L’ancien 2e ligne du Stade Toulousain, recordman absolu du nombre de sélections dans le XV de France, a, depuis 2020, décidé de s’enraciner publiquement à Garidech, au nord de Toulouse. Reportage sur ses terres.
Midi pétante en ce premier mercredi du mois au clocher de l’église Saint-Jean-Baptiste de Garidech. Le village aux 2000 âmes des collines du nord-est toulousain s’arrête un instant de respirer. Pour écouter le doux vacarme des cloches, celles fondues à l’automne 2024 par la grâce du plus fervent défenseur du patrimoine de la commune, un certain Fabien Pelous. Quelques jours auparavant, le « simple » conseiller municipal avait rendu hommage à ces cloches dans l’une des salles de la mairie de Garidech. Il y tenait, et son pote Omar Hasan, avec qui il croisa le fer durant tant d’années sous les couleurs du Stade Toulousain, était présent pour la cérémonie, chants lyriques à l’appui. « Les cloches en haut d’une église, ça dit beaucoup de choses sur la foi et l’humanité dans son ensemble », avait notamment glissé Fabien Pelous.

La politique, l’ancien deuxième ligne du Stade Toulousain, capitaine emblématique du XV de France – recordman absolu du nombre de sélections (118 !)- n’en fait pas sa priorité cardinale. Du moins c’est ce qu’il dit. Et si, pour cette fin de campagne électorale, Fabien Pelous aura préféré le défi physique personnel dans une contrée bien lointaine, il sera bel et bien en première ligne le dimanche 15 mars pour pousser l’élection de Vincent Richard, actuel premier adjoint à Garidech, adoubé par Christian Ciercoles, maire depuis 22 ans et qui a décidé de passer la main. Sur la liste de Richard, comme il l’était sur celle de Ciercoles, Pelous serait appelé, en cas d’élection, à jouer les premiers rôles à Garidech, prolongeant ainsi une carrière au service de l’intérêt général entamée, souvenons-nous, dès 2008.
« C’est moi qui suis allé le chercher en 2020 »
À cette époque, alors qu’il est encore une figure sportive majeure, Fabien Pelous rejoint la liste du maire sortant apparenté UMP Jean-Luc Moudenc, candidat à la mairie de Toulouse. Pelous est pressenti pour devenir le conseiller délégué chargé de la jeunesse. Il affirme vouloir s’investir pour « avancer avec la ville » et se décrit comme ayant « une culture de gauche et des tendances à droite », soulignant déjà un positionnement politique assez personnel plutôt que strictement partisan. La liste Moudenc perd face au candidat socialiste Pierre Cohen. Mais Fabien Pelous a posé quelques jalons qui rallumeront sa flamme citoyenne alors que les élections se préparent dans son village natal de Garidech.

« C’est moi qui suis allé le chercher en 2020. On était copain par le rugby, on se voyait souvent. Il a de suite accepté d’être sur ma liste, pour être simple conseiller municipal », se souvient Christian Ciercoles. Sauf que le « simple conseiller municipal » va s’investir pour son village comme lorsqu’il embarquait le XV de France aux quatre coins du Globe. Avec dynamisme, envie, passion. Et surtout avec efficacité et expertise. En six années de mandat, Fabien Pelous s’occupera du développement économique de Garidech. Il livrera aussi en à peine deux mois une étude commandée par son maire sur l’avenir du sport dans la commune, la balance entre sports collectifs et individuels. « Pour la réhabilitation de l’église, j’avais mis 2,5 millions d’euros. Mais la fonte des deux cloches, c’est son idée à lui ! », souligne Christian Ciercoles. Le maire ne peut dire mieux à son sujet : « Fabien s’intéresse à tout ce qui touche la commune. Il n’a jamais manqué un conseil municipal. »
Guidé par les valeurs du rugby
Pelous le reconnaît aisément : son engagement est citoyen plutôt que politique au sens partisan du terme. Exemple de cette implication : son soutien à la préservation du patrimoine local, notamment en parrainant en 2024 un programme de replantation d’arbres le long du Canal du Midi. Il s’est aussi engagé sur des sujets sociétaux ; ainsi sa présidence du fonds de dotation « Rugby au Cœur » depuis décembre dernier. Plus généralement, Fabien Pelous affirme régulièrement que le rugby, ses valeurs de solidarité, de respect et d’effort collectif, peuvent contribuer positivement à la société, dont Garidech représente pour lui le laboratoire idéal.






















