Emmanuelle, une ressortissante française de Saint-Gaudens au sud de Toulouse, est bloquée à Dubaï avec sa famille suite au conflit au Moyen-Orient depuis cinq jours. À Dubaï depuis la semaine dernière, ils espèrent pouvoir rentrer rapidement en France.
« Il y aura plusieurs vols » de rapatriement des ressortissants français du Moyen-Orient, a annoncé ce mercredi matin le ministre des Affaires étrangères français. Un premier vol est arrivé la nuit dernière à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle en provenance d’Oman, près de cinq jours après le début de la guerre.
Au total, quelque 400.000 ressortissants français, parmi eux des habitants de la région Occitanie, sont présents dans la quinzaine de pays concernés par le conflit. Emmanuelle, une ressortissante française installée à Saint-Gaudens au sud de Toulouse, est à Dubaï depuis le 23 février. Bloquée avec sa famille, son mari et ses deux jeunes enfants (9 et 14 ans), leur vol a été reporté. Ils espèrent pouvoir rentrer rapidement en France.
Comment avez-vous vécu cette dernière nuit du mardi 3 au mercredi 4 mars ?
C’est quand même assez difficile. On vient de passer notre quatrième nuit dans le parking souterrain de l’hôtel, puisqu’on est dans un hôtel de la Palme. Et en fait, c’est vrai que la journée d’hier était assez calme, donc on a pensé qu’on pouvait sortir un peu. Et à ce moment-là, un missile a été intercepté au-dessus de nos têtes. Et comme on est avec nos deux enfants de neuf et quatorze ans, c’est vrai que c’est dangereux. C’est un peu la panique. Et donc retour au parking. C’est le seul endroit finalement où on n’entend pas les missiles et on se sent dans une certaine sécurité.
Des personnes prioritaires ont pu rentrer à Paris, est-ce que c’est quelque chose qui vous donne de l’espoir ou au contraire, quand vous voyez qu’il ne s’agit que de quelques centaines de personnes, vous dites que vous êtes encore loin de pouvoir rentrer ?
Oui, c’est un peu ça. Et le discours du président hier soir nous a vraiment pas rassuré parce que vous voyez, finalement, rien de concret. Il parlait de deux avions qui arrivaient hier soir. Mais nous, Air France a annulé notre vol du 5 mars et ne nous propose rien avant le 10 mars, et sans garantie. Après, si c’était juste pour patienter en sécurité, on patienterait, mais là, c’est patienter avec la peur au ventre, le cerveau en hypervigilance, les enfants qui ont peur au moindre claquement de porte. Enfin bon, ce n’est pas vivable comme ça.
Vous avez également des contacts avec les autorités consulaires, ou cela se limite à des contacts avec la compagnie uniquement ?
Air France m’a bien inscrit sur le fil d’Ariane (fil qui permet de recevoir des alertes durant son voyage), on a laissé des messages, on suit les réseaux sociaux de l’ambassade, du consulat, mais ils ne répondent à rien et c’est vrai qu’on se sent un peu seul, pas très soutenu. Et puis c’est vrai que de voir finalement sur les réseaux de l’ambassade, du consulat tous ces commentaires haineux, finalement, on finit par se sentir coupable d’avoir choisi cette destination. Il y a beaucoup de commentaires de gens qui disent :« Ils ont choisi d’aller à Dubaï. Qu’ils se débrouillent. Laissez-les. La France n’a pas à assumer des rapatriements. »
Emmanuelle, vous demandez à la France de vous rapatrier, vous et votre famille ?
On ne demande pas de faveurs particulières. Mais on aimerait pouvoir rentrer dans de bonnes conditions. Que ce soit évidemment sécurisé parce que je ne vous cache pas que c’est un peu l’angoisse aussi de prendre un avion dans ces conditions. Moi, tous mes amis me disent : « Je vois qu’il va y avoir des rapatriements, je vois que la France bouge« , et puis finalement, nous, on est seuls là. On ne nous contacte pas. Il y avait des Français avec nous qui se sont rendus au consulat et on leur a dit qu’on ne pouvait rien faire pour eux. En fait, ils nous renvoient toujours vers la compagnie aérienne.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555






















