrence du billet, pas plus. » Selon elle, de nombreux voyageurs ont dû organiser eux-mêmes leur retour, avançant leurs frais de transport.








