Sans son impressionnant sang-froid, l’affaire aurait pu prendre une toute autre tournure pour la victime. Ce jeudi 5 mars 2026, un homme a été enlevé alors qu’il se trouvait à Toulouse, avant d’être séquestré dans deux logements différents, entre la Ville rose et Caussade (dans le Tarn-et-Garonne).
Après une nuit de violences sous la menace d’un AK-47, il est parvenu à contacter la gendarmerie en usant d’une ruse risquée… qui lui aura sauvé la peau.
Filmé en train de se faire frapper
On est en fin d’après-midi ce jeudi quand la victime est enlevée par ses ravisseurs, qui la conduisent dans un appartement de la Ville rose. Là, il est violenté par plusieurs hommes ; certains sont majeurs, d’autres mineurs.
Pendant qu’ils le frappent, ils filment les agressions. Les vidéos sont ensuite postées sur des messageries cryptées – la pratique, appelée « happy slapping » ou « vidéolynchage », est une technique régulièrement utilisée notamment lors d’agressions liées au trafic de drogue -. Et le cauchemar de la victime ne s’arrête pas là.
Armé d’un AK-47, mais endormi
« Dans un second temps, ses ravisseurs le transportent, ligoté, vers un second logement situé sur la commune de Caussade », indique le parquet de Toulouse.
Au cœur de l’appartement, la victime cherche une manière de s’échapper. Et le miracle se produit : le ravisseur censé le surveiller, armé d’un AK-47, s’assoupit. L’occasion pour notre homme de subtiliser son téléphone et d’appeler les gendarmes. Il est alors 4h45, dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 mars.
Il décrit le véhicule dans lequel il a été enlevé
« Il parvient à contacter le 17 […] en précisant avoir été amené depuis Toulouse à bord d’un véhicule qu’il décrit, et [en précisant] que l’individu qui le garde est armé d’une arme à feu de type AK-47 », détaille le parquet. La brigade de Caussade vérifie donc dans les parages la présence du fameux véhicule. Très vite, les gendarmes le trouvent. Ils mettent alors en place un dispositif de bouclage de la zone.
Il cachait son arme sous son manteau
En surveillance, les militaires aperçoivent le ravisseur sortir du logement, « dissimulant une AK-47 sous son manteau, tandis que la victime le suit, menottée ». Préparés, ils l’interpellent sur-le-champ.
Quatre hommes interpellés dans le premier appartement à Toulouse
Saisie de l’affaire, la Section de recherches de Toulouse prend le relais. Les enquêteurs identifient le premier appartement où la victime a été séquestrée. Ils y interviennent avec l’appui du GIGN et du Groupe d’observation et de surveillance de Toulouse.
À l’intérieur, ils interpellent quatre hommes, dont un mineur de 17 ans, « porteur d’un revolver approvisionné ». Et le soir même, un sixième protagoniste est arrêté, « identifié comme ayant participé à la séquestration et auteur de violences ». Tout ce beau monde est ensuite placé en garde à vue.
Les vidéos de happy slapping retrouvées sur leurs portables
Plusieurs vidéos des violences exercées sur la victime sont retrouvées, à la fois sur les portables des mis en cause et dans des conversations cryptées (type Telegram). Interrogés par les gendarmes, tous les protagonistes finissent par reconnaître les faits.
Il s’avère que le projet de séquestration a été dirigé par deux hommes : un majeur et un mineur de 17 ans. Pour quelles raisons ont-ils ciblé la victime ?
Reprise d’un trafic de stupéfiants
« Le projet était destiné à permettre la reprise d’un trafic de stupéfiants auquel participait antérieurement la victime », indique le parquet de Toulouse.
Et de se féliciter : « La réactivité des unités de gendarmerie […] a très certainement permis de mettre un terme à une activité criminelle soutenue de certains des protagonistes sur l’ensemble de la région Midi Pyrénées. »
Ouverture d’une information judiciaire
Au total, sur les six personnes placées en garde à vue, seule l’une d’entre elles a été mise hors de cause à ce stade. Toutes les autres ont été déférées devant un magistrat ce lundi 9 mars 2026, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour les faits suivants :
« Participation en bande organisée à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime », « détention de stupéfiants », « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire en bande organisée », « diffusion de l’enregistrement d’images relatives à des violences (happy slapping) », « violences aggravées par trois circonstances suivies d’ITT n’excédant pas 8 jours, détention et transport d’arme et munition de guerre (catégorie A) et de catégorie B et C ».
Détention provisoire
Les cinq mis en cause ont été mis en examen. Deux des trois majeurs ont été placés en détention provisoire et le mineur de 17 ans « à qui il est reproché d’être co-initiateur du projet », a été incarcéré « dans l’attente d’un débat sur sa détention provisoire requise par le parquet ». Enfin, « un mineur au rôle moindre a été placé sous contrôle judiciaire », termine le parquet de Toulouse.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.




















