« Ils ont défoncé mon fils ! », s’insurge le père d’Evan. Agé de 19 ans, le garçon accuse des policiers de l’avoir violenté en le prenant pour un cambrioleur, alors qu’il se trouvait au sein même du domicile familial, quartier Trois Cocus à Toulouse. La scène aurait eu lieu fin février, le vendredi 27. Une source policière d‘Actu Toulouse confirme que le jeune homme a bien reçu un coup, mais concernant le contexte, les versions diffèrent.
Ce soir-là, il est environ 19h et Evan est seul à la maison : ses parents ne rentrent généralement que vers 20 heures. En attendant, il se prépare quelque chose à manger, quand l’électricité coupe soudainement.
Il s’éclaire à la lampe torche de son téléphone
Plongé dans le noir complet, le garçon ne parvient pas à rétablir le courant. En attendant que sa mère rentre, Evan décide de terminer ce qu’il faisait. « J’ai continué à me préparer à manger ; comme j’étais dans le noir et que je n’y voyais rien, j’ai allumé la lampe torche de mon téléphone », indique-t-il dans la plainte déposée ce lundi 2 mars, qu’Actu Toulouse a pu consulter.
Ce qu’Evan ne sait pas, c’est qu’en voyant la lumière éteinte et la petite torche allumée, un voisin pense assister en direct à un cambriolage…
Les agents de la BAC pénètrent dans la maison
La police est alors contactée pour intervenir sur place. À leur arrivée chemin d’Audibert, quatre agents de la BAC constatent que la fenêtre de la cuisine (au rez-de-chaussée, donnant sur la rue) est ouverte. Deux agents entrent par là et deux autres, par l’arrière du pavillon, confirme une source policière d’Actu Toulouse.
Alors qu’il cuisine à la lampe torche, le jeune homme voit donc les policiers débouler dans la pièce, plongée dans la pénombre.
Un coup à la tête
Le père d’Evan explique que le jeune homme, confondu avec le cambrioleur (inexistant), reçoit alors un coup à la tête avant d’être plaqué au sol et menotté. « Il ne comprenait rien, il était sonné, souffle le papa. Il n’arrêtait pas de dire qu’il habitait ici, et en vérifiant sa carte d’identité, les policiers ont fini par réaliser leur erreur… »
Mais le mal est fait, Evan est en sang, l’arcade ouverte. « Ils sont partis sans le soigner, sans rien demander, sans nous appeler », souffle le père du jeune homme. Une version que nient les agents de la BAC.
Il se serait mis en position de garde
Tout d’abord, notre source policière précise que les agents ont crié « police !, police ! », en entrant dans la pièce, mais que face à eux, le jeune homme n’aurait rien dit et se serait « mis en position de garde, prêt à en découdre ». Toujours selon notre source, c’est ce qui aurait poussé les agents à lui porter un coup au niveau du visage.
Une fois au sol, il aurait effectivement assuré qu’il habitait ici. « En apprenant ça, ils l’ont immédiatement démenotté, soutient notre source. Ensuite, ils l’ont accompagné à la salle de bains récupérer une compresse et lui ont prodigué des soins. Mais il ne souhaitait pas que les pompiers soient appelés. Il s’est même excusé de s’être mis en position de garde. » Les agents de la BAC auraient ensuite quitté les lieux.
Une plainte déposée
Après cette scène surréaliste, Evan appelle immédiatement sa mère, qui rentre illico à la maison. Ils filent ensuite aux urgences, suivis de près par le père du garçon. « Ca m’a fait pleurer de le voir en sang comme ça, en sachant qu’on l’avait laissé seul à la maison; souffle son père. Ils n’ont même pas pris la peine de nous avertir. »
Le lundi 2 mars, la famille a déposé plainte pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité » à la gendarmerie de l’Union – la plainte a depuis été transférée à la police, puisque l’affaire a eu lieu à Toulouse, en zone police. Reste désormais aux enquêteurs de démêler les faits.
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