Arrivé en tête au premier tour des municipales à Toulouse avec plus de 37 % des voix, le maire sortant Jean-Luc Moudenc lance une semaine de campagne intense pour tenter de conserver la mairie face à l’union de la gauche.
À Toulouse, l’entre-deux-tours s’ouvre sur une recomposition rapide à gauche. Les listes menées par François Piquemal (LFI), surprenant deuxième (27 %) et François Briançon (PS, 25 %) ont annoncé leur fusion dès le lendemain du premier tour. Un rapprochement qui pourrait placer la nouvelle alliance en tête en nombre de voix.
Jean-Luc Moudenc, lui, fait le choix inverse : aucun changement dans son équipe. »
« Une nuit entière de marchandage, de discutaillerie, de politicaillerie… Je crois que cela ne plaît pas aux Toulousains »
« Contrairement aux deux autres, qui sont en train de faire du carnage dans leur liste – c’est-à-dire d’éliminer la moitié des colistiers qui étaient pourtant à leurs côtés depuis des mois – moi, comme je l’avais dit depuis des mois, je présenterai dimanche prochain la même liste, sans changement. »
Le maire sortant insiste sur la cohérence et la fidélité à son équipe de campagne, qu’il oppose aux négociations entre partis.
« Vous imaginez, une nuit entière de marchandage, de discutaillerie, de politicaillerie. Je crois que cela ne plaît pas aux Toulousains. »
« Je ne pourrai pas aller partout pendant cinq jours, mais notre équipe, elle, ira partout »
Pour combler son retard potentiel, Jean-Luc Moudenc mise avant tout sur une campagne de proximité.
« Nous allons directement sur le terrain, au contact des Toulousains. On y est déjà beaucoup depuis des mois, et même depuis plus longtemps encore. »
Durant les cinq jours de campagne qui restent avant le second tour, l’équipe du maire sortant prévoit de multiplier les déplacements dans les quartiers et la distribution de nouveaux tracts.

« Nous sommes en train de planifier tout cela. Évidemment, je ne pourrai pas aller partout pendant cinq jours, mais notre équipe, elle, ira partout. Nous allons dans tous les quartiers. »
Un nouveau document de campagne doit également être diffusé dans la ville, en complément de la profession de foi officielle.
« Au premier tour, on choisit ce que l’on préfère ; au second tour, on réfléchit à l’enjeu »
Si la dynamique arithmétique semble favorable à l’union de la gauche, Jean-Luc Moudenc refuse de considérer le résultat comme joué.
« Rien n’est joué. Tout est possible, dans un sens comme dans l’autre. »
Le candidat entend s’adresser aussi aux électeurs qui ne l’ont pas choisi au premier tour.
« Au premier tour, on choisit ce que l’on préfère ; au second tour, on réfléchit à l’enjeu, qui est l’existence d’une équipe municipale et d’une orientation pour six ans. »

Il se présente comme le candidat du rassemblement municipal, au-delà des clivages politiques.
« Ma proposition, c’est un large rassemblement municipal, respectueux de toutes les sensibilités. Il y a des Toulousains plus à droite que moi, d’autres plus à gauche. Aucun n’est exclu. »
Un écart de voix important à combler avec les listes de gauche
Dans les faits, l’équation reste délicate pour le maire sortant. L’addition des voix de François Piquemal (43 274 voix) et François Briançon (39 245 voix) place théoriquement la gauche devant, avec un potentiel de 24 000 voix d’avance : 82 519 pour la gauche, contre 58 462 pour Moudenc
Jean-Luc Moudenc pourrait néanmoins compter sur un réservoir de voix limité mais réel : une partie de l’électorat d’extrême droite ou des électeurs socialistes réticents à voter pour une liste incluant des représentants de La France insoumise.
Dans ce contexte, la participation et les reports de voix seront déterminants dimanche prochain.















