Mercredi 4 mars 2026, la rambarde d’un balcon, situé au deuxième étage d’un immeuble au 17 de la rue d’Austerlitz à Toulouse s’est effondrée sur un trottoir. L’incident s’est produit vers 19h. Il n’y a pas eu de blessé et c’est presque un miracle. Comme l’a constaté un journaliste d’Actu Toulouse ce jeudi matin, la rambarde s’est brisée en de très nombreux morceaux. Des morceaux qui jonchaient encore le sol en ce début de journée. « Les pompiers ont sécurisé le balcon, en enlevant les parties encore menaçantes et établi un périmètre de sécurité en pied de l’immeuble », indique la mairie à Actu Toulouse.Voir le balcon de cet immeuble tomber n’est qu’une demi-surprise. Le 5 mars 2025, Actu Toulouse titrait : « Pourrissements », « fissures » : cet immeuble de Toulouse est dans un état qui fait peur : un rapport alarmant.Cet immeuble, c’était déjà celui du 17 rue d’Austerlitz qui a refait parler de lui mercredi soir. Il y a un an, sur la base d’un rapport accablant du service « Immeuble Menaçant Ruine », la mairie de Toulouse avait pris un arrêté très clair. Par celui-ci, elle engageait « une procédure urgente avec interdiction partielle d’habiter, d’accéder et d’exploiter le restaurant en rez-de-chaussée de l’immeuble ». Elle engageait le gestionnaire de l’immeuble à réaliser des travaux en urgence. Cela n’a visiblement pas suffi à faire bouger les choses… On fait le point.
La mairie signe un arrêté devant les désordres observés
Dès ce jeudi, la mairie de Toulouse a signé « un arrêté de mise en sécurité ». Une procédure en urgence devant les désordres observés, et les risques encourus sur cet immeuble situé entre deux restaurants bien connus des Toulousains : le J’Go d’un côté et L’Entrecôte de l’autre.
Le service Immeuble Menaçant Ruine de la mairie de Toulouse s’est rendu sur le site ce jeudi et il a noté, en plus de l’absence de garde-corps sur le balcon de l’appartement du deuxième étage, d’autres désordres :
« Le garde-corps des balcons de l’appartement en R+3 est en place, mais certains de leurs ancrages sont détériorés ou non conformes. Les sous faces des balcons sont érodées. Il y a des traces d’effractions et d’intrusions dans l’immeuble avec fracturation de la porte d’entrée et de celles des appartements situés en R+1 et R+2 ».
Devant les risques encourus pour les passants, la mairie donne 24h aux copropriétaires pour faire les travaux de mise en sécurité. Elle indique qu’au-delà du délai, elle engagera des travaux avant de leur envoyer la facture avec une majoration « conformément au code de la construction et de l’habitation ».
Un rapport de 2025 déjà accablant
Pourquoi cet empressement de la mairie de Toulouse ? Tout simplement car deux ans après l’effondrement de l’immeuble de la rue Saint-Rome, la situation de l’immeuble du 17 rue d’Austerlitz est catastrophique. Et elle est connue, sans que rien ne bouge…
Il y a un an, un rapport du service Immeuble Menaçant Ruine, qui s’était rendu sur place le 3 février 2025, était déjà accablant. Il avait été résumé dans un premier arrêté signé par la mairie le 5 mars 2025 :
« Les balcons présentent des sous-faces fortement dégradées. Des fissures existent en plafond et cloisons dans le couloir d’accès en rez-de-chaussée. L’ensemble des ossatures bois et métal est vétuste. On note des fissurations en allèges et en nez de planchers, et des parties instables pour les sous-faces des coursives. La partie haute sous la verrière montre une charpente vétuste.
« Dégradations très importantes », « des pourrissements »
Le sinistre récit se poursuivait :
« Dans la cave, le plancher bois montre des dégradations très importantes avec des pourrissements du platelage et des poutres supports. La partie en structure métallique est vétuste avec de l’oxydation. Les renforts ne sont pas adaptés pour pallier les désordres ».

« Des pièces de charpente montrent des pourrissements »
Ce n’était pas beaucoup plus rassurant à l’étage et dans les combles. Le service Immeuble Menaçant Ruine de la mairie était formel : « dans les combles, les locaux sont à l’abandon. Des infiltrations en toiture ont détruit localement le plafond lattis plâtre qui présente des déformations et fractures. Le plancher bois est également très vétuste. Des pièces de charpente montrent des pourrissements. Dans l’appartement au premier étage, des cloisons sont fracturées horizontalement, signe d’un tassement du plancher support. Celui-ci a une pente sensible dans la zone du couloir ».
Déjà un rapport inquiétant en 2024
Une description qui donne des frissons et qui ne vient que corroborer un premier rapport rendu par un bureau d’études en date du 25 juin 2024. Dans ce rapport issu d’investigations partielles, la société BET Structural avertissait déjà sur des « garde-corps des balcons instables », des « déformations des planchers qui affectent tous les niveaux », des « fractures de cloisons visibles en R + 2 » et de « nombreux désordres ».

« L’urgence de prendre des mesures »
Elle s’inquiétait aussi : « des cloisons potentiellement porteuses ont été démolies au rez-de-chaussée »…
Sur la base des observations de ce premier rapport, dans l’arrêté du 5 mars 2025, la mairie de Toulouse avait estimé « qu’il y a urgence à ce que des mesures provisoires soient prises en vue de garantir la sécurité publique ».
Ce qu’avait demandé la mairie
Elle indiquait clairement :
« Il est demandé sous un délai de 48 h à compter de la notification de cet arrêté : interdiction d’accéder et d’habiter le bâtiment avec interdiction d’exploiter le restaurant en RDC jusqu’à la réalisation de travaux définitifs sauf interventions nécessaires (experts, entreprises pour la réalisation des travaux. »
L’arrêté demandait également « une mise en sécurité du bâtiment sous un délai de 15 jours ». Avec, à la clé, la notification précise des travaux à effectuer, notamment pour sécuriser les ouvrages déficients « à savoir les planchers du rez-de-chaussée et du premier étage ».
Un audit structurel avait été demandé
La mairie de Toulouse exigeait également qu’un audit structurel complémentaire soit réalisé dans les 30 jours pour « lever de manière exhaustive les incertitudes qui demeurent sur la nature et l’état des planchers, de la charpente, et sur les structures verticales porteuses ».
Contacté par Actu Toulouse, le cabinet CBF Associé, administrateur judiciaire qui a été chargé de gérer ce bâtiment, n’a pas souhaité apporter de commentaire sur ce dossier. C’était déjà le cas en mars 2025.
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