Ce sera officiel avec la compilation des chiffres de fin d’année, mais les démographes considèrent déjà que Toulouse est devenue, à l’approche du printemps, la troisième ville la plus peuplée de France en damant le pion à Lyon. Pour l’ensemble de la métropole, il faudra quand même attendre plus longtemps.
Toulouse, troisième ville de France ? Commençons par un peu d’arithmétique pour comprendre scientifiquement comment la capitale d’Occitanie a damé le pion à la capitale des Gaules. Au dernier recensement disponible de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) fin 2023, la Ville rose comptait 514 819 habitants, en affichant une croissance démographique de 1,2 % par an, soit 5 878 habitants de plus à l’année, quand Lyon pointait à 519 127 habitants avec une dynamique beaucoup plus molle de 0,1 % par an, soit 506 habitants gagnés annuellement, quasiment dix fois moins.

Ce qui fait dire aux démographes qu’à l’annonce de ce nouveau printemps les courbes se sont forcément inversées. » En faisant l’hypothèse que la progression du nombre d’habitants a continué sur le même rythme, la commune de Toulouse a théoriquement doublé celle de Lyon », expliquent les experts. Certes, cette hypothèse ne pourra être vérifiée sur le terrain qu’avec les enquêtes de recensement de population de ce début d’année, qui serviront au calcul des populations de référence. Mais il est acquis officieusement que la Ville rose est bien devenue la troisième commune de France. Même si l’annonce officielle ne pourra être proclamée qu’en décembre prochain.
La croissance toulousaine, c’est de la dynamite !
Cette croissance rapide et même exceptionnelle s’inscrit dans une trajectoire longue et cohérente qui repose sur une combinaison devenue rare. Toulouse bénéficie à la fois d’un solde migratoire très excédentaire et d’un solde naturel encore positif. Chaque année, les arrivées sont largement supérieures aux départs, ce qui contribue à hauteur de 0,9 % à l’augmentation de la population. Dans le même temps, les naissances restent plus nombreuses que les décès, avec un solde naturel estimé à + 0,4 % par an. Dans un contexte national marqué par le vieillissement et la baisse de la natalité, cette double dynamique a permis à la Ville rose de gagner le plus d’habitants en France en six ans entre 2017 et 2023 avec plus de 35 000 résidents supplémentaires. Ce qui témoigne de l’attractivité économique et universitaire du bassin toulousain. Une vitalité qui ne se limite pas aux frontières communales. L’ensemble de l’agglomération connaît une croissance encore plus soutenue, traduisant un phénomène d’expansion urbaine continu.
La métropole lyonnaise encore loin devant
Autour de Toulouse, les communes de la couronne périurbaine absorbent une part croissante de cette dynamique. Colomiers, Tournefeuille, voire Saint-Jory et plus largement l’ouest et le sud toulousains enregistrent des hausses démographiques significatives, alimentées par les migrations résidentielles et par une population relativement jeune.
Pas suffisant toutefois pour concurrencer encore l’agglomération lyonnaise. Si la population de l’unité urbaine de Toulouse progresse là aussi deux fois plus vite que celle de Lyon (1,4 % contre 0,7 %) avec une hausse annuelle de 14 839 personnes, elle reste loin derrière en nombre d’habitants. Soit 1 093 783 de résidents en 2023 contre 1 721 721 habitants pour l’entité lyonnaise, qui engrange 11 295 nouveaux résidents, chaque année. Même diagnostic côté métropoles. Celle de Lyon pointait à 1 436 354 habitants en 2023 et celle de Toulouse à 841 524 personnes. À vous de calculer combien de temps il faudra à la métropole toulousaine pour définitivement terrasser sa rivale…
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