EXCLUSIF. Une élève-avocate a porté plainte pour « viol, harcèlement et agression sexuelle », contre Me Sylvain Laspalles. Les faits se seraient produits durant le stage de la plaignante à l’Ordre du Barreau de Toulouse. Me Sophie Coq, bâtonnière, est également visée par une procédure en raison de son attitude lorsqu’elle aurait eu connaissance des faits présumés.
Deux plaintes, l’une pour « viol, harcèlement et agression sexuelle » qui vise le vice-bâtonnier de l’ordre des avocats de Toulouse, Me Sylvain Laspalles, l’autre pour « inaction de l’Ordre » dont devra répondre Me Sophie Coq, bâtonnière, ont été transmises ce jeudi 5 mars au matin au procureur de Toulouse. La plaignante est une élève de l’École d’avocats de Toulouse qui effectuait un stage de six mois à l’Ordre des avocats, dans le cadre de son Parcours personnel individualisé (PPI).
De la mi-2025 jusqu’à la fin de l’année dernière, cette jeune femme âgée de 26 ans aurait été victime d’agissements inappropriés de la part du vice-bâtonnier, jusqu’à subir un viol, courant décembre, dans les locaux professionnels de Me Sylvain Laspalles.
Dans ses déclarations, la victime présumée raconte une forme d’emprise qui aurait revêtu différentes formes, à partir du mois de septembre. D’abord des missions qui nécessitaient systématiquement un travail en commun, puis des propos déplacés faits d’allusions embarrassantes ou de pressions déguisées. Plusieurs SMS confirmeraient les déclarations de l’élève-avocate qui évoque un jeu manipulatoire sentimental parfaitement inopportun.
Une soirée qui aurait mal tourné
En octobre 2025, elle adressera d’ailleurs un mail à Me Laspalles, avec copie à Me Coq, dans lequel la stagiaire exigera de la part du vice-bâtonnier des relations et un comportement strictement professionnels. Elle n’aura jamais de réponse de la présidence de l’Ordre.
C’est lors d’une soirée, à l’approche de la fin du stage de l’élève-avocate, que Me Laspalles lui aurait imposé un baiser forcé dans un bar. Devant la réaction de la victime présumée, le vice-bâtonnier aurait alors considéré devoir s’expliquer calmement dans ses locaux professionnels. Des sushis seront achetés en chemin, puis la jeune femme quittera le cabinet de Me Laspalles après, dit-elle, avoir subi un viol.
Elle fait l’objet, depuis, d’un accompagnement psychologique. Contacté par « La Dépêche du Midi », le vice-président de l’Ordre des avocats a indiqué ce jeudi « apprendre qu’une plainte me vise, sans plus de commentaires à ce stade ».
Les mises en garde de la bâtonnière
Début janvier, alors que s’est terminé son PPI quelques jours plus tôt, l’élève-avocate adresse un second mail intitulé « Stop harcèlement » à Mes Coq et Laspalles. La bâtonnière aurait alors convoqué la plaignante hors des locaux ordinaux, dans le cabinet d’une consœur. Le rendez-vous se serait déroulé en présence des deux avocates, mais également d’une amie de la jeune femme. Cette accompagnatrice aurait secrètement enregistré la discussion.
À cette occasion, la jeune femme aurait dénoncé les faits de viol qu’elle dit avoir subis. Au cours de cet entretien, la victime présumée considère avoir été moins soutenue que lourdement mise en garde sur ses accusations et leurs conséquences. Quelques jours plus tard, à l’évocation d’un prochain dépôt de plainte, un délégataire sera désigné pour conduire une enquête déontologique. Contactée par nos soins, Me Sophie Coq est restée injoignable.
Selon nos informations, l’élève avocate aurait également informé son école de son agression survenue dans le cadre de son cursus scolaire. Contacté par « La Dépêche du Midi », Me Thierry Carrère, Président, a indiqué ne pas vouloir s’exprimer sur cette affaire. « Si l’une de nos élèves est confrontée à ces faits d’une extrême gravité, elle recevra naturellement le soutien total de l’institution », a déclaré Me Carrère.
À ce stade de l’affaire, Mes Laspalles et Coq sont présumés innocents des faits qui leur sont reprochés.




















