Des habitants de la région toulousaine se retrouvent toujours bloqués à Dubaï après l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Entre vols annulés et frais qui s’accumulent, ces familles parties en vacances voient leurs vacances virer au cauchemar.
Ils étaient partis pour une semaine de vacances au soleil, à Dubaï. Dix jours plus tard, certains Toulousains sont toujours coincés à des milliers de kilomètres de chez eux, au cœur du Moyen-Orient, plongé en pleine guerre depuis le 28 février 2026.
Des Toulousains toujours bloqués
Depuis les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran et les représailles de Téhéran, les espaces aériens du Moyen-Orient sont fermés. Des milliers de voyageurs se retrouvent bloqués.
Selon le ministre des Transports Philippe Tabarot, environ 1 000 Français ont été rapatriés grâce aux opérations organisées par la France. Plus de 3 000 autres sont rentrés par leurs propres moyens en trouvant des vols commerciaux. Au total, plus de 4 300 Français ont réussi à rentrer depuis le début du conflit.
Mais d’autres attendent toujours. Parmi eux, plusieurs habitants de la région toulousaine. Comme Arnaud, 37 ans, technico-commercial toulousain, coincé depuis près de deux semaines avec sa femme et leur fils de 6 ans. « Je paie mes impôts en France, je précise avant de me faire tacler sur les réseaux sociaux, j’étais simplement venu en vacances…. mais on avait mis de l’argent de côté pour une semaine, pas plus ! » confie-t-il toujours coincé sur place le 9 mars.
Depuis le 28 février, les vols ont été annulés les uns après les autres. Leur retour reprogrammé le 12 mars vient lui aussi d’être supprimé. « On avait un peu d’économies, mais là on commence à ne plus rien avoir. Et puis on n’a pas pu reprendre le travail, on a dû poser du congé sans solde. » s’inquiète-t-il.
« On avait économisé pour une semaine… pas plus ! »
Contrairement à Abou Dhabi, où le Département du Tourisme a décidé de prolonger gratuitement les séjours des touristes bloqués, rien de tel à Dubaï. Arnaud et sa famille paient tout. « On dépasse les plafonds de carte bleue, on fait des pieds et des mains avec nos banques en France pour les augmenter. »
A Dubaï, les prix s’envolent rapidement, selon Arnaud :« Une nuit d’hôtel peut aller de 150 à 500 euros. »
« On se sent totalement abandonnés »
« On a des numéros pour l’ambassade, mais on n’arrive à joindre personne. On se sent totalement laissés seuls. » La situation est d’autant plus stressante que leur fils souffre d’asthme et a déjà fait des détresses respiratoires. « Une simple rhino peut se transformer en crise. On avait prévu un peu de Ventoline, mais pas des réserves illimitées. »
À cela s’ajoute l’angoisse du conflit. « On reçoit des alertes tous les jours sur nos téléphones, pour nous signaler des interceptions de drones ou de missiles. » Leur fils de 6 ans comprend à sa manière : « Quand il fait des châteaux de sable, devant l’hôtel, il me dit qu’il construit des murs pour se protéger des missiles. » raconte Arnaud.
Un retour obtenu au prix fort
D’autres habitants de la région ont connu une expérience éprouvante. Emmanuelle, qui travaille dans la communication près de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) était aussi à Dubaï, en vacances en famille, au moment des premières attaques. « On avait réservé dans un hôtel à La Palm, au final on s’est retrouvés, mon mari, moi et nos deux enfants de 9 et 14 ans confinés pendant six nuits dans le parking souterrain de l’hôtel, juste avec de l’eau et une brosse à dents… tout en continuant à payer nos nuits. On était peut-être 200 touristes bloqués là ! »
Le séjour rallongé leur a aussi coûté très cher. Entre les nuits d’hôtel prolongées et le rachat de billets d’avion, la facture atteint environ 5.000 euros pour cette famille. Les tarifs ont explosé en quelques jours : leur chambre, initialement à 370 euros la nuit, a même doublé avant que l’établissement ne consente finalement un tarif « réduit », du fait des évènements, autour de 200 euros. Après des jours d’attente et des vols annulés, la famille a décidé de se débrouiller seule.
Ils réussissent à rentrer à Paris dimanche 8 mars, après un vol payé 2.800 euros juste pour le retour pour deux adultes et deux enfants, contre 450 euros par personne pour leur aller-retour initial. “Si on ne se prenait pas par la main, on attendrait encore. La cellule de crise nous a clairement dit que même avec deux enfants traumatisés on n’était pas prioritaires et que c’était à nous d’acheter de nouveaux billets. »
La famille a finalement atterri à Paris dimanche matin. Mais le retour à la normale prendra du temps. « Le moindre bruit nous fait sursauter. Les enfants font des cauchemars. » soupire Emmanuelle. Ils doivent encore rejoindre Saint-Gaudens : »on le fera par le train ! ».
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555


















